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Signes   Chiffres   Clichés    Abécédaire raisonné     Vers la liste alphabétique






« Le dictionnaire est une machine à rêver ».
Roland BARTHES

« Il n'y a pas plus d'analphabètes dans l'enseignement qu'ailleurs ».
Guy BEDOS



 Lettre B



Baby-sitter : équivalent néo-crétin de “garde-bébé”, “garde d'enfant”. Ne pas confondre avec baby-setter ou bébé setter (race de chiens).

Bac (abrégé de baccalauréat : [couronne de] baies de laurier) : le Bac, que détenaient 5% à peine de la population française au début du XXème siècle, est en passe d’être le diplôme le plus galvaudé qui soit. Cf le cri fameux « 80% des élèves en âge au Bac ». Aux dernières nouvelles, la génération 2006 aurait connu 82,1% de réussite au Bac. Quand on sait que les écoliers ont manifesté des semaines, si ce n’est des mois, contre le projet du CPE du gouvernement en 2006, on se demande comment ils ont fait. Ou alors, l’on a affaire à des génies (de la bac-élite, somme toute). Quant à la génération 2007, elle aurait connu une taux de réussite de 83,3%.

Chiffres du Ministère de l'Instruction publique : le taux de réussite en 2009 est de :

  • 88,8 % pour le baccalauréat général
  • 79,7 % pour le baccalauréat technologique (technologique doit faire plus moderne que le simple et vulgaire 'technique'.)
  • 87,1 % pour le baccalauréat professionnel
Le pourcentage de réussites a augmenté d'environ 10 % en cinq ans. Devant tant d'impétrants, on se demande pourquoi les jeunes gens parlent de plus en plus mal français, et de tels chiffres laissent rêveur, quand on voit le niveau de culture et d'orthographe des élèves. En fait plus de 80% des élèves vivent en-dessous du seuil de la pauvreté culturelle.

Au niveau anecdotique, quand l'auteur a passé son bac, il n'y avait à l'époque que trois bacs : Philo, Math Élem, et Sciences Ex. Il y en a maintenant une dizaine (?) ; plus ça se complexifie, plus le niveau baisse.

L’examen du bac donne lieu chaque année à des retransmissions télévisées, tout à fait indécentes et inintéressantes (questions sur la forme physique et morale des candidats, leur régime, leur temps de sommeil, les vitamines qu’ils prennent etc …) qui mobilisent des temps d’antenne inutiles. C'est encore une fois le degré zéro de l'information.

Il en est de même avec la rentrée des classes, ou plutôt maintenant avec les différentes rentrées, « marronnier » par excellence, où nos vaillants « journalistes » interrogent parents, professeurs et élèves sur la façon dont se déroulent leur rentrée. Comme si ce fait banal constituait un événement national.

Background : arrière-plan, contexte, voire expérience chez les néo-crétins acharnés. Background : cette rubrique regroupe tous les articles et aides de jeu spécifiques à un univers en particuliers (sic). Background : depuis 40 ans, Fovrecon est le spécialiste du conseil et des solutions pour les acteurs du monde des télécommunications et des technologies de l’information (technologies de l'information = informatique).

Bania (баня en russe) : un journaliste effectuant un reportage sur le bain à la russe, ou bania, s'obstina à répéter tout au long du reportage : le bania, au bania, semblant superbement ignorer que ce mot est féminin en russe. Et, de toute façon, on a tendance en français à féminiser les mots étrangers se terminant par -a. Le journaliste aurait au moins pu se renseigner quant au genre du mot bania. A moins que, ayant trop lu la littérature russe (en français), il n'ait confondu bania et bagne.

Banlieues :   territoires sous la juridiction (ban) d’un seigneur (et non lieux de bannissement comme le prétend un comique). Ces communes à la périphérie de grandes villes sont devenues, à cause des journalistes, toujours enclins à dramatiser les choses, synonymes de territoires sans droit ni loi, alors que, comme chacun le sait, il y règne une paix cosmique, baignant dans une musique céleste. Les fenêtres cassées et les dégâts matériels que l'auteur (qui vit en banlieue) constate régulièrement chez lui, ainsi que quelques menus larcins, ne sont vraisemblablement que le fruit du hasard.

Les banlieusards – surtout ceux qui composent la jeune génération – parlent une langue bien à eux, sabir incompréhensible et haineux, où ils crachent leur haine envers tout ce n'appartient pas à leur « clan ». Cf ces paroles de Finkelkraut : « Il faut que la langue française puisse reconquérir ce territoire perdu qu’est le "parler banlieue", manière de haïr la langue dans la langue, supplice infernal infligé à la langue, et surtout handicap effrayant pour le reste de l’existence ».

Bannir : rejeter, interdire, exclure, dans le langage des internautes et surtout des « forumeurs ». Ce participant a été banni à cause du contenu de ses posts. Sempiternel emprunt à l'anglo-saxon : to ban (interdire, exclure, suspendre).

Le mot 'bannir' vient du francique. Quant au ban, en vieux droit français, c'était l'ensemble des individus et des territoires relevant de l'autorité d'un seigneur. Et bannir fait évidemment penser à 'mettre au ban' (= exclure).

Voir Forum, Modérateur.

 Internaute « banni » (exclu)
Un internaute « banni » (exclu)

Bannière : semble avoir le sens de marque commerciale. Je ne me procurerai plus jamais quelque (sic) produit que ce soit en provenance de votre bannière. Importation frauduleuse de l’anglo-saxon.

Banque : établissement ayant pognon sur rue. Voir Assureur, Escroc. Et quand un directeur de très célèbre établissements bancaires s'appelle Tricheur, voilà qui en dit long sur les mœurs des banquiers.


Un banque before (devant) toutes les autres.
Il ne s'agit que du ... Crédit Péquenot qui vient de
se mettre à l'anglais pour séduire les jeûeûnes.
Noter le possessif Ma, pur néo-crétinisme.

Barbare : étymologiquement, pour les Grecs, le « barbare », c'est un étranger qui ne parle pas grec, qui ne sait que dire bar-bar. «... il existe naturellement, et pour les Grecs et pour les Barbares, une juste façon de dénommer qui est la même pour tous. » (Platon, Le Cratyle). Les philosophes grecs ont donc répandu l'idée qu'il n'y a pas de compréhension rationnelle du monde sans discours clair et intelligible. Ce mot ‘barbare’ est devenu synonyme d'un être d'une cruauté sauvage et primitive. Avec comme substantif barbarie : la barbarie nazie. Le dévoiement du sens est intéressant à analyser. Celui qui ne sait pas parler, qui ne sait pas s'exprimer devient la proie de la violence. C'est peut-être ce qui se passe dans les banlieues françaises, où l'on affaire à des êtres ne connaissant pas plus de 1.000 mots de vocabulaire, et donc incapables de s'exprimer autrement que par des barbarismes et des actes de barbarie : incendies de véhicules, incendies de bus, ou faire brûler des victimes de leur vindicte irrationnelle. Le feu agit-il ici comme élément expiatoire ?

Barbarisme : procédé moderne de création ou d'utilisation de mots, très prisé des néo-crétins (par exemple : journaleux, hommes ou femmes politiques, publicitaires, informaticiens, agents administratifs etc.). Barbarismes en vogue : alternatif, basic ou basique, citoyen (adjectif), jeunes, sociétal ... Autres barbarismes, classiques ceux-là : aéropage (aréopage), connection (connexion), dilemne (dilemme), infractus (infarctus), pécunier (pécuniaire), renumérer (rémunérer), solutionner (résoudre) etc.

Rappel : le barbarisme, en français, c'est l'utilisation d'un mot dans un sens qu'il n'a pas, ou d'un mot forgé en dépit des règles grammaticales. Les jeunes des banlieues, n'ayant pas de réels moyens verbaux pour exprimer leurs révolte, truffent leurs discours de barbarismes, et se livrent à des actes de barbarie (voir rubrique ci-dessus). Les uns ne vont pas sans les autres.

A signaler que l'AFNICR (l'Association Franchement Néo-Irrésistiblement Crétine) interdit le nom de domaine ‘‘
barbarisme’’
, qui est un crime selon elle (un crime contre la langue, certes, mais de là à interdire de le prendre comme nom de domaine, y'a de l'abus). Il y a pour réglementer cela une charte de nommage (sic, autre barbarisme). Par contre, on peut prendre le nom de domaine ‘‘solécisme’’ (faute contre la syntaxe, qui est pire qu'un barbarisme, qui lui n'est qu'une faute contre le vocabulaire) ou trou-du-cul. Apparemment, pour ces néo-crétins, barbarie et barbarisme c'est la même chose.

Barbecue (prononcer barbekiou à l'américaine, ou barbe-cul à la française) : synonyme néo-crétin de grillade. Viens à la maison ce week-end, on va se faire un petit barbecue ! A donné le mot français barbaque. Vu sur une enseigne étazunienne de resto de viande grillée « Barbe Q » (il faut évidemment prononcer bâb kiou, comme les Anglo-Saxons). Variante islamique : chich kebabcue.

« BARBECUE : appareil dont se sert votre voisin pour vous enfumer », comme le définit drôlement le dictionnaire Sympatico. En général, ces barbecues consistent surtout à faire griller des merguez, des sardines ou des maquereaux, dont l'odeur épouvantable rend allergiques aux joies du plein air des régiments entiers de citadins.

Barbecue viendrait du haïtien ‘barbacoa’, par l'intermédiaire de l'espagnol, et qui désigne un dispositif pour griller la viande en plein air (un brasero).

Barbu : autre appelation pour intégriste, terroriste etc. Avant il y avait les barbudos cubains, mais maintenant l'on a affaire à des barbus poseurs de bombes. Les objectifs changent, les barbes restent. Oh, la barbe !

On veut faire de la barbe, des poils un signe de virilité. Par mesure d'hygiène; les légionnaires romains étaient glabres ; cela ne les a pas empêché de conquérir le monde occidental, et une partie de l'Orient. Alors que les hommes s'épilent de plus en plus, il y a maintenant tendance, surtout chez les jeunes hommes, à adopter un maintien négligé, en restant mal rasé. Veut-on par cela afficher sa virilité ?

NB. Les barbus n'ont rien à voir avec les poilus, qui étaient, eux, de vrais hommes.

Barre : terme qui semble issu du vocabulaire du sport. Mettre haut la barre (pour sauter). L'on aura maintes fois l'occasion de le signaler dans ce glossaire, le vocabulaire du sport a fortement envahi le vocabulaire de tous les jours, surtout dans le parler savoureux des journalistes : tacle, cartons jaunes ou rouges, être au coude à coude, être dans les starting-blocks, pole position, dernière ligne droite etc. etc. etc.

Autre explication : la barre est un terme de marine et désigne une partie du gouvernail. Mais on se demande ce que cette explication vient foutre ici, pour parler comme les membres de notre gouvernenement.

Baser (sur) : paléo-crétinisme, ayant acquis droit de cité, signifiant fonder sur, établir sur : Ma conviction est basée sur des faits réels.

Basic english : volapük, ou langue internationale, réduit à 500 ou 1.000 mots de base, que le monde entier est censé comprendre. C’est en basic english que sont rédigées les notices informatiques et, de plus en plus, toutes sortes d’informations destinées à un large public. C'est une sorte de charabia immonde, truffé de contresens et d'approximations.

Basique : adjectif qui s’impose de plus en plus face aux termes français classiques ‘de base’, ‘élémentaire’, 'fondamental', voire 'banal'. Un concept basique. Certains néo-crétins particulièrement acharnés n’hésitent pas à écrire ‘basic’ : Menu basic (au lieu de Menu de base). Importation frauduleuse de l’anglo-saxon ‘basic’.

En français « normal », basique est un terme de chimie qui signifie : qui a rapport avec une base : 'colorant basique'.

Bateau (être dans (sur) le même ~) : calque de l'anglais to be in the same boat, signifiant = être dans le même cas, dans la même situation, être logé à la même enseigne. Juifs, chrétiens, musulmans et autres, tous sur le même bateau ... (allons-nous couler ?)

Batterie : ce terme, utilisé normalement pour désigner le système d'alimentation électrique d'un véhicule, s'utilise maintenant, sous la pression des tribus anglo-saxonnes, dans le sens de pile. Une batterie plate pour la montre. Des batteries de 1,5 volts (sic) pour la télécommande.

Bavure : ce mot désigne, en graphologie ou en typographie, les traces d'encre qui débordent d'un trait. C'est devenu le synonyme de violence policière ou militaire, ayant entraîné la mort de quelqu'un. Peut-être que les flaques de sang, accompagnant cette mort, sont considérées comme des bavures ? Un journal ose même parler de bavure à propos d'une écolière palestinienne tuée par des soldats israéliens qui « avaient pris son cartable pour une charge explosive » (sic). Ou encore, cette information sur internet : « Une nouvelle bavure américaine a tué 40 civils afghans, dont des femmes et des enfants, dans le sud de l'Afghanistan, a annoncé mercredi le président Hamid Karzai ». C'est maintenant clair : pour les néo-crétins du journalisme, un assassinat commis par une autorité, policière ou militaire, n'est qu'une simple bavure. De quoi baver des ronds de chapeau.

Beauf : le beauf symbolise le mauvais goût satisfait de soi, avec une intelligence aussi plate que son écran de télévision à 1 500 euros ; il est en général grand amateur de bière et supporteur braillard d'une équipe de fouteballe. Ses préjugés lui tiennent lieu de culture. C'est l'image d'un nouveau type de Français moyen, passionné de « tuning » (accessoires auto) dernier cri et merde in China. Excitée par le pastis et la bière, sa libido lui permet, hélas, de se reproduire. Il donne volontiers comme prénoms à ses enfants ceux de héros de séries B américaines. Féminin : beaufette ; antonyme : bobo.

Beïjing : voir Pékin.

Best of : il s’agit des meilleurs titres (de chansons), ou des meilleurs moments ou des meilleurs extraits (de scènes, de sketchs etc…). Expression souvent utilisée par les animateurs de radio ou de télévision, qui semblent ignorer les mots français palmarès, anthologie, florilège ... Avec un superlatif : maxi best of (sic). Voir Top.

Lu sur internet cette 'pub' : Les 25 Best Offres, en jouant lamentablement sur les mots best of et offres Le plus curieux, c'est que le créateur de ce crétinisme semble fier de sa trouvaille, puisqu'il la répète souvent.

On observe quelquefois la graphie best off, en supposant sans doute que le mot anglais off signifie 'extrait de', 'tiré de'.

Best-seller : ce paléo-crétinisme désigne depuis longtemps un succès de librairie. On doit manquer de mots français, sans doute, surtout dans les milieux de l'édition et des libraires.

Bible : il ne s'agit pas des saintes écritures, mais d'un document réunissant l'ensemble des informations concernant les personnages d'une série. La réunion durera une semaine et elle devrait nous permettre d'écrire la bible de la série, la liste des personnages mais aussi d'esquisser quatre ou cinq scénarios. Les néo-crétins désacralisent tout.

Big Brother : grand frère mythique, qui surveille tous les citoyens, à l'instar de l'œil de Moscou. Parfois appelé Pig brother. Ce grand frère s'insinue partout : télévision, politique, religion, langage ... A notre époque de féminisme outrancier, Big Brother tend à être secondé par Big Sister, autre entité mythique, mais néanmoins malfaisante. Le couple Big Brother – Big Sister n'a pas d'enfant officiel, mais de nombreux bâtards : police de la pensée, correction politique, novlangue, néo-crétinisme, écologie...
 Pig Brother

En France, Big Brother est remplacé depuis 2007 par Little Brother, – mais tout aussi présent et pesant. D'autre part, Big Brother fait trop penser au grand frère, sorte d'éducateur pour jeunes délinquants dans nos paisibles banlieues. La politique de la ville (sic) tomberait-elle dans l'utopie fascisante ?

Bien (adverbe) : de valeur, qui a de la valeur. Quelqu’un de bien. Avec maintenant un pluriel aberrant biens : les « gens biens » de notre époque aiment fouiller les poubelles. Ou alors : Les chaussures que tu as eu (sic) à Noël, elles sont biens ? Ou enfin : Mille pardons pour tous les qualiticien(nne) (sic) qui me lisent, il y en a peut-être des biens.

Bien-pensance : ce terme, aussi lourdingue que la pensée politiquement correcte, et aussi affligeant, tend apparemment à remplacer l'expression politiquement correct et désignerait un moralisme hypocrite et bon marché. Il ne s'agit donc plus de désigner des personnes à l'esprit étroit, plutôt réactionnaires et confites en dévotion.La bienpensance est-elle une forme évoluée de bêtise ? se demande un blog sur internet.

C'est ainsi que depuis le fameux « détail de l'histoire » de J-M Le Pen, il ne fait pas bon utiliser le mot détail dans un discours politique. La police de la pensée politiquement correcte et bien-pensante veille, même sur les discours de nos ministres. Le contraire d'un bien-pensant est un mal-pensant, c'est-à-dire un homme normal. Bien qu'il y ait, en toutes lettres, les termes 'pensance', "pensant', aucune indice de pensée ne semble avoir été relevé dans ces expressions et chez ceux qu'elles désignent. Voir Censure.

Bienvenue : l'on trouve cette formule d'accueil chaque fois qu'on lance le système Windaube, et ça commence à devenir agaçant. On la trouve aussi dans nombre de pages d'accueil internet. Là, ce n'est plus agaçant, c'est cucul. 'Bonjour' – voire rien du tout – serait sans doute trop simple. Imitation servile du « Welcome » anglo-saxon. Voir Félicitation.

Bimbo. Emprunt à l'anglo-saxon, qui l'a lui-même emprunté à l'italien bimbo, bimba : jeune garçon, jeune fille. Définition : bimbo est un terme populaire ayant émergé il y a quelques années pour désigner une jeune femme pourvue d'un physique avantageux, aguicheuse, mais un peu écervelée (dans ce cas-là, on devrait plutôt dire : une bimba). Équivalents français : poupée, (une) pépée, nana, nénette etc. Le concept est redoutable: une bimbo avec des gros seins, très court vêtue, encourage les spectateurs à passer un appel surtaxé pour jouer à un jeu complètement bidon. Bimbo : voilà du français qu'il est beau !

Bingo ! : bravo ! gagné ! dans le langage des néo-crétins américanisés. Et bien sûr l'accent tonique est sur la première syllabe bingo.

Bio : une foultitude de mots, écologiquement corrects, commencent avec le préfixe bio : bio-carburant (carburant d'origine végétale), bio-climat (conditions climatiques influençant les êtres vivants), bio-diversité (diversité des espèces vivantes) bio-énergie (énergie résultant de la combustion de la biomasse), bio-éthique (problèmes éthiques posés par les manipulations biologiques sur le vivant), bio-masse (quantité totale de matière des espèces vivantes) ... Le préfixe bio désigne donc tout ce qui a rapport avec le vivant. Comme on l'a fait remarquer ailleurs, ce principe est typique de la novlangue : agglutination + inversion ; deux procédés anti-naturels au français. Ce principe qui dénature le français est tel que l'on n'écrit plus maintenant ces expressions qu'en un seul mot : biocarburant, biodiversité, biomasse etc. Un pas de plus vers la novlangue.

Aux dernières nouvelles, le mot bio-carburant est remplacé par décision gouvernamentale par le mot "agro-carburant" : « Les sénateurs ont décidé vendredi de remplacer le mot "biocarburants" par celui d'"agrocarburants", dans le cadre de l'examen du projet de loi sur le Grenelle 1 de l'environnement ». Question : est-ce que ces bio-carburants ou agro-carburants (admirez au passage les inversions néo-crétines) comprennent trop d'acides gras saturés ? Auquel cas, le taux de cholestérol des moteurs de voitures va dangereusement augmenter.

Mot d'ordre actuel : le bio. Acheter bio, manger bio, rouler bio etc. Cela permet aux paysans (ou agriculteurs, qui sont devenus des bioculteurs) de vendre deux fois plus cher leurs produits. Revenir à des formes anciennes de culture, c'est le progrès. C'est une manie néo-crétine que de parler surabondamment de bio de nos jours. Y compris pour désigner l'agriculture (label AB pour agriculture biologique). Comme si l'agriculture pouvait être autre chose que biologique !

Bio-carburant : voir Agrocarburant.

Bio-dégradable : ce n'est pas la qualité essentielle des hommes politiques français, de vedettes de la télévision ni des informaticiens, qui renaissent toujours de leurs cendres mais polluent encore.

Biométrie : une des plus belles conquêtes du néo-crétinisme mondial : utiliser des zones-clés du corps humain pour identifier un individu (empreintes digitales, bien sûr, mais aussi iris de l’œil, contour de la main, du visage...) Ceci, théoriquement, pour des endroits dits sensibles (prison, aéroports) mais le procédé semble s'étendre aux écoles, aux banques et à d'autres endroits. Avec la vidéo-surveillance, tout est mis en place pour qu'aucun fait ou geste de tout citoyen n'échappe à un œil invisible mais toujours vigilant.

Il n'est pas loin le temps où un généticien, plus pervers que les autres, prétendra avoir découvert le gène de l'agressivité ou de la délinquance ... Il serait temps, en tout cas, d'éradiquer le gène du néo-crétinisme.

Voir Pig Brother, RFID, Vidéo surveillance.


http://panoptique.boum.org

Enfant biométrique, identifiable par son code à barres
Date de péremption : juin 2050

Bit (= binary digit) : terme d’informatique, signifiant la plus petite unité d’information possible (0 ou 1), qu’on peut traduire par chiffre binaire ou élément binaire. On trouve ce mot partout : un système 32 bits, carte son 64 bits. Ce terme anglo-saxon fait beaucoup rire. Cf la plaisanterie bien connue : « Les informaticiens sont de grands cochons, car ils tripotent leurs bits à longueur de journée ». A ne pas confondre avec byte, qui signifie un groupe de 8 bits, ou octet. Ni avec le BIT, qui est le Bureau International du Travail (quoi de mieux pour se faire niquer que le BIT ?)

 Bit

Black : il n’est plus admis de dire Noir, ni surtout Nègre, – qui est devenu une insulte. En adoptant le terme anglo-saxon de black, ça passe mieux, c’est linguistiquement et politiquement correct, – comme si on gommait la négritude du mot. Il est à signaler que ce sont les jeunes Noirs eux-mêmes qui emploient le plus le terme de black pour se désigner (1). Mais maintenant on a tendance à adopter l’expression : homme de couleur – mais cela ne veut pas dire un petit homme vert (2) [Nota : le noir est l'absence de couleur en physique. Dire au lieu de Noir homme de couleur est un illogisme]. Black, bien qu'étant un adjectif en anglais – et donc invariable, peut prendre la marque du pluriel : des blacks. En revanche, on ne connaît pas de féminin à black : blacke ? blackesse ? Voir Noir, Nègre, Racisme.

Le mot black remplace d'autre part 'noir' dans toutes ses acceptions : travailler au black. Toujours dire : « Black is beautiful », tandis que « noir, c'est beau » ou « le noir est beau », ça passe moins bien.

Black-Blanc-Beur : groupe de danse, également appelé B3. C'est aussi la devise d'associations anti-racistes, qui prônent une France « Black-Blanc-Beur », avec égalité totale et une volonté de mixité sociale et culturelle entre les Noirs, les Blancs (= Français de souche à peau blanche) et les Arabes (pourtant « Blancs », eux aussi). Et les Jaunes, alors ? Les Chinois, les Vietnamiens, les Thaïlandais, les Cambodgiens – à la trappe ? Et quel statut pour les Indiens, les Pakistanais ?

Blanc : mot interdit, du moins en ce qui concerne la race. On dit « caucasien » (voir ce mot). Le racisme anti-blanc est fort bien vu des associations anti-racistes, des médias, des journalistes, des black, des beurs etc.

Bling-bling : cette onomatopée, issue du milieu du rap, désigne les accoutrements ostentatoires que portent les éructeurs de rap : gros bijoux, chaînes en or etc. Par extension : style de vie clinquant et tape-à-l'œil de nouveau riche. Aujourd’hui c’est tendance rétro bling bling en total look Torrid évidemment (???) La droite bling-bling c’est celle qui ne craint plus d’étaler ses richesses, ses relations people et ses yachts. Équivalent français proposé : glinglin.

 Bling-bling
Bling-bling ou zinzin ?
Cliquez pour le savoir

Blister : emballage en plastique, pour la présentation d'un produit en magasin, et contenant souvent une étiquette anti-vol. Un cd sous blister. Ce genre de présentation, loin de dissuader les voleurs, est surtout destiné à faire chier le consommateur, qui doit découper l'emballage avec un instrument tranchant – au risque de se blesser d'une part, et tend à gonfler le volume des poubelles d'autre part.

Blog ou blogue (contraction de weB-LOG : journal; registre sur le web ; l'auteur propose naloueb) : une des formes d’expression modernes en vogue sur la vague d'Internet, où tout citoyen peut écrire sur le sujet qui le passionne : art, actualité, cuisine … Les blogues se multiplient de façon exponentielle, car beaucoup de sites offrent des blogues à toute personne désirant communiquer. Plus besoin de savoir programmer, comme pour un site personnel. Cette liberté sympathique n’est pas encore réprimée par la loi, mais patience, ça ne saurait tarder. Et ça, ce n’est pas une blague. Les blogues servent souvent de refuges à l’« alter-journalisme », tenus par des journalistes qui révèlent certains côtés de la face cachée de l’information. Ils servent souvent aussi de vitrine aux hommes politiques, qui ont ainsi à leur disposition une tribune facile et commode pour « communiquer ». Le blog, une autre forme de communication, bien plus pratique que les tweets (ou twits), enfin un truc modèle réduit.

L'aspect négatif des blogs est un furieux air de ressemblance entre eux : caractères minuscules, agencement semblable (quelques modèles déposés, c'est tout), une épouvantable maltraitance du français pour la plupart. Il en est de même pour les forums, qui ne brillent pas par l'inventivité.

Bobo : cela n'a plus rien à voir avec une petite douleur, une petite blessure. « Bobo », qui veut dire Bourgeois - Bohème, est un terme qui aurait été forgé par un journaliste américain, David Brooks du New-York Times, afin de définir la génération montante « made in US » mais aussi bien d'chez nous (transposition de made in USA), et qui désigne une sorte de rebelle conformiste ou de conformiste rebelle, appartenant à une classe moyenne ou aisée et hypocrite (on fait semblant d'être de gauche, tout en spéculant à la Bourse). Encore un concept stupide. Allô maman, le français, bobo.

Body bag : fait sans doute mieux que 'housse mortuaire' ou 'sac mortuaire', l'idée de mort y étant gommée. On ne compte plus les body bags, les estropiés et les malades mentaux qui se suicident de retour chez eux [l'auteur de cette phrase parle des soldats américains de retour d'Irak].

Bon : sur le modèle un bon quart d’heure, on entend maintenant un bon vingt minutes (= vingt bonnes minutes), un bon cent mètres (une bonne centaine de mètres), un bon 4,3% (un bon taux de 4,3 %)... Ce style n’est pas bon du tout. Semble être une imitation des peuplades anglo-saxonnes.

Bon (plus ~) : l’adjectif ‘bon’ ne semble plus avoir comme comparatif ‘meilleur’ : Plus les barres sont hautes plus le signal est bon. Pourquoi tu préfères Madonne ? demande un publicitaire à un gamin au sourire édenté. Parce que Madonne, c'est plus bon ! De Pierre Bellemare, célèbre homme de télévision : « Le plus bon marché des tee-shirts » (il a répété cette phrase deux fois de suite ; A2 le 11.10.2007). Moi y’en a parler bon français. Voir Mauvais.

En novlangue (langue des décervelés idéologiquement corrects), plusbon (en un seul mot) signifie meilleur ou mieux. Pierre Bellemare et nos bambins sont-ils victimes de la novlangue ? Et comment dire mauvais ? Non-bon ?

Dans le même esprit, entendu à la french TV : le DAS () de [cette marque de] portable est plus mauvais que le DAS de [cette autre marque de] portable. Remarquer ici la faute grossière ; en effet en novlangue correcte on doit dire : est plus moinsbon.

() DAS = Débit d'Absorbtion Spécifique, ou taux d'ondes émises par un tétéphone portatif, et qui pénètrent dans le corps humain.
Bon sens : les connaissances, l'érudition, la culture vont être remplacées par des questions de bon sens dans les concours administratifs. ... « les concours plus administratifs, et notamment les catégories B (intermédiaires) et C, vont voir les épreuves de culture générale, si hexagonales (sic), évoluer vers «des questions de bon sens, en rapport avec la matière, plutôt qu'un académisme ridicule», assume (sic) André Santini ». L'ennemi, c'est la culture. Adieu donc la culture, et vivent les QCM et le bon sens !

Syllogisme shadokien :

1. le bon sens est la chose du monde le mieux partagée
2. la connerie aussi (Rouxel, les Shadoks)
3. les concours avec des questions de bon sens sont donc de la connerie.

Bonheur : obligatoire pour tous (selon la publicité, les religions, les partis ...), sinon c'est l'exclusion. Il existe même un Bonheur National Brut (BNB) au Bhoutan, qui englobe le Produit Intérieur Brut (PIB) et l'Indice de Développement Humain (IDH). Alors, heureux ? comme le surine l'odieux matraquage publicitaire d'une banque à longueur de journée.

Bonjour à tous ou bonsoir à tous : ces néo-crétinismes particulièrement crispants et vulgaires sont de plus en plus utilisés par les présentateurs de télévision ou autres personnes au lieu du traditionnel : Bonjour (Bonsoir) Madame, Bonjour (Bonsoir) Monsieur. A quand un tonitruant : « Bonjour là-d’dans ! » ?

Il semble que « Bonjour à tous » soit une forme politiquement correcte pour éviter Bonjour Messieurs, bonjour Mesdames ou Bonjour Mesdames, bonjour Messieurs. Pas d'ordre, pas de préséance, tous dans le même sac !

Dans le même esprit, quand un homo televisionnus doit saluer l'audience et le producteur d'une émission ou le présentateur du journal télévisé, il salue d'abord le producteur ou l'animateur puis les téléspectateurs : Bonjour William, bonjour à tous ! Ce genre de grossièreté est très en vogue (très tendance, diraient les néo-crétins).

 beurkjour
Un homo televisionnus vulgaris
saluant le public
Bonjour : ce bonjour peut aussi bien avoir un sens positif ou neutre (= bienvenue, voilà) : Bonjour l'émotion ! qu'un sens négatif (= gare à) : Bonjour les dégâts ! Surabondamment employé dans toutes sortes de situations. Peut-être depuis le fameux Bonjour tristesse de Françoise Sagan ?

Bonus : s'emploie, à la façon des Anglo-Saxons, à la place de « prime ». Les journalistes de la french TV parlent ainsi beaucoup en ce moment (été 2009) de bonus versés aux traders, au lieu de primes versées aux courtiers. C'est bizarre qu'ils aient conservé le verbe français "verser". Un moment d'oubli, sans doute...

Bonus désigne aussi dans le langage pittoresque des assureurs la prime accordée aux bons conducteurs qui n'ont pas d'accident. Et, évidemment, le contraire du bonus, c'est le malus, avec une dérivation particulièrement poétique : malussé. Malussés, économisez sur votre assurance-auto ! proclame une pub. Malussé : il fallait le trouver.

NB Le système de bonus-malus français est théoriquement illégal selon les normes de la communauté européenne.

Book (prononcer bouc) : dans la langue des (dé-)formateurs en informatique et autres disciplines : manuel, polycopié : Vous trouverez sur le réseau un book sur la question… Voir Tutoriel, Tutorial.

Booker (prononcer bouquet) : réserver, dans les langage des voyagistes. Booker une place. A donné surbooker : réserver plusieurs fois la même place (pratique ordinaire des voyagistes pour être sûr de vendre une place). Voir Surbooker.

Boomer (prononcer boumeur) : ce n'est pas un jeune qui fait une boom, mais un vieux, issu du baby boom. Le français, badaboum ! Voir Senior.

Booster (prononcer bousté) : doper, dynamiser, améliorer, optimiser, pousser, renforcer, stimuler ... Des astuces pour booster votre connexion internet. Les crétins pernicieux de la pub n'hésitent pas à écrire : Boostez votre pouvoir de séduction. Ou alors, cet extrait d'un article d'une revue consacrée à la nature : Boostés par leur testostérone, les cousins du lapin s'affrontent à tout-va pour les beaux yeux d'une hase. Il faudrait doper un peu les cellules cérébrales de ces imbéciles de publicitaires afin qu'ils maîtrisent le français. En aéronautique, les boosters (prononcer bousteurs) sont des fusées d'appoint.

Boss : s’emploie de plus en plus chez les néo-crétins à la place de patron ou de chef. Antonio Parenzano, le boss de la mafia sicilienne … Là, il risque d'y avoir des représailles de la part du padrone.

Bouquet (de misère) : Le terme de « bouquet de misère » correspond à l'origine à un rite expiatoire des Hébreux. Le grand prêtre devait prendre deux bouquets et les tirer au sort. L'un était directement sacrifié à Dieu, tandis que l'autre était envoyé en colissimo dans le désert vers Azazel (un démon particulièment malin) en expiation des péchés du peuple. C'est ce deuxième bouquet qui était appelé « bouquet de misère ».

Quelques étymologistes farfelus parlent de « bouc émissaire », mais cela n'a ni queue ni tête, et cette lecture est complètement fausse.

Bovine (viande ~) : sur les emballages des magasins, on peut voir maintenant l'inscription : viande bovine, au lieu de ‘viande de bœuf’. Manie angloïde de tout adjectiver ? (voir Adjectifs). Pourquoi, dans ce cas, ne pas écrire « viande porcine » au lieu de ‘viande de porc’ ? Et comment dire alors ‘viande de veau’ ? ‘Viande d'agneau’ ? Les néo-crétins n'ont aucun logique, ni mentale, ni linguistique.

Box : boîte ou boîtier. C'est une ‘interface’ de communication entre un ordinateur et un fournisseur d'accès internet. Désormais, tous les FAI vous proposent une box qui vous permet de vous connecter à un certain nombre de services : connexion adsl, téléphonie illimitée, chaînes de télévision... Le mot anglo-saxon, par sa brièveté, explique sans doute son succès.

Le mot box était déjà acclimaté en France, avec le sens de ‘place de garage’.

Boycott(age), boycotter : ces termes viennent de l'Irlandais Charles Cunningham Boycott, riche propriétaire terrien, à qui la « Ligue agraire » infligea, en 1879, un blocus parce qu'il ne voulait pas baisser les loyers de ses fermiers pendant la Grande Famine. Ceci provoqua sa ruine. Le verbe boycotter est devenu le synonyme d'interdire, de mettre à l'index, de refouler, refuser, rejeter, bouder... Faut-il boycotter les Jeux de Pékin ? Faut-il boycotter le mot boycotter ?

Bravitude : « Qui va sur la Grande Muraille conquiert la bravitude » (proverbe chinois). Équivalent français : Qui fait grande ripaille conquiert la décrépitude (ça ne veut absolument rien dire).

Break : terme de tennis signifiant un écart. Tie break : jeu décisif. Mais break, c'est aussi une pause en anglais. Faire un break. Cela peut aussi vouloir dire : interruption, distance (dans les rapports, dans la vie). Untel et unetelle font un break en ce moment.

Brevetabilité : le brevet est un privilège de monopole pour la production d'un bien ou l'exploitation d'un procédé. Le fait qu'un logiciel soit brevetable, c'est qu'il puisse être protégé par un brevet dans un contexte économique sans pitié. Pour être brevetable, un logiciel ou une invention doivent répondre à trois critères : ils doivent être nouveaux (difficile d'avoir une invention ancienne ou archaïque), ils doivent être inventifs (difficile d'avoir affaire à une invention qui répète ce qui a été mille fois fait), et ils doivent être susceptibles d'application commerciale ou industrielle (finis les Géo Trouvetout des Concours Lépine). Le Parlement Européen vote la brevatibilité des logiciels.

D'autre part la brevetabilité des logiciels risque d'entraver la liberté d'expression et de communication par un contrôle (mainmise) privé de plus en plus étroit dans un monde de plus en plus informatisé.

Vu l'orthographe du mot, doit-on le prononcer *breu-veu-tabilité ?

Voir Acceptabilité, Défectuosité, Durabilité, Employabilité, Faisabilité, Infectuosité, Payabilité, Pénibilité, Utilisabilité, Vérifiabilité (etc.)

Briefer, débriefer : avec comme substantifs briefing, débriefing : il s'agit d'une réunion ou d'un entretien particulier ou collectif ayant pour but d'informer, de renseigner, de faire le point sur telle ou telle situation, de donner telle ou telle consigne, directive ou instruction. Le débriefing d'autre part peut prendre le sens de 'compte-rendu', 'bilan', 'évaluation des résultats', 'restitution' (d'une expérience, d'un traumatisme) ; et débriefer, c'est faire le point, tirer les conclusions. Je reçois mon vieux pote Grimault - dit Loulou la Brocante - pour débriefer la prestation des Bleus.

Parfois briefer veut tout simplement dire 'faire la leçon'. Entendu de la bouche d’une journaleuse, qui demandait à l’heureux papa d’un gamin qui avait bien répondu à la question : « Quel est le nom du nouveau Président de la République ? » : Vous l’avez un peu briefé avant de venir ? Comme s’il fallait briefer un enfant qui a entendu 50.000 fois par jour ce nom-là ! [mai 2007].

Ce mot briefer vient en fait de l'ancien français 'bref' : court récit (cf une 'brève de comptoir'). Il a été ensuite repris par l'anglais, puis est revenu au français par l'intermédiaire des néo-crétins.

Bruit : synonyme de parasite, de brouillage ou de perturbation dans les télécommunications, ou d'effet graphique particulier (déformation) : « Le bruit désigne les motifs constitués de pixels aléatoires qui donnent une apparence granuleuse à une image ». Ajouter du bruit à une image (sic). On connaissait les silences assoudissants, voici maintenant les images bruyantes. Traduction littérale de l'anglo-saxon noise. Les Anglo-Saxons nous cherchent noise.

 Halte au bruit !
La fonction bruit dans un logiciel de dessin

Autre sens de bruit, que l'auteur ne connaissait pas, et qui reste à définir : Elle (l'idée) permet de réduire le bruit ( ? ) considérable que l'on a souvent pour certaines recherches sur un moteur généraliste. Parasitage ? Recherches ou résultats inutiles ?

Bug (prononcer beug) : punaise, insecte, en anglais. Ce terme désigne un défaut dans un programme, qui provoque un dysfonctionnement de ce dernier. Le terme français correspondant est 'bogue' (comme la bogue d'un marron). Tous vos programmes sont remplis de bogues, ce qui les fait 'planter' pour un oui pour un non. Une forêt de marrons en perspective. Bug a donner le verbe buguer (prononcer beuguer) : s'arrêter brusquement à cause d'un bug. Voir Toto.

Le roi de l'informatique, le gourou de la secte Micromou, a été surnommé Bill Bug (Bill la Punaise) en raison des très nombreuses bogues (intentionnelles) qui parsèment ses systèmes d'exploitation (= systèmes de gestion de disque) informatiques. Apparemment, il n'y a pas d'insecticide connu pour se débarrasser de ces bugs.

S'emploie aussi dans le sens de problème : Y'a un bug ? avec le verbe buguer : créer une difficulté, poser un problème. Ça a bugué : ça a déconné, ça a merdé. J’ai bugué : j’ai merdé, je me suis trompé. « Quand on ne respecte pas le dialogue social, ça fait des bugs » (Bernard Thibault).

Busherie, bushisme : ces mots qualifient les méthodes d'action et d'intervention du fameux président étazunien George Bush II, surnommé « the twat » (le con) parce qu'il était particulièrement bouché.

Business (prononcer bizness) : les affaires, en langue anglo-saxonne. On peut trouver avec business différentes expressions : show-business, charity-business etc. Quant au business-man, on peut indifféremment le traduire par ‘homme d'affaires’ ou ‘homme de fer’.

Buzz (prononcer beuze) : il s'agit de sonnerie par vibrations (buzzer ou sonnette de porte), mais c'est aussi une technique de marketing consistant, comme son nom l'indique, à faire du bruit autour d'un produit ou d’un événement – pour attirer l’attention. Comme avec un tambour ou un tamtam : c'est la seule solution pour qu'un buzz d'envergure prenne. Elle refait monter le buzz avec son nouveau clip. Il s'est fait connaître avec une parodie de reportage présentée par Charles Villeneuve qui a fait un buzz (du bruit) sur le net. Buzz ! voit-on un peut partout. Anciennement : 'On en parle', ou 'bouche à oreille'. Peut-on dire maintenant 'buzz à oreille' ? Quel business !

A donné le verbe buzzer, comme dans l'exemple suivant, piqué sur internet : Barack Obama a buzzé en 2008. Vraiment, la langue sur internet est une langue de merde.

Bye-bye (souvent prononcé babaï) : salut, au revoir ! Une manie anglomaniaque des néo-crétins indécrottables. Parfois abrégé en bye (baï) tout court. Voir Tchuss.






(1) Alors que, pour désigner les Blancs, les Black utilisent le mot white. On croirait avoir affaire à une marque de whisky.       Retour


(2) Tandis que les grands hommes verts sont les académiciens français, tout revêtus de vert.       Retour



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