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« Les idées passent mal à la télé. »
Michel POLAC

« La perversion de la cité commence par la fraude des mots. »
PLATON

« Le "Politiquement correct" est la meilleure chose que l'on ait inventée pour permettre aux imbéciles de l'ouvrir
et obliger les gens de bon-sens à la fermer. »

Pascal PIGEOLET




 Lettre P



Pacemaker (prononcer peïssmékeur) : mot anglais signifiant stimulateur cardiaque. L'usage de ce mot s'imposait, puisque plus personne en France ne comprend l'expression « stimulateur cardiaque ». Semble dérivé du français : pince-mon-cœur. A ne pas confondre avec peacemaker : conciliateur ou artisan de la paix.

Pack : paquet, lot, ensemble. Par exemple : pack de bière, pack LiveTox, Service Pack 2 (pour Windaube). Le mot, par sa brièveté, semble séduire les partisans de la novlangue.

Package : ensemble ou forfait. Ce mot est employé partout et à toutes les sauces. Tel site propose un Package pédagogique multimédia, tel autre un Package redistribuable de Micromou etc. Lu sur une page internet : La Poste livre un package e-commerce (sic) pour les entreprises débutantes. Le groupe La Poste veut aider les TPE-PME à créer leur premier site Internet avec une dimension marchande (sic). Les voyagistes, quant à eux, proposent des packages, comme par exemple : Bons plans et Promos au pays du Futuroscope : Package au Futuroscope (toutes les majuscules sont dans le texte ; mais pourquoi 'plan' et 'pays' sont-ils avec une minuscule ?)

Avec un substantif refait : packaging (emballage, conditionnement).

Pacs : (PActe Civil de Solidarité ; se prononce comme le mot latin pax : la paix) : c'est un contrat conclu entre deux personnes majeures, de sexe différent ou de même sexe, pour organiser leur vie en commun. Que vient faire le mot solidarité, totalement inepte, là-dedans ? Cet ersatz de mariage a été lancé par le gouvernement socialiste pour démolir encore plus la notion de famille, et de saboter la paix (pax) des ménages. L'essentiel, c'est d'éviter la procréation naturelle. A quand le pacs entre un être humain et un animal ?

A ne pas confondre avec le mot latin pax (la paix, comme dans Pax Domini sit semper vobiscum), ni avec tampax, qui ne veut pas dire un pacs temporaire.

Pallier : ce verbe, normalement transitif, est employé la plupart du temps de façon intransitive pallier à : pour pallier à (= remédier à, compenser, obvier à) d'éventuels problèmes de lenteur.

Pallier signifie dissimuler un défaut ou une chose mauvaise (sens général), ou guérir de façon sommaire et non définitive (médecine). Pallier un défaut ne signifie donc pas le corriger, mais c'est le fait de le dissimuler. Et une solution, un remède palliatifs ne sauraient être que provisoires.

Pandémie : maladie à la mode (2009) qui, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'affecte spécialement pas les pandas. La banale épidémie d'avant la Grande Révolution Mondialiste (GRM) s'est transformée en pandémie. Grâce à la mondialisation et aux voyages internationaux, un brave homme de virus peut maintenant se propager, gratuitement, dans le monde entier, sans passer par les douanes, à la grande joie des laboratoires qui fourguent des millions de vaccins aux gouvernements de nombreux pays. Gageons que les vaccins inutilisés seront détruits, et non redistribués aux pays pauvres.

 Une nouvelle bactérie, appelée “ super-bactérie ” (parce qu'elle résiste à toutes sortes de médicaments), a fait récemment son apparition dans les chroniques de l'humanité souffrante. Quels lots de super-vaccins va-t-on nous fourguer ?

 Le cachalot va-t-il encore frapper ?
N'a-t-on caché que des lots (de vaccin) ?


À signaler qu'à partir de quelques dizaines de cas, les journalistes bien informés parlent de pandémie. De même que, selon les présentateurs du bulletin météo, 28°, c'est la canicule, et entre 0 et -5°, c'est un froid sibérien ou polaire.

Panel : désigne chez les gens de la manipulation télévisuelle et informative un groupe, une palette, un échantillon de personnes témoins (pour un produit, pour une émission de télévision). Notre émission se déroule devant un panel de 50 personnes désignées au hasard (hum ! Vraiment au hasard ?) Un panel d'étudiants [chinois] modèles accueille Barack Obama. Également dans le sens d'ensemble, lot, éventail : eBuy vous propose un panel d'outils pour promouvoir vos objets. A donné le mot panéliste : Je suis en train de répondre à une enquête de satisfaction Micromou, proposée par Ypsauce, dont je suis un fidèle panéliste.

Panel en anglais vient de « pan », qui désigne le document sur lequel on écrit le nom de tous les membres d'un jury. Il a fini par désigner le jury lui-même, c'est-à-dire l'ensemble des jurés d'un tribunal, tirés au sort.

