Je me suis remis à la clarinette. C'est ce qui rapproche le plus de l'anglais.
Raymond DEVOS
« On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui »
(variante : On peut rire de n'importe quoi, mais pas avec n'importe qui)
Pierre DESPROGES
« La médiocrité réussit parce qu'elle rassure »
Auguste DETOEUF
D Day (prononcer di deï et non Dédé) : s’emploie de plus en plus à la place de Jour J. Les journalistes néo-crétins parlant des fêtes commémoratives du Débarquement disent maintenant :
Le D Day du Débarquement (sic). Pourquoi le DDD ? Voir
Vétéran.
Dakar (le Paris~) : depuis les menaces d'attentats terroristes de la part de certains sujets de la compagnie d'Allah, on ne parle que du Paris-Dakar ... en Argentine pour cette course-rallye. Paris-Pampa serait pourtant plus exact, non ? Et tellement plus exotique ! Au fait, le rallye n'arrive plus à Dakar depuis longtemps, et ne part même plus de Paris. Que reste-t-il donc ? Explication : « Le Dakar, qui est une marque et une affaire commerciale, correspond à un type particulier de compétition. L’organisateur a décidé d’en conserver le nom ». Circulez !
Dame : terme laudatif quand il s'agit de parler d'une femme que l'on admire. Souvent précédé de l'adjectif 'grande' :
une grande dame de la chanson, ou bien :
C'est bien la place de ppda de parler de cette grande dame respectable [sœur Emmanuelle]. Pour les hommes, on ne dit pas 'sieur', mais 'monsieur' ou 'grand monsieur'. Voir
Monsieur.
Dance (prononcer dinse) : chez les jeunes néo-crétins, tend à remplacer le terme danse.
Vous les voyez faire la dance (sic)
des canards autours (sic)
de la piscine en maillot de bain ? C'est une dance féminine trés (sic)
jolie à regarder. Passer de danse à
dance, quelle transcendance ! Voir
Music.
Dangerosité : ce terme élégant et léger signifie : danger, caractère dangereux.
La dangerosité de ce métier l’a fait classer profession à risque. Entendu sur une chaîne de télévision
française à propos d'un pédéraste (=
pédophile selon la terminologie actuelle) récidiviste :
la haute dangerosité criminologique de l'individu... [= le grand danger que représente ce criminel].
Cette dangerosité est patente [= ce danger est évident].
Voir
Acceptabilité,
Défectuosité,
Durabilité,
Employabilité,
Faisabilité,
Infectuosité,
Payabilité,
Pénibilité,
Utilisabilité,
Vérifiabilité (etc.)
Le mot “ danger ” désignait en droit féodal le pouvoir de domination d'un seigneur sur ses vassaux. Ceux qui nous dominent, nos gouvernants donc, sont des gens dangereux, au sens étymologique, ou de grande dangerosité.
Dantesque : énorme, exhorbitant, dément (?). 'Ils (les assureurs) nous ont proposé des taux dantesques qui n'étaient pas conformes à nos attentes'. On le savait déjà, les banquiers et les assureurs, c'est l'enfer.
Daube : synonyme de merde, ou mauvaise qualité. Les agitos (personnages agités, en mouvement), c'est de la daube. Daube est souvent mis à la place de dows : Windaube Ouista, c'est de la méga daube.
De (1 de 5) : dans la pagination ou l’énumération des informaticiens néo-crétins, est devenu synonyme de ‘sur’ : Page 1 de 5, disquette 2 de 3 au lieu de 1 sur 5, 2 sur 3. Importation frauduleuse de l’anglo-saxon ‘of’ (1 of 5).
De ma (c’est de ma, de ta, de sa faute) : remplace depuis longtemps le simple : c’est ma (ta, sa) faute. Cf la sympathique expression populaire : Comme de bien entendu.
De par : signifie ‘à cause de’, ‘en raison de’, ‘par’ : de par sa formation, il est apte à… En français normal ne s’emploie que dans une seule expression : ‘de par le Roi’ (de la part du Roi) : « Marchez, Monsieur, de par le Roi ». Difficile de concevoir : « Marche, citoyen, de par le président ». On trouve quelquefois la graphie de part, exemple de la part (oui) d'un médecin : En effet, de part leur effet inhibiteur au niveau de la production rénale de prostaglandines (un vasodilatateur), ils peuvent induire une insuffisance rénale assez sévère (sévère = grave ; jargon des tribus anglo-saxonnes). Diantre ! On se saurait jamais être assez "sévère" contre de telles fautes.
Dé-, dés- : le préfixe
dé- ou
dés-, qui indique une action contraire, semble productif : désabonner, désaccoutumer, déboguer (un programme), décoincer (quelqu'un de 'coincé'), déconstruire (une ligne adsl), défatiguer, désinformer etc. Peut-être un principe cher à la
novlangue, qui aime forger des mots en prenant le négatif d'un mot déjà existant... Voir ci-dessous le verbe
désinscrire.
Vu sur Ya'où? (une mine pour la chasse aux néo-crétinismes) :
Commencez l'année en forme : Détoxifer son corps avec des tisanes, de l'eau, des fibres, des fruits et des légumes... Il faudrait savoir ce que veut dire le barbarisme
détoxifer : détoxifier ? désintoxiquer ? Et Ya'ou? de poursuivre :
Cuisiner détox (sic)
: une illusion ? Les journalistes publiant de tels articles ont sans doute l'illusion de parler français.
Deal (prononcer dîl) : "donne" (dans un jeu de cartes), affaire, système d’affaires ou de commerce, marché, accord, transaction : « le vieux système fordien, aucun 'bon deal', aucune nouvelle donne ne l'a encore remplacé » (Pyralène Ségal). Dans l’argot des banlieues : vente de drogue. Un dealer (dîleur) est un trafiquant ou revendeur de drogue. Verbe : dealer (prononcer dîlé).
Le "New deal" de Franklin Roosevelt était-il un nouveau système de vente de stupéfiants ? Voilà qui serait stupéfiant.
Décalé : dans le sens de différent de, pas ordinaire, original, en marge, voire à côté de ses pompes.
Humour décalé,
personnage décalé. «
Le bobo, tout en cultivant l'image décalée d'un rebelle irréductible à l'ordre moral, est conformiste au dernier degré ». Voir
Déjanté.
Décapant : qui décape, nettoie à fond, enlève, récure, surtout en parlant des peintures ... Mais cet adjectif a pis un sens abstrait : on parlera d'une œuvre décapante, d'une pièce de théâtre décapante, d'un clip décapant : ils remettent en cause les façons de penser et de créer, donnent un véritable coup de fouet. Cet adjectif avait tendance à être employé à toutes les sauces. Un peu vieilli, mais toujours vivace.
Décent (travail) : ??? Six syndicats appellent les Français à descendre dans la rue ce mardi, dans le cadre d'une "Journée mondiale sur le travail décent" organisée par la Confédération syndicale internationale qui prend un sens particulier en pleine tourmente financière internationale. Jeux de mots volontaire ? Involontaire ? En tout cas, on devrait descendre les journalistes qui écrivent de telles inepties.
Décentralisation : il faut saluer, comme elle le mérite, cette grande victoire du néo-crétinisme politique, qui a fait multiplier par trois ou quatre les impôts locaux, puisque l'État ne veut plus prendre en charge ce qui lui incombe (réseau routier, enseignement...).
Hello, happy décentralisés !
Déceptif : décevant ? « Quoi de plus déceptif qu'une excellente campagne de pub, qui renvoie sur un site décevant quant à son contenu ? » (déceptif + décevant : il faut le faire). Rappelons pour les lettrés que deceptive en anglais signifie trompeur : the camel is a deceptive animal. Ces anglomaniaques ahuris sont vraiment décevants.
Déchirer : écraser, battre, réduire à néant : ce mec-là, je vais le déchirer. De tels verbes vous déchirent les tympans. Et comment comprendre cette phrase : La tornade a tout déchiré sur son passage ? A tout détruit ? A tout ravagé ?
Décimer : pris souvent dans le sens d'exterminer, massacrer, anéantir : Des familles ont été décimées lors des accidents du dernier week-end de Pâques.
Décimer, c'état une sanction chez les Romains qui consistait à exécuter un soldat sur dix quand une armée avait été vaincue.
Décisionneur, décisionnaire : qui décide, décideur.
Déclaratif : imbécillité de langage, signifiant simplement description, déclarations, dires. D'après le déclaratif du client… (= d’après le client, selon le client).
Déclassifier : rendre public, lever le secret sur. Ce n'est un secret pour personne, le verbe déclassifier, abondamment employé par la gent journalistique, est un anglo-saxonisme et à ce titre devrait être frappé d'interdit.
Décliner : ce verbe, abondamment utilisé par ceux-là mêmes qui n’ont jamais étudié de langues à déclinaisons, s’emploie un peu dans n’importe quel sens : présenter, faire, produire, créer, varier, exister :
Le principe doit être également décliné [proposé]
pour les téléphones.
Le journal décline (énumère)
les villes qui pourraint basculer à gauche (là, je décline toute responsabilité. L'auteur).
Ce modèle se décline en plusieurs couleurs. Windows XP se décline [se présente]
en deux versions : Professionnelle et Familiale. Windows Vista est décliné en 5 éditions. Déclinée en films long métrage, romans et jeux, la série a présenté… S’emploie également dans le sens d’écrire, rédiger, raconter : …
en vue d'aider les futurs prétendants au bac à décliner une honnête dissertation. Ou bien :
Cette histoire est déclinée de 99 façons différentes.
Nec plus ultra, on
décline maintenant dans l'art culinaire :
... les bons Français font avec la quiche dite lorraine, déclinée en quiche au thon, quiche végétarienne, et autres... Le verbe
décliner s'emploie donc vraiment à toutes les sauces.
A donné le substantif
déclinaison [version, variante, variété]
: «
Dans la rubrique Cartes réseau il y a trois déclinaisons : une carte 1394, une carte 10/100 et une carte wifi ».
Bien que les différences soient minimes entre les deux déclinaisons [de Windaube Xp] ...
Je regarde mieux et je m'aperçois qu'il s'agit de déclinaisons de marques d'eau. Déclinaisons de marques d'eau ? Peut-être sur le modèle : aqua, aquæ, aquam... Alors là, on peut dire que le français décline vraiment.
Dernière nouveauté : on peut décliner des verbes maintenant. «
Ça fait déjà pas mal de temps que les verbes "croire" et "voir" sont déclinés en "ils croivent", "ils voyent". »
Voir
Conjugaison.
Déclinologue : hé bien non, ce n'est pas un grammairien qui s'amuse à décliner toutes sortes de noms ou d'adjectifs, ce n'est pas non plus un adepte des théories d'Oswald Spengler (Le déclin de l'Occident), mais c'est quelqu'un qui manifeste son pessimisme, à propos de tout ou de rien (politique, économie, situation mondiale...). Il aurait été logique de penser qu'un déclinologue était une personne analysant les causes d'un déclin. On doit, paraît-il, ce barbarisme navrant à Dominique de Villepin. Exemple piqué sur internet : Si vous avez le malheur de répondre non, croyez-moi vous serez accusé d’être un vilain petit canard, un déclinologue ! (question à propos de football).
Déconstruire : hé oui, France Téléfon ne supprime pas ou ne résilie pas une ligne adsl ; il l’a déconstruit. C’est technologiquement plus avancé.
Décrypter,
décryptage : ça a l'air d'être une nouvelle mode, inaugurée par les journalistes, que de dire
décryptage au lieu de reportage, commentaire, analyse... Cette mode aurait été lancée par les journalistes de l'émission « Arrêt sur image ».
Le Pôle Nord, objet de convoitise de 4 pays. Décryptage de notre confrère ... Ou bien :
Yves Calvi décrypte, en compagnie de ses invités, l'actualité culturelle, sociale et politique sur un ton à la fois léger et polémique. Ou bien encore :
Le rendez-vous de décryptage de l’actualité. Présenté par Paul Amar. Dans tous ces exemples, il est question de journalistes. La cryptographie est-elle maintenant réservée aux journalistes ? Et est-ce si dur à comprendre l'actualité, un reportage ou un fait divers, qu'il faille les
décrypter ? A2, le dimanche 09 novembre 2008, 20 heures : journal télévisé présenté par un journaliste politiquement correct. Parmi une avalanche de néo-crétinismes, le
journaliste prononce à l'envi le mot
décryptage au lieu de 'reportage', 'explications', 'commentaires'. En fait, ce sont ... des images de popes se crêpant le chignon. Un magazine de télévision propose ainsi : «
Parce qu'il est difficile de décrypter l'actualité et les grandes tendances de la société actuelle, Claire Barsacq et Thierry Dagiral proposent, avec "Reporters", un espace d'investigation et d'analyse ». A noter les très néo-crétin "espace d'investigation".
Titre d'un article dans l'excellent Y'aoù? : «
Petit guide pour comprendre pourquoi les politiques appellent les journalistes par leurs nom et prénom. Décryptage ». Noter le substantif orphelin
décryptage, typique des chapeaux d'article.
Il semble aussi que les mots
décrypter, décryptage soient utilisés à toutes les sauces. Ce doit faire 'savant' :
Décryptez (comprenez, sachez)
le fonctionnement du corps , proclame une pub. Ou bien : «
Après l'amerrissage (sic : l'Airbus s'est posé sur l'Hudson, qui est une rivière)
miraculeux d'un Airbus à New York, une armée d'enquêteurs décrypte (dévoile, analyse)
les causes de l'accident ».
Décrypter l'actualité : encore une expression employée à tort et à travers. un mot vidé de son sens. Et puis, comme toujours : un mot = plusieurs sens. Principe de novlangue.
Traduction : « Notre équipe d'investigation décrypte pour vous l'actualité »
Rappel : le décryptage restitue en clair un texte auparavant crypté par un procédé consistant à rendre un texte délibérément incompréhensible, illisible ou mystérieux. Du grec κρυπτός : caché. Les infos présentés par les journalistes de la french TV ne sont ni cryptées, ni décryptées, mais tout simplement présentées, et parfois commentées, décortiquées ou analysées.
Il y a aussi une tendance à remplacer décrypter par décoder (on cherche toujours ce qui se tient derrière les faits !) : Les images nous montrent des grandes foules, mais tout est relatif. Décodages en images. Ou cet autre exemple : Décodage : L'Iran est prêt à négocier avec tous les pays à l'exception d'Israël. Les journalistes de la french TV passent apparemment leur temps à décoder et à décrypter. Ce doivent être des spécialistes du chiffre (tiens ! au fait. Pourquoi ne déchiffrent-ils pas l'actualité?)
Dédier : terme passe-partout signifiant : consacrer à, affecter à, destiner à, réserver à, utiliser pour (ce ne sont pas les verbes qui manquent). Un ordinateur dédié. On ne dédie donc plus un livre, une œuvre à quelqu’un ou à une muse inspiratrice, on ne dédie plus un temple à un dieu ; mais un appareil informatique est maintenant dédié (affecté) à telle ou telle tâche : Cet ordinateur est dédié à internet, cette pièce est dédiée à l’informatique. C’est une importation frauduleuse de l’anglo-saxon ‘dedicate’. Ce néo-crétinisme a maintenant gangréné tous les milieux : un wagon dédié (affecté) aux fumeurs, une émission de télévision dédiée (consacrée) à la musique. La Poste non plus n’est pas en reste : Ce guichet est dédié (réservé) aux professionnels.
La racine de dédier est deus, dieu... On désacralise d'une part, on utilise le vocabulaire religieux d'autre part. Paradoxe étonnant des néo-crétins.
Autres exemples, pêchés dans la presse d’internet : Au total, 2.200 mètres carrés où doivent se serrer la centaine de salariés du PS et les "extras" entièrement dédiés (affectés) à la tâche élyséenne. Les co-fondateurs, ont décidé, en l'an 2000, de créer un société dédiée (consacrée) aux technologies langagières. Il faut faire à gauche ce que Sarkozy a réussi à droite : monter un grand parti dédié (voué) à son chef. L’auteur a même trouvé dans une note de service : Veuillez venir avec votre responsable dédié (attitré). Un article annonce : Les heures libérées le samedi matin seront dédiées (consacrées) « aux 15% d'élèves qui sont en très grande difficulté scolaire », a ajouté le ministre (communiqué d'un organe de presse, avec le rejet du verbe à la fin de la phrase, procédé typique des médias anglo-saxons).
Défaillance : phrase prononcée par un néo-crétin particulièrement inspiré ce jour-là : Les organes vitaux rentrent en défaillance.
Défavorisé : néo-crétinisme signifiant un pauvre, un crève-la-faim. Va de pair avec
exclu (voir ce mot).
Les quartiers défavorisés (les quartiers pauvres). Cela répond à la manie agaçante des néo-crétins d'édulcorer les mots et les idées.
Défenseure : C'est nouveau, ça vient de sortir. Les partisans de la féminisation des termes n'en sont plus à une couillonnade (ou plutôt une connerie) près. La Défenseure des Enfants, Dominique V., veut faire interdire les châtiments corporels en France, dont la fessée. Les majuscules intempestives sont du cru de l'auteur du texte. Voilà qui mérite une bonne fessée.
Déficient visuel : cuistrerie de langage. Un déficient visuel, c'est quelqu'un qui a une mauvaise vue, qui a des problèmes plus ou moins graves de vue. Cela va de la myopie à la cécité. On parle aussi de malvoyance (mauvaise vue ne suffit pas ?). Malvoyance est un terme particulièrement malheureux, car il fait penser à la voyance et à ses boules de cristal.
En face des déficients visuels, il y a les déficients auditifs (sourds, durs d'oreille). L'on trouve aussi les déficients sexuels ou impuissants. Il y a enfin les déficients cérébraux, ou néo-crétins.
Déficit : remplace de plus en plus les mots 'manque', 'carence' ou 'défaut' dans différentes acceptions, le plus souvent aberrantes : déficit de neige (sic) pour dire qu'il n'y a pas assez de neige ; déficit de connaissance (sic) pour dire ignorance crasse etc. Le vocabulaire néo-crétin présente un sérieux déficit de correction.
En français normal, le mot déficit appartient surtout au vocabulaire de la banque, de la finance, de l'économie et signifie 'pertes qui peuvent être imputées sur les bénéfices' : déficit de la balance commerciale.
Déflagration. Ne pas confondre déflagration et explosion. Déflagration : combustion très vive qui se propage dans une substance explosive. Explosion : fait d'éclater bruyamment, avec éjection de gaz et/ou de matière. Lu dans le même article : La déflagration, qui s'est produite le matin à l'heure de pointe, a probablement été provoquée par un engin explosif d'un kilogrammes (sic) | et quelques lignes plus loin | L'agence Interfax a indiqué que huit personnes avaient été tué (sic) et 56 autres blessées dans l'explosion. Voilà un style qu'il est explosif, comme dirait Coluche.
Déglutition : un joli mannequin à la robe dégrafée ; un homme l'approche, va l'embrasser. Le joli mannequin s'esquive et va boire une bouteille d'eau gazéifiée en émettant de forts vilains bruits de déglutition. L'on ne sait quel génie « créatif » (publicitaire) a imaginé cette réclame aussi peu ragoûtante, mais si la présence de substances infectes ne suffisait pas à se détourner de cette boisson, les bruits de déglutition de la demoiselle achèvent de le faire. Voir
Péter.
Déjanté : excentrique, à côté de ses pompes, anormal, fou, « ouf ». Ce type-là, il se shoote trop, il est complètement déjanté.
NB : quand on parle de « ptidéj », il ne s'agit pas d'un enfant déjanté, mais d'un petit déjeuner. Mais beaucoup de petits déjeuners sont déjantés en raison de toutes les saletés qu'ils contiennent.
Délocaliser,
Délocalisation : fait d’implanter une filiale, un centre de production, une usine hors du territoire national pour abaisser le coût des charges. Il s’agit en fait d’une
désindustrialisation, facteur de chômage et de misère. A l’inverse, les populations locales affectées par ce phénomène ne s’en trouvent pas spécialement enrichies, les ouvriers étant surexploités et sous-payés. De plus il y a des souvent des problèmes concernant la qualité des produits. Les délocalisations constituent un des faits essentiels de la mondialisation, c’est-à-dire du néo-crétinisme. Pourrait être traduit plus simplement par déplacement, transfert… On râle contre les délocalisations, mais on se jette sur des produits
made in China (prononcer : merde in China) très bon marché - où est la logique ? Voir
Externaliser, Offshore.
Démagogie : un des moyens les plus efficaces qu'aient conçu les gouvernements, de gauche ou de droite, pour endormir les citoyens. Tel ministre ira voir un pompier, blessé au cours d'une intervention. Tel autre fera semblant de s'attrister sur le sort de militaires blessés ou tués lors d'opérations militaires en pays étranger. Un troisième ira voir la famille d'un enfant enlevé ou tombé d'un ascenseur... Rien n'est trop beau pour flatter l'électorat. Plus l'affaire est du ressort du fait divers, plus le ministre tiendra à marquer l'événement de sa présence. On noie le citoyen dans l'irrationnel et l'émotionnel, et prière de s'associer à l'émotion ambiante ! Voir
Démocratie.
Demandeur d'emploi : La France, c'est officiel, n'a plus de chômeurs. Elle n'a que des demandeurs d'emploi : ils sont en demande, certes, mais le mot emploi figure en toutes lettres. Si donc y'a emploi, y'a pas chômage. CQFD. Mais peut-être qu'il y a des demandeurs d'emploi au chômage ? That is the question.
NB. On peut aussi trouver la périphrase
en recherche d'emploi pour désigner un chômeur. On a également remplacé le mot chômeur par le mot emploi, et le tour est joué. L'État prend vraiment les Français pour des
cons citoyens responsables, et en cela il ne chôme jamais.
Dernier tour de passe-passe linguistique, l'ANPE (la fameuse Agence pour l'Emploi) est devenue le «
Pôle emploi », faisant un peu penser à « plein emploi ». Les fonctionnaires, ou le jeu de bonneteau linguistique !
Démarrer : dans le langage néo-crétin de l'informatique, ce verbe est devenu transitif, au sens de lancer. Démarrer un programme, démarrer le test, démarrer l’Explorateur Internet.
Toujours chez les néo-crétins de l'informatique, il faut cliquer sur le bouton Démarrer pour arrêter l'ordinateur ; absurdité du système Micromou, qui n'en est pas à une connerie stupidité près.
Démissionner : fait partie de ces verbes devenus actifs : démissionner quelqu'un : le forcer à démisionner, le démettre de ses fonctions.
Même chose pour suicider : suicider quelqu'un : l'assassiner. Il a été un peu suicidé. Un peu seulement ? Voilà qui nous rassure. Au départ les mots suicide, suicider désignent le fait de se tuer (-cide) soi-même (sui). La forme réfléchie, ici, ne se justifie normalement pas.
Démocratie : concept dépassé qui constitue un des plus grands mythes de notre époque. La démocratie, ou « gouvernement du peuple » (en grec
δημοκρατια, de dèmos, « peuple » et kratos, « force », « puissance », « souveraineté ») est un régime politique ou organisation sociale, où le peuple détient le pouvoir. Mais ce n'est, soyez-en persuadés, qu'une utopie et le mot « démocratie » engendre généralement un grand moment de joie et d'hilarité chez nos gouvernants, qui ont peu souvent l'occasion de s'amuser, tant ils sont occupés à fabriquer de prétendues crises. Le tour de passe-passe à propos du Traité de l'Europe (février 2008) en est une preuve tangible de leur bon vouloir démocratique.
En contrepartie de ces moments de franche rigolade, le peuple demande aux hommes politiques de faire semblant de partager les mêmes problèmes qu'eux, en signe de solidarité. Tel ministre ira voir un policier blessé, tel autre recevra une famille dont un enfant a été enlevé, un troisième ira assister à une rencontre sportive. L'on semble oublier que les hommes politiques doivent avoir une vision politique, une vision d’état, et ne pas s’enliser dans le quotidien des citoyens. Mais c'est sans doute trop leur demander. Ils ne sont pas assez payés pour ça. Voir Démagogie.
Les médias, médiocres, feignent de s'intéresser aux événements politiques qui se passent aux Étazunis par exemple, aux caucus, aux super Thuesdays et autres fariboles, dont le brave peuple français n'a que faire. Mais pour les médias, tenus par quelques grands noms du capitalisme et les pouvoirs, il faut bercer les téléspectateurs d'illusions démocratiques.
La démocratie, qui se conçoit pour des états de taille et de population réduites ou moyennes, affecte maintenant de vastes états, gouvernables par des méthodes autoritaires voire tyranniques. Comment concevoir la démocratie pour la Chine, l’Inde, la Russie, ou même les États-Unis ? Comment surtout concevoir la démocratie pour des états arabes, qui sont soit des royaumes, soit des dictatures, soit des théocraties ? C'est théoriquement antinomique. L’auteur n’est pas un fin politique, mais il a le droit de se poser des questions. On peut encore poser que le concept de « démocratie » signifie pour les Étazunis tout ce qui sert les intérêts des Étazunis y compris la violence.
Soyez aimable envers l'Amérique
Sinon nous vous apportons la démocratie
Le mot démocratie sous-entend prise de conscience politique et sociale. Mais plus de démocratie signifie souvent plus de médiocrité (nivellement par le bas). Et pour les gauchistes, démocratie signifie la Gauche. Les gens de droite sont-ils donc tous fachos ?
A signaler un emploi adjectival de démocratie, répandu par les journalistes : La junte militaire au pouvoir au Myanmar (= Birmanie) a violemment réprimé de grandes manifestations pro-démocratie. Pourquoi pas 'pro-démocratiques' ou 'en faveur de la démocratie' ? Ce style stupide semble emprunté aux Anglo-Saxons. Ou alors, nos excellents journalistes ne pratiqueraient-ils pas la novlangue (élimination progressive de tout ce qui paraît inutile, simplification à outrance) ?
Démocratie participative : concept à la mode. A notre époque, tout est participatif : débats participatifs, communication participative, participation participative ... et démocratie participative. Une démocratie est par essence participative. Ce néo-crétinisme est international, comme en espagnol par exemple : « El Movimiento V República o MVR [...] fundado por Hugo Chávez en 1997 [...] a favor de la democracia participativa ». On peut trouver aussi cet exemple : Grâce à Obama, l’ère de la démocratie participative s’approche (avant Obama, la démocratie n'existait pas du moins aux Étazunis). Mais il est vrai, par contre, que l'Iran, la Russie ou la Tunisie par exemple sont des démocraties d'un seul homme, ou démocraties non participatives. N'en serait-il pas de même en ce qui concerne la France de Sarközy ?
Démocratiser (se ~) : se dit de toute chose qui commence tout simplement à apparaître ou devenue accessible à de simples particuliers. Les obsèques spatiales se démocratisent, titre un édito sur Internet. Et, plus loin : Les funérailles spatiales se généralisent. Vu le nombre infime de personnes qui se sont fait envoyer en l’air pour leur mort (300 environ depuis une dizaine d’années ; chiffre de 2006) et le coût prohibitif de telles obsèques, peut-on vraiment parler de généralisation ou de démocratisation ?
Et puis, quel rapport peut-il y avoir entre le fait de se généraliser et la démocratie ? A mettre sur le compte de l'ineptie journalistique.
Déontologie : ça fait mieux que ‘morale’. La déontologie, en morale, c’est la philosophie du devoir. C'est maintenant synonyme de morale professionnelle ou ensemble des règles ou devoirs régissant la conduite à tenir pour les membres d'une profession. On parle ainsi de déontologie médicale.
Départ volontaire : quand une entreprise qui désire délocaliser pousse gentiment ses salariés à la porte avec des indemnités ridicules, on appelle cela un « Plan de départ volontaire ». Autre forme du chômage, en plus distingué.
Département : chez les néo-crétins américanisés, synonyme de ministère.
Le Département de la Santé du gouvernement américain étend son programme d’incitation à l’abstinence aux célibataires âgé(e)s de 19 à 29 ans.
Dans le même esprit, on trouve l'expression
secrétaire d'État au lieu de ministre des Affaires étrangères :
Hillary Clinton secrétaire d'Etat d'Obama? - Libération 14 nov 2008 ... Selon deux conseillers du président élu, la nomination de l'ex-première dame à ce poste, équivalent américain du ministre des Affaires étrangères est «envisagée». Le journaliste prend la peine de traduire un peu plus bas ; il aurait plus simple d'écrire :
Hillary Clinton ministre des Affaires étrangères d'Obama ? (les espaces manquantes avant le ? et entre les « » sont du fait de l'auteur de l'article).
En France un
secrétaire d'État est un sous-ministre qui ne participe pas au Conseil des Ministres (sauf si l'ordre du jour concerne son domaine d'action).
Voir
Administration.
Déplacé : cuistrerie de langage, euphémisme lénifiant et odieux signifiant déporté.
Il y aurait deux millions de déplacés au Darfour. On ne peut que trouver insultant ce genre d’expression ‘
correcte sur le plan politique’. Il faudrait
déplacer les néo-crétins coupables de tels abus de langage. En tout cas, l'expression est ici vraiment « déplacée ».
Déplacé peut également avoir le sens de qui fuit, en fuite, réfugié, évacué.
Plus d'un demi-million de déplacés en Californie [à cause des incendies]
, Bush débloque de l'aide. Bush débloque tout le temps, de toute façon. En tout cas, aux Étazunis, le mot
réfugié est banni du vocabulaire quand il s'agit de personnes fuyant un ouragan ou une catastrophe naturelle :
« C’est raciste de qualifier des citoyens américains de réfugiés », a lancé lundi le révérend Jesse Jackson (en parlant de noirs fuyant le cyclone Katrina). Où peut-on se réfugier pour fuir pareilles inepties ?
Dans le même esprit, on trouve maintenant le terme «
éloigné » ou «
reconduit à la frontière » au lieu d' « expulsé » :
La France a 'éloigné' 167 900 étrangers depuis 1990. On s'éloigne vraiment de la démocratie ... et du français. Voir
Éloigné.
Déployer, Déploiement [ novlangue ] : on déploie un peu de tout maintenant : des troupes sur un front (premier sens, militaire) et des fonctionnaires de police devant une manifestation ; c'est aussi la mise en service d’un produit, la mise en œuvre ou la mise en place d'un service... Peut tout simplement être traduit par 'appliquer', 'application'.
Une entreprise n'est pas totalement à l'abri d'un dysfonctionnement lors du déploiement ou lors de la production. On se demande : que fait la police ? Ou bien : ...
de nombreuses tentatives de rapprochement des extrêmes se sont déployées sans rencontrer le succès espéré. Ou encore :
Un milliard de cartes d'accès de ce type ont été déployés (sic)
dans le monde.
... afin d'évaluer les contre mesures à déployer dans le cadre d'un système global. Deux fois le verbe
déployer dans la même phrase, avec deux sens différents. Nous sommes bien dans la
novlangue.
Verbe refait :
redéployer qui signifie réorganiser, et non pas déployer une deuxième fois :
redéployer une activité industrielle.
Déraper, dérapage : dériver (en parlant d'un navire), glisser (en parlant d'un véhicule). Mais le verbe déraper a acquis une autre signification, qui est celle d'un écart de langage. Et comme pour les dérapages d'une voiture, ces dérarapages verbaux peuvent être plus ou moins contrôlés. Quand tel élu fait un jeu de mots discutable sur le ministre Durafour, c'est un dérapage verbal mal contrôlé ; et quand tel autre élu lance une boutade sur un ancien ministre (non chrétien), et disant qu'il n'a « une tronche pas très catholique », il s'agit là aussi d'un dérapage verbal mal contrôlé. Les hommes politiques semblent mal contrôler leurs dérapages. Il ne faudrait pas leur confier les rênes du pouvoir.
Dérégularisation : néo-crétinisme administratif, signifiant bêtement changement de règlement,
réforme. Il ne s’agit donc pas de dérégler, ni de dérégulariser ; peut-être faudrait-il payer des cours du soir de français à nos hauts (ou bas) fonctionnaires ?
L’état social, Bolkestein et les droits des femmes, libéralisation et dérégularisation des marchés. Autre exemple :
La dérégularisation du marché postal (???).
Il existe aussi le terme
déréglementer ou
dérèglementer, dont le sens doit être à peu près le même : réformer ou libéraliser :
Doit-on déréglementer le Service public ?
Dérégulariser, déréglementer : c'est enlever les règles, enlever les règlements. Néo-verbes bizarres, sans doute en relation avec la
novlangue.
Dérembourser : un haut fonctionnaire néo-crétin, plus néo ou plus crétin que les autres a inventé les barbarismes dérembourser, déremboursement dans le sens : ne plus rembourser certains médicaments, car ils n'étaient pas assez efficaces. Outre l'effet désagréable sur le public (ah bon, on nous vendait de la merde ?), les mots eux-mêmes sont d'une inénarrable poésie. Un peu comme défatiguer au lieu de reposer, débriefer au lieu de faire le point sur, déconner au lieu de cesser d’être con etc...
Dernier,
dernière : on entend de plus en plus
Les derniers cinq jours au lieu de : Les cinq derniers jours. La célèbre émission policière
Les 5 dernières minutes aurait sans doute été rebaptisée
Les dernières 5 minutes par les néo-crétins. Importation frauduleuse de l'anglo-saxon. Voir
Prochain, prochaine.
Dès : signifie à partir de, mais dans un sens qui n’est plus temporel. Vous trouverez sur I-buy de bonnes affaires dès 10 euros. Aussi dans une pub pour une marque de cosmétique : Résultat dès huit jours (et non à partir du huitième jour).
L'emploi de dès dans un sens non temporel se répand et prend feu comme une traînée de poudre, et les néo-crétins de la publicité ou du journalisme l'assaisonnent à toutes les sauces. Sempiternelle importation frauduleuse de l’anglo-saxon : ‘from’. A bas les publicitaires ! A bas les journalistes !
Désertification : c’est la transformation d’une région en désert (étendue sèche et aride, impropre à la culture et au peuplement). Ce phénomène semble particulièrement affecter la France, où l'on assiste à une désertification culturelle massive. Par contre, quant aux terres, pourquoi parler de désertifier, désertification, alors qu’il ne s’agit que d’une simple dépopulation, ou d’un simple abandon ? La désertification des campagnes n’est pas inéluctable si l’on veut bien s’en donner les moyens. Ou bien Désertification des campagnes : la poste menacée de privatisation. La France bientôt envahie par des étendues de sable ? Plus de problèmes pour Paris-Plage !
Déshérence : la déshérence, c'est l'absence d'héritier(s), tout simplement. Dans quel sens les journalistes emploient-ils ce mot, comme par exemple : ... les banlieues en déshérence (à l'abandon ?) Les journalistes ne sont pas en tout cas héritiers de Molière.
Le contraire de la déshérence est l'héritation, mise à l'honneur par Sarkoléon 1er.
Design (prononcer dizaïn) : forme, dessin, apparence, présentation, stylisme : La chanteuse a participé personnellement au design de la bouteille [de parfum]. A donné le substantif designer (dizaïneur ; ne pas confondre avec le verbe français désigner) : créateur de formes, de modèles, styliste. Si les néo-crétins veulent à tout prix employer ce terme, il serait préférable de modifier l’orthographe : dezign, dezigner.
Désimlocké : débloqué, déverrouillé. ... un iPhone désimlocké et en français sous toutes les coutures. Sous toutes les coutures ? Vous m'en direz tant !
Désincarcérer : n'est pas le contraire d'incarcérer (jeter en prison), et ne signifie donc pas “faire sortir de prison”, mais signifie “dégager” (d'un amas de tôle ou de ferraille) :
Les pompiers ont réussi à désincarcérer le conducteur de son véhicule. Peut-être confond-on tôle et taule ? Voir
Incarcéré
Désinformation : avant, on parlait de conditionnement ou d'intox. Maintenant on parle de désinformation. Mais, de toute façon, comme on n’informe plus (cf les journaux télévisés : 2% d’infos, 98% de délayage), il n’y a pas beaucoup de différence.
Désinquiéter : il faut croire que ça veut dire rassurer, calmer, apaiser. Le langage de la rue les (= les voyous) désinquiète.
Désinscrire : calque du terme anglo-saxon unsuscribe : résilier (un abonnement par exemple), rayer (des listes). Utilisateur désinscrit à sa demande le 3-9-2009. Il faut en tout cas absolument inscrire les informaticiens à des cours de français.
Détestation : haine, tout simplement. Plus un mot est long, plus il donne de l'importance à la chose. J’ajouterais que ce n’est meme pas cette détestation généralisante, au moins avouée et documentée, qui m’ agace le plus dans vos posts...
Développement durable (ou
développement soutenable. Développement soutenu aurait été une meilleure traduction de
sustained development ; les Espagnols ont, eux, adopté le néo-crétinisme :
sostenible) : néo-crétinisme mondialiste se rapportant à la fois au développement économique et à la préservation des ressources de la planète, mais dont on ne connaît pas la véritable signification. Semble être, en plus pédant, le synonyme d'
écologie, et non pas une science pour engraisser des lapins (le développement du râble de lapin est très apprécié des fins gourmets). Tous les économistes néo-crétins se gargarisent de ce terme : ils veulent nous faire croire qu'on peut piller la planète, tout en la préservant. A donné naissance à l’ «
agriculture durable » (sic). Pièce maîtresse à ranger au
Musée (durable) de la Connerie. Voir
Commerce équitable.
Le fait d’accoler durable à une expression n’est pas forcément un signe de durée (et non durabilité, comme diraient les néo-crétins). Un Ministre de l’Écologie et du Développement durable, nommé en mai 2007, n’a été en poste ... que quelques jours.
Développer, développeur : en informatique, on ne programme pas, on développe, ce qui donne des développeurs (programmeurs) : Notre société recherche des développeurs en C++. L'informatique est une science en développement, – ou de sous-développés ?
Devoir : depuis qu'il y a les Droits de l'Homme, de la Femme, des Enfants et même des Animaux, il n'y a plus de devoirs à part le devoir de mémoire. Voir plus bas.
Devoir de mémoire : l'expression 'devoir de mémoire' est très utilisée de nos jours. Ce 'devoir de mémoire' peut ainsi, comme l'espèrent les idéologues de la manipulation et de la Pensée unique, servir à éviter le retour de l' « antisémitisme », de l'extrême-droite et des idéologies racistes, d'images violentes ou traumatisantes, et surtout
médiatisées (l'
Holocauste, l'attentat des Tours jumelles à New York, la mise en scène macabre de Timisoara). L'idéologie
politiquement correcte se doit, selon eux, d'éduquer les citoyens de demain. Comme disait un certain Georges Santayana : «
Ceux qui ne peuvent se rappeler le passé sont condamnés à le répéter ». C'est ainsi que l'ex-président français Sarközy voulait que chaque écolier se souvienne d'un enfant victime de la Shoah
(1). De toute façon, l'histoire se répètera toujours, quel que soit le soin que l'on prenne à gommer la crudité et la cruauté des faits. Mais les idéalistes y croient toujours : «
C’est l’élève lui-même, à travers ses tâtonnements, qui doit se construire une mémoire,
une conscience, basées sur une connaissance rigoureuse des faits. » Rien qu'ça ! On se conforme ainsi à un impératif formulé par les néo-crétins politiques, qui consiste à demander aux livres d’histoire, non pas de refléter la réalité telle qu’elle est, mais de la refléter telle qu’elle devrait être, ou telle qu’elle aurait dû être.
Aux dernières nouvelles, il ne semble pas que les Étazunis aient imposé le
devoir de mémoire à leurs concitoyens pour se repentir des bombes lancées contre le Japon, le Viet-Nam ou l'Irak, qui ont fait des centaines de milliers de victimes. Chaque nation a la mémoire qui l'arrange.
Dézinguer : démolir, bouziller, faire voler en éclats, dessouder ? ... les antitout en prennent pour leur grade, tout autant que les ultralibéraux, largement dézingués tout au long du bestiaire. Ou bien : Quand Nicolas Sarkozy dézinguait Jacques Chirac. Ou encore : Dans son livre « l'Impasse » (sic), Jospin dézingue Ségolène Royal. L'auteur propose les titres suivants : La dézinguitude, ou bien : L'impasse, l'autre non plus.
Diaboliser : ce mot appartient maintenant surtout au vocabulaire politique ; il signifie le fait de présenter son adversaire politique comme un élément mauvais, à rejeter. 'Dénigrer', 'vilipender', 'honnir', peut-être ? Mais cela peut concerner aussi bien les individus que des procédés, des actions ou des politiques, des états etc. Doit-on diaboliser la géolocalisation ? La droite libérale veut diaboliser les écologistes. Doit-on diaboliser l’Iran ? Les politiques de tous bords ne sont pas en manque d'invectives diabolisantes : le Grand Satan (les Étazunis) et le Petit Satan (Israël), vus de l'Iran (diable ! doit-on les lapider ?), l'Axe du mal (les états terroristes), vus des Étazunis etc. Le diable semble être le symbole de l'irrationnel absolu, alors que l'esprit politique demande un minimum de conscience claire et de lucidité.
Avec comme substantif diabolisation : mise à l'écart, ostracisme, rejet... « diabolisation des jeunes dits de banlieue » (pourquoi, diable, dits de banlieue ?)
Diététique : synonyme de cuisine imbouffable. Sous prétexte de ne pas prendre de poids, de ne pas avoir de cholestérol, des tas de restaurants ou de sociétés proposent des « repas diététiques », où les aliments n'ont plus de goût et vous laissent sur votre faim. La cuisine diététique va de pair avec le
light (allégé). Mais c'est surtout votre porte-monnaie qui est allégé !
Dieu (féminin :
Déesse) : concept
obsolète grâce aux coups des théories socialisantes en Occident.
Sans l'idée de Dieu tout n'est que cendre (Mircéa Éliade), mais nos contemporains s'accommodent fort bien de Son absence à part les islamistes qui s'obstinent à croire en Lui (mais est-ce le même Dieu ?)
Le féminin de Dieu est Déesse, mais même dans les hiérarchies divines, les Déesses ont en général un rang inférieur à celui des Dieux. Mais il est vrai qu'à l'époque où naquit l'idée de la divinité (Sumer ?), les partis féministes n'existaient pas encore.
Admettons que les hommes soient réprésentés par des fourmis, et que Dieu soit un homme ; admettons qu'Il entende des fourmis jurer et maudire Dieu, Lui lancer mille imprécations, Lui adresser les insultes les plus grossières. Admettons qu'Il voit qu'on Le caricature de façon abominable. Devant l'insolence de ces fourmis que voudriez-vous que Dieu fît ? Qu'Il rît ! Ce qui
relativise l'idée de blasphème. Dieu est tellement haut qu'Il ne saurait être affecté pas de si misérables choses ou propos (loteur n'est pas dans le secret des dieux, mais il est à peu près sûr que Dieu réagirait ainsi).
Ce qui est dit du négatif est également valable pour le positif : quel effet peut avoir une prière sur un Être tellement loin de nous et de notre entendement ? (d'où la nécessité d'intercesseurs, d'intermédiaires).
Différence : concept nébuleux, et donc politiquement correct, que l'auteur ne saurait définir avec précision. Ceci englobe de nombreuses significations et / ou dérives de sens, comme le féminisme, l'orientation sexuelle ou le racisme. Tout minorité, ethnique, confessionnelle, culturelle ou autre , réclame maintenant un « droit à la différence
(2) ». Le remettre en question peut vous valoir une citation à comparaître. Ceux qui réclament le
droit à la différence, réclament aussi, en toute logique, le
droit à l'égalité. En fait, il semble que les revendications de
droit à la différence n'aient qu'un seul but : avoir plus de droits que les autres. Et c'est ça, la vraie différence. Voir
Communautarisme,
MBH,
Multiculturalisme,
Parité,
Politiquement correct.
À signaler un emploi néo-crétin de
différence : «
Côté républicain, M. McCain a réussi à faire la différence avec M. Huckabee dans les trois Etats de la région de Washington. » Prendre l'avantage ? Distancer ? Creuser l'écart ?
Différenciation : lu sur une page internet, consacrée à la langue française : Le barbarisme et le solécisme : différenciation entre barbarisme et solécisme, définition des termes. La différenciation, en biologie, est l'ensemble des processus qui aboutissent à la formation de cellules spécialisées (différenciation cellulaire). Il s'agit, dans l'exemple cité, tout simplement de différence.
Différentiel : signifie tout simplement écart, différence. Ce terme est utilisé par nos économistes certes distingués, mais connaissant mal le français. Un différentiel de 3 points dans la TVA entraînerait de sérieuses difficultés… En langage encore plus chic, on dit « delta », parfois écrit sous la forme de la lettre grecque D
(delta).
Nota : en mécanique, le différentiel est un ensemble de pignons coniques liant deux roues, et qui leur permet de tourner à des vitesses différentes. En électricité, c’est un appareil qui protège l'installation contre les pertes de courant.
Digital : de l'anglo-saxon digit : chiffre. Cela n'a rien à voir avec les doigts, à moins que les Anglo-Saxons, comme les analphabètes, ne continuent à compter sur leurs doigts. Horloge digitale : horloge à chiffres, plus exactement à affichage numérique. Un article informatique, rédigé en langue néo-crétine, affirme : [les critiques ont porté sur] l'inclusion d'un système de gestion de droits digitaux (sic). Il vaudrait mieux utiliser 'droits numériques'. Ou encore, dans un article sur les réseaux sociaux et traduit à la va-comme-je-te-pisse (copie) : Voulez-vous être mon voisin digital? (sic). Va-t-il faire agir le doigt de Dieu ? A donné le verbe digitaliser : numériser.
Diplôme : le symbolisme des diplômes a adopté celui des tribus étazuniennes : couvre-chef ridicule, diplôme roulé et entouré d'un ruban, comme dans l'illustration ci-dessous, et toge :
Inutile d'ajouter que dans les cérémonies de remise des diplômes en France on ne voit jamais un récipiendaire accoutré de la sorte. Pourquoi alors beaucoup de pages internet françaises suivent ce symbolisme ?
Directives européennes : C’est un ensemble de mesures destinées à contraindre les états et les citoyens à suivre des politiques décidées en haut lieu par des fonctionnaires irresponsables et anonymes, et qui accaparent tous les pouvoirs. Cette forme moderne de tyrannie attire toutes sortes de peuples, y compris des non-européens, comme les Turcs par exemple, qui aspirent à se soumettre à ce nouvel esclavage.
Les directives européennes concernent tout, ou pratiquement tout, jusqu’à la façon dont on fait les sandwichs, la fabrication du fromage, comment ou doit gaver ou non les oies, les canards etc. Impossible d'échapper à cette tyrannie fonctionnariale, aussi exigeante que bornée.
Disclaimer (terme utilisé en informatique) :
avertissement au début de l’installation d’un système ou d’un logiciel, dans lequel le concepteur dudit système ou logiciel se dégage de toute responsabilité en cas de défaut dudit système ou logiciel. En clair : il se fout totalement si ça marche ou pas, du moment qu’il encaisse ses sous.
Se dit également de tout avertissement placé en tête d'un site internet : à qui s'adresse le site, droits de reproduction ou
copyright etc.
Discount : on ne peut plus lutter, hélas, contre ce terme anglo-saxon, et qui signifie remise, rabais ou à prix réduit : un discount de 15%, des prix discount (au singulier), un magasin discount. Entendu à la french TV : une pub pour une société discounter d'équipements. Apparemment, le terme discounter est employé par certains magazins à prix réduits : ImmoDiscount, le 1er discounter du diagnostic immobilier à Paris.
Discrimination : c'est le fait de séparer un groupe social des autres en le traitant plus mal. On entend aujourd'hui par discrimination : le racisme (discrimination raciale), la ségrégation, la séparation ou l'exclusion (discrimination par l'âge, le sexe, la maladie)... Les mesures discriminatoires, qui établissent donc des différences entre les individus, sont réprimées par la loi en France. Tout le monde est égal, libre et fraternel. Qu'on se le dise !
Rappel : en français « normal », la discrimination est le pouvoir de distinguer, de discerner : 'facultés discriminatrices'. C'est une haute faculté de l'esprit. « Une habilté particulière dans la discrimination est cependant nécessaire si on veut dégager des caractérisations différenciées dans le champ mythologique ». Que le sens soit tombé au niveau de la ségrégation, voilà qui est symbolique. L'intelligence, le pouvoir de discerner, c'est l'ennemi.
A donné le verbe discriminer, dans un emploi fautif : rejeter (pour une raison discriminatoire quelconque). Dans cette discothèque, on a accepté le couple blanc, et on a discriminé le couple black. C'est aussi le français qu'on discrimine (= qui est victime de discrimination).
Discrimination positive : c'est la traduction approximative de l'anglo-saxon
affirmative action, politique pour avantager certains groupes. La discrimination positive est une politique discriminatoire délibérée, affectant un avantage social à une catégorie jugée défavorisée. En français 'normal' :
quotas. La discrimination, qui consiste à isoler un individu ou un groupe d'individus, a une connotation négative en français. Pourquoi l'utiliser dans un sens positif ? Toute discrimination,
positive ou négative, est illégale et anticonstitutionnelle. Mais les néo-crétins n'ont que faire de la légalité et surtout de la constitution.
Dispatcher : répartir, distribuer, attribuer avec un substantif dispatching. C’est le chef de service qui assure le dispatching (la répartition) du travail.
Le mot anglais dispatch vient du français 'dépêche'.
Disponible : (calque de l'anglo-saxon available) : en vente, offert, qu'on peut se procurer. Le nouveau système Ouista est disponible chez tous les revendeurs informatiques (= on peut se procurer le nouveau système Ouista etc.) Encore un anglicisme rampant, propagé par la race exécrable des informaticiens.
Dithyrambe : éloge obligatoire en termes pompeux chaque fois que la secte Micromou pond une nouvelle merde merveille : « A chaque sortie d'un nouveau système d'exploitation, Micromou nous comble en matière d'innovations toutes aussi intéressantes les unes que les autres ... jamais Micromou n'avait autant porté d'attention aux graphismes que dans cette nouvelle interface ... Le style d'Aroé est tellement pur que l'utilisateur baigne dans un environnement séduisant qui le pousse à oser et avoir envie de se surpasser (sic !) » etc. etc. etc. Combien le rédacteur de cet article sur Ouista a-t-il été payé pour lécher autant le cul fessier du gourou de la secte Micromou ?
Diversité : néo-crétinisme officiel. Définition (non officielle) : quand on dit que quelqu'un est issu de la diversité, cela signifie que diverses personnes sont passées sur le ventre de sa mère. Définition (officielle) : la
diversité est un terme correct socialement et qui désigne, pour les tenants de la pensée unique, un non-européen, un Noir ou un Arabe (les Jaunes semblent ne pas compter), – bref, un immigré, quelqu'un
issu de l'immigration (mais ce terme fait trop « banlieues », ça fait désordre), ou appartenant à la
minorité visible. Slogan de la Mairie de Paris : « Une ville solidaire (?) et généreuse (?) ouverte aux rêves et à la diversité (?) ». Il n'y a que le mot « rêves » que l'auteur comprenne ici. Paris, ville-lumière, obscurcit le sens des mots.
Pour que ni votre adresse, ni votre nom, ni votre origine ne puissent constituer un frein à votre embauche, ici les entreprises s'engagent pour la diversité (sic). Un organe de presse se demande on ne peut plus sérieusement : «
Peut-on aussi parler en politique de candidats de la diversité ? ». La
diversité est donc tout simplement le multiracisme. Le contraire de la
diversité est l'uniformité. Les candidats de l'uniformité, qui sont-ils ? Portent-ils un uniforme ? Une chemise brune ? Et quelqu'un issu de la diversité serait-il un «
divers » : Tiens il y avait un
divers ce matin dans le bureau. Quelle est votre nationalié ? Diverse.
Retombée de l'élection du 44e président des Étazunis, un métis du nom d'Obama : la Présidence de la République vient de nommer un préfet noir (novembre 2008). « Coïncidence des agendas » rétorque le nouveau préfet en parfait langage néo-crétin (agenda : ordre du jour en anglo-saxon). Peut-être faut-il s'attendre à un avalanche de nominations
diverses ?
Voir
Caucasien, Minorité visible.
Divertissement : ce terme, qui correspond à l’anglo-saxon entertainment (divertissement, loisir), désigne toutes formes de programmes, de produits ou de services agréables à regarder, utiliser ou exécuter. La nouvelle conception stylée et silencieuse [de cet ordinateur] offre un divertissement familial à un prix abordable. Divertissement pascalien, sans doute. Maintenant pour les émissions de la french TV on emploie le terme de divertissement au lieu tout simplement d'émission, série etc. « 20h 30 Inspecteur Lewis
Divertissement (1h35) ». C'est pas très divertissant, tout ça...
Parfois on trouve carrément le mot anglo-saxon entertainment (pas très facile à prononcer) au lieu de divertissement ou loisir. Flemme de traduire ? Yahoo! Entertainment : La Starac dit adieu à Grégory Lemarchand. Le résumé du prime (dans cette phrase de treize mots, il y a quatre néo-crétinismes).
NB. Il ne faut pas confondre entertainment avec entretènement, qui est l'action d'entretenir, l'action de pourvoir à l'entretien de quelqu'un ou de quelque chose : entretènement d'un feu, d'une femme...
Dixit : 3è personne du singulier du verbe latin dico, dicere : dire. Sert à rapporter, parfois de façon ironique, les paroles de quelqu’un. Lu dans une revue d’informatique : Le principe est de fédérer les ingénieurs de demain autour des technologies Micromou dans le cadre de Jeux Olympiques de l'informatique, dixit les organisateurs de la soirée. A remarquer que dans toute cette phraséologie prétentiarde le sujet de dixit est ici ‘les organisateurs’ (pluriel) avec dixit au singulier. Normalement il aurait dû y avoir 'dicunt' (disent). On n'en finira jamais de gloser sur l’ignorance crasse des informaticiens, dixit l'auteur.
Il en est de même avec exit (il, elle sort ; terme surtout utilisé au théâtre) : Exit les grèves pendant les vacances. Il fallait évidemment écrire 'exeunt', 3è personne du pluriel. Mais si les néo-crétins ne savent plus écrire français, inutile de leur demander de respecter la grammaire latine ! A noter qu'en langage néo-crétin moderne, exit veut dire 'sortie' (emprunt aux tribus anglo-saxonnes).
Docteur : il y a longtemps qu'on ne relève plus cette faute :
Je suis allé voir mon docteur aujourd'hui (au lieu de : mon médecin).
Pendant la nuit, « une cellule de veille de la préfecture (...) avec des docteurs (en médecine ? en psychologie ? en lettres ? en théologie ?)
de la Ddass » renseigneront les familles sur leurs proches hospitalisés. On imagine d'autre part volontiers un docteur en théologie palpant le ventre d'une femme. De saints attouchements, sans doute. Si le même docteur en théologie caresse la joue d’un enfant, alors là tout le monde crie au
pédophile.
Si on s'adresse, en France, à un médecin en l'appelant docteur, en revanche aux Étazunis on appelle docteur toute personne qui possède ce titre universitaire :
Dr Martin Luther King, par exemple. Mais quand un journaliste titre «
Obama et le rêve du docteur King », il s'agit d'une grossière erreur de traduction, car cela voudrait dire que Martin Luther King était médecin.
Documenter : montrer, écrire, décrire, rapporter, analyser, rédiger.
Pour cette jeune fille, un contact avec de la volaille malade a pu être documenté. Plusieurs autres personnes suspectées d’avoir contracté la grippe aviaire sont actuellement en cours d’investigation. (Charabia d’un communiqué officiel sur un site du gouvernement).
Une vidéo de 30 minutes, qui fut jouée à travers les USA [Etats-Unis]
, documentait les derniers moments de Martin. Semble être une importation frauduleuse de l'anglo-saxon (
to document).
Dollar : monnaie d'échange étasunienne. Le dollar tend à être concurencé par l'euro (guerre économique). On construit un certain nombre de mots avec dollar : narco-dollars, pétro-dollars … Il existe même la langue-dollar ou asservissement volontaire de grandes entreprises françaises qui imposent l'anglais, ou plus exactement la langue-dollar, à leurs employés. Pas une langue de bois en tout cas.
Dollar vient du mot thaler, ancienne monnaie allemande.
Domestique (vol ~) : vol intérieur ou vol national. Traduction littérale d'un idiotisme, ou expression idiomatique, anglais. C'est vraiment idiot, ça, vol domestique ! Alors, on va nous mettre avec des valets ou des cuisinières ! Pourquoi pas dans la soute à bagages ?
Domaine (de compétence) : équivalent néo-crétin de compétence, spécialité, spécialisation, maîtrise ... L'Agence XYZ : Six domaines de compétence : l'électrification, l'éclairage public ...
Dominance : synonyme néo-crétin de domination. La totale dominance aérienne de Tsahal n’a aucunement servi ses objectifs de guerre.
Dommageable : adjectif néo-crétin qui doit vaguement avoir le sens de 'dangereux', ou de 'qui créé un dommage'. Ce tir est dommageable pour la défense adverse annonce pédantement un chroniqueur sportif de la french TV. Il est dommage que les chroniqueurs sportifs n'apprennent plus le français.
Dommages collatéraux : expression qui remplace “bombardemens aveugles”, “victimes civiles” ou “victimes innocentes”, comme par exemple les bombardements américains pour prétendument « libérer » la France.
Bombarder des populations civiles au cours d'interventions militaires ne peut être appelé un massacre, à partir de (sic)
moment où ces populations ne constituent pas la cible de ces interventions. D'où le terme de « dommages collatéraux ». Autrement dit, tant pis pour eux, ils n'avaient qu'à ne pas être là. Peut aussi être pris dans un sens abstrait : ... «
en votant pour un projet de loi qui menace de dommages collatéraux un véritable pôle d'excellence technologique et économique français ».
De Coluche, cette remarque : « La guerre de 14-18 avait fait un civil tué pour dix militaires. La guerre de 39-45, un civil pour un militaire. Le Viêt Nam, cent civils pour un militaire. Pour la prochaine, les militaires seront les seuls survivants. Engagez-vous ! » Voir
Collatéral.
Don : les premières vertus d'un don, c'est d'être désintéressé et anonyme. C'est pour cela que certaines vedettes outre-atlantique ont publiquement fait savoir qu'elles ont fait un don d' « un million de dollars » aux sinistrés d'Haïti (janvier 2010). On jugera l'élégance de cette publicité chère et tapageuse. Quant aux simples quidams, qui n'ont donné que trente ou cinquante euros, ils doivent se sentir bien piteux.
Donation : synonyme, en plus sophistiqué, de 'don'. Les sites web vous appellent constamment à faire une donation pour rémunérer les services qu'ils vous proposent gratuitement : Utilitaire KlinCache gratuit (faire une donation). Traduction néo-crétine de l’anglo-saxon ‘donate’ (faire un don), ‘donation’ (don).
Rappel : la donation, en français, est un acte enregistré par devant notaire, pour donner un bien à telle ou telle personne.
Dopage, doper : mots à signification double. Lourdement condamnés quand il s'agit de sportifs, mais hautement valorisés quand il s'agit d'économie ou de toute autre chose. En effet, si on dit
l'économie de ce pays a été dopée par la multiplication de commandes d'automobiles, ou
Elle a été dopée par l'annonce de son succès, c'est positif, et le journaliste de la
french TV [prononcer frentch tivi] ne tarira pas d'éloges sur ladite économie ou ladite personne. Mais si on dit
Cet athlète a été surpris en flagrant délit de dopage, alors là le journaliste de la
french TV [prononcer frentch tivi] ne trouvera pas assez de termes négatifs pour stigmatiser ledit sportif, qui « déshonore » le sport, la profession, la France, son sponsor ... Apparemment, le dopage est une pratique courante et universelle. On se dopait avant avec ce qu'on pouvait, y compris avec le café ou le tabac. Maintenant, en raison du sportivement correct, c'est très mal vu. Pour sacrifier à l'anglo-saxonisation ambiante, les journalistes disent souvent
dopping au lieu de dopage. Voir
Cerise.
Doukipudonktan : nouveau langage à la mode, que l'on trouve dans les
textos et les
SMS, en vogue chez les adolescents avec leurs manies tactiles (écriture par le moyen de téléphones portatifs).
Douvres (en anglais Dover) : ville d'Angleterre. Cf le dicton bien connu Wogs begin at Dover. Douvres et son arrière-pays sont peuplés de gens (Anglais) qui ne parlent même pas français (who don't speak white).
Downloader (prononcer daonn-lodé): les néo-crétins ne reculent devant rien quand il s'agit de défigurer le français. Ainsi, ils nous ont concocté le verbe downloader en remplacement des verbes importer, transférer, décharger ou télécharger. Downloadez le navigateur IE 7, customisé par Google. Avec en prime ici le participe customisé au lieu de personnalisé. On peut aussi trouver sur les pages internet : Download [importation, déchargement, téléchargement] de la brochure. Le contraire de download c'est l'upload [exporter, exportation].
Drastique : signifie en français : énergique, surtout en parlant de purgatifs. Mais l'expression venue de l'anglais '
mesures drastiques' (énergiques, draconiennes, rigoureuses, radicales) a depuis longtemps acquis droit de cité dans la bouche ou sur le clavier des journaleux ou des informaticiens néo-crétins
. Ce tutorial montre dans le détail différents moyens pour diminuer drastiquement le temps de chargement et de fermeture de Windaube. Il faut purger le français de tous ces calques de l'anglais, qui sont vraiment …
chiants.
Époustouflant, cet emploi de
drastique, signalé par
Le bœuf qui pleure : «
La prochaine version du navigateur [Mozilla Firefox]
(numérotée 3.1), qui devrait arriver cette année, se concentre surtout sur une augmentation drastique des performances et sur l'intégration de nouveaux standards du web ». Une traduction devient nécessaire.
DRH : ou Directeur des ressources humaines. Staline disait que l'ouvrier était le capital le plus précieux ; tel est apparemment l'avis des néo-capitalistes, qui ont renommé leur personnel «
ressources humaines ». Voià qui ne manque pas de ressource, mais l'on est ici dans le mercantilisme le plus puant. Avant, on faisait partie du
personnel, on était donc une personne. L'on n'est plus maintenant qu'une
ressource, même si elle est 'humaine'. Voir
Collaborateur.
Driver (prononcer drivé [peut-être] ) : veut vaguement dire : piloter, mener, conduire, voire instruire, enseigner et tout un tas de verbes qui signifient apprendre quelque chose à quelqu'un : Ils ne font que relayer servilement la prose aseptisée d'agences bien drivées ou de dircom (dir-ecteur de com-munication : manipulateur professionnel).
Driver (prononcer draïveur [à peu près] ) : ça écorcherait la gueule des informaticiens que de parler français et de dire 'pilote' pour un programme d'installlation et de reconnaissance d'un matériel. Il faut régulièrement updater (mettre à jour) les drivers de votre modem usb. Le mot anglo-saxon driver vient du français 'dérive', 'dériver'. C'est vraiment le français à la dérive.
Droite (en politique) : synonyme de gauche, mais en pire. En un temps de mondialisation, toutes les valeurs sont confondues, pour céder la place aux géants de l’industrie, de la phynance et de la grande distribution. De telle sorte en effet qu’il n’y a plus de conflits d’opinions politiques, car la seule question est : à quelle sauce voulez-vous être mangé ?
A donné le verbe
droitiser :
une haute intelligentsia réputée de gauche, mais droitisée par son soutien à la guerre d’Irak. Voir
Gauche.
Droits de l'Homme : encore une tarte à la crème des journalistes, des médias, et de tas d'associations. En prenant prétexte que «
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », les « populations accueillies », ou des associations les défendant, nous flanquent cette expression à la gueule quand il y a une injustice quelque part.
Comment la France, patrie des Droits de l'Homme, peut tolérer (ou dire, faire) cela ? Les
médias (organes de presse) occidentaux, et surtout français, relaient ce concept jusqu'à la nausée.
Les partisans des
Droits de l'Homme sont des
droits-de-l'hommistes. Les
Droits de l'Homme devraient être renommés « Droits de l'Humain », pour quelques féministes enragées. Selon le modèle des « Droits de l'Homme », il y a maintenant les « Droits de l'Enfant » et même les « Droits des Animaux ». C'est ainsi qu'un article titre : «
Où en sont les droits de la femme aujourd'hui ? » Voir
Citoyen,
Différence.
Dû à : il existe bien en français l’expression ‘dû à’ : cela est dû à (provoqué par, occasionné par). Mais la traduction servile de l’anglo-saxon ‘due to’ s’emploie de plus en plus souvent au lieu de : en raison de, à cause de, à la suite de.
Dû à la vitesse excessive,
ce carambolage a fait de nombreuses victimes. On trouve même la graphie
due à, copie servile et aberrante (un terme anglo-saxon + préposition française) de l'anglo-saxon
due to, dont voici un exemple : "
Due à une erreur de Plug'n Play dans certains Bios ..." (traduction : en raison d'une erreur de '
Plug and Play' dans certains Bios)
(3). Ou encore cet exemple :
Si vous avez des problêmes (sic)
dûs à une mauvaise manipulation de la base de registres.
Ducon : nom d'une société spécialisée dans le contrôle de la pollution atmosphérique. « Ducon is a world leader, since 1938, in providing the most advanced technologies & equipment for controlling & measuring atmospheric emissions, greenhouse gases and related systems for a wide variety of industries ... » (www.ducom.com).
Traduction approximative :
Ducon est le premier du monde, depuis 1938, dans la fourniture de techniques et d'équipements les plus avancés pour maîtriser et mesurer les émissions atmosphériques, les gaz à effet de serre, et les systèmes pour une grande variété d'industries ... Comme aurait chanté Boby Lapointe « Pour une sonnerie, c'est une belle sonnerie ! » Voir
Pollution.
Durabilité : caractère de ce qui est durable. Les néo-crétins et néo-crétines emploient ce terme pour dire tout simplement durée, longue durée (Plus le mot est long, plus il donne l'impression de durée. Cf Perdurer, Pérenniser).
Cette carte est destinée à un public professionnel qui exige performance, qualité et durabilité. Ce genre de suffixation incongrue semble emprunté au patois anglo-saxon.
Voir
Acceptabilité,
Défectuosité,
Employabilité,
Faisabilité,
Infectuosité,
Payabilité,
Pénibilité,
Utilisabilité,
Vérifiabilité (etc.)
DVD (Digital Versatile Disk) [versatile signifiant : polyvalent] : disque numérique polyvalent. Disque numérique de grande capacité, à usages divers (audio, vidéo, multimédia…) La capacité des disques polyvalents numériques est supérieure à celle des cédéroms (= disques laser) et nécessite des appareils appropriés. On pourrait proposer 'DNM' : Disque Numérique Multimédia.
Dysfonctionnement : un des principaux atouts de la secte Micromou. Bugs, bogues, anomalies de fonctionnement, défaillances, dysfonctionnements, erreurs fatales … tout cela est pain béni pour cette firme qui vous propose de corriger toutes ses erreurs de programmation par une nouvelle version ou une mise à jour (payantes), – mais qui contiennent curieusement d’autres bugs, bogues, anomalies de fonctionnement, défaillances, dysfonctionnements, erreurs fatales… Et c’est reparti pour un tour !
Dysfonctionnement, c'est une anomalie fonctionnelle. Apparemment c’est pire qu’un défaut. Semble être la traduction de l’anglo-saxon malfunction. Quant à l'adjectif anglais dysfunctional, il signifie : qui a des problèmes. Dysfunctional family : famille à problèmes.
Ce terme, cependant, est maintenant très fréquemment employé, à propos d'un défaut physique ou autre : dysfonctionnement d'un appareil (= appareil merdique), dysfonctionnement d'un service (= des bandes de bons à rien), dysfonctionnement d'un organe (= organe presque foutu), dysfonctionnement de la police (= bavure)...
(1) Ce serait plutôt aux Allemands à faire ce travail de mémoire, non ? Qu'en disent Angéla Merkel, et les descendants des nazis ?

(2) Dans quel sens est pris le mot « droit » ?

(3) Plug and play (prêt-à-marcher, prêt-à-fonctionner) : technique qui permet de brancher directement un appareil usb sur un ordinateur sans arrêter ce dernier. Bios : ce n'est pas la vie comme en grec, mais c'est le premier programme lancé au démarrage de l'ordinateur (Basic Input/Output System : Système de gestion élémentaire des entrées/sorties). Il assure le lien entre les composants matériels et le système de gestion de disque ('OS').