Panier : désormais beaucoup de pages internet proposent des achats « en ligne ». A chaque article acheté, un bouton prie l'internaute d'ajouter [l'article] au panier. Et l'illustration montre ... un chariot (caddy). Panier ou chariot ? Ce n'est pourtant pas la même chose. On trouve aussi : Ajouter cet article à votre panier d'achats. On voit par ces exemples simples le degré d'ineptie des informaticiens qui réalisent les pages internet.



Il existe aussi un « panier de la ménagère », que les statisticiens essayent d'évaluer périodiquement. En lui mettant la main au panier ?
Papa (langage enfantin) : de plus en plus employé au lieu de 'père'. Comment va votre papa ? Voir Maman.

Papy : remplace désormais pépé ou grand-père (ou bon papa). Peut aussi signifie 'homme âgé'. C'est papy Mougeot ! Le pluriel peut être francisé en papys commme dans cet exemple : ... une petite poignée de papys écolos ou assimilés ont, ces dernières années, déclaré leur flamme à l'atome. Voir Mamy.

Par heure (tant de kilomètres par heure) : expression employée par les présentateurs du bulletin météorologique de la télévision française, au lieu de 'kilomètres à l'heure' ou 'kilomètre-heure' : Un vent de 100 km par heure. Sans doute une importation frauduleuse de l'anglais 'per hour'.

Parachute : quand il est suivi de doré, cela signifie une forme éhontée de rémunération de services d'un patron qui vient de ruiner une entreprise. Pour lui éviter une chute dans quoi ? A tout prendre, il vaut mieux un char à putes qu'un parachute, dixit loteur. Voir Stock options.

Paradis : est devenu laïc, par suite de la socialisation de la France : « Fin novembre, elle était venue faire connaissance avec les permanents de Solférino, à qui elle (Ségolène) avait promis une campagne "heu-reuse" dont la première étape serait la transformation de leur espace de travail en "paradis laïc" ». En voilà encore une qui croit au paradis !

Paradoxe : plus on imprime de livres, plus grand est le nombre d'illettrés.

Paranoïa : un des traits de caractère des populations étazuniennes : systèmes informatiques avec des mots de passe cryptés même pour votre ordinateur personnel, fouilles systématiques dans les aéroports de crainte qu'on ne transporte des matières explosives etc. Cette nation (les Étazunis) rend la vie impossible aux autres nations à cause de leur paranoïa sécuritaire.

Parité (du français pair : pareil, égal) : en politique, on parle d'assemblée, ou de commission paritaires, c'est-à-dire qui comprennent un nombre égal de membres issus de deux groupes différents ou opposés. Dans la novlangue, parité signifie égalité (pour une représentation nationale, par exemple). Parité hommes-femmes. On peut aussi trouver Josiane X, Candidate de la parité. Parité semble ici vouloir dire femmes, féminisme. Les féministes semblent confondre parité et complémentarité. Les journalistes relayent avec complaisance les revendications des féministes sur la parité, et présentent les femmes comme les éternelles victimes du machisme ou du sexisme. La parité (= égalité) est devenue une exigence essentielle de la vie politique, sociale, culturelle et linguistique d'une nation qui nivelle tout par le bas.
 Parité

Perle recueilli sur internet : «Il n'y a pas de grandes différences neurologiques entre les sexes. Il peut y avoir de légères variations entre le cerveau des femmes et des hommes, mais le "câblage" (sic) est souple, malléable et modifiable.» Ah bah, si quelqu'un(e) est idiot(e), ce n'est qu'une erreur de "câblage".

A noter que si beaucoup de femmes militent pour la parité, d'autres groupes militent pour la diversité. Parité, diversité ... y'en a pour tous les goûts.

Parler journalistique : il est une façon de parler chez les journaleux, consistant à relater de façon pleurarde, geignarde, moralisatrice et mécanique, anti-naturelle au possible, les événements dont ils sont parfois les témoins. On a envie de se boucher les oreilles ou de passer sur une autre chaîne, tant leur ton est crispant. Cela fait penser au déhanchement artificiel d'un mannequin lors d'un défilé de mode. Une autre façon de parler est celle adoptée par les présentateurs de prétendus journaux télévisés, et surtout par les animateurs d'émissions prétendument de divertissement : faire porter l'accent tonique (qui n'existe pas en français, à part les accents dits d'emphase) systématiquement sur la première syllabe d'un mot. Cela devient vite horripilant. On devrait exiger qu'ils prennent des cours d'élocution. Voir Hystérie.

Partenaires sociaux : adversaires politiques. Un tour de force des partisans de la novlangue politico-journalistique que de faire dire à une expression le contraire de ce qu'elle signifie.

Participatif : de nos jours, tout est devenu participatif : un débat, la démocratie etc. Le propre d'un débat ou d'une démocratie, c'est justement d'être « participatif », c'est-à-dire que tout le monde puisse y participer. Encore une idée qui ne veut rien dire. Voir Démocratie participative.

Entendu sur la french TV un néo-concept, celui de météo participative. Il s'agit en fait d'informations sur le temps (et non sur la météo) dans telle ou telle région données par des internautes.

Rappel : théoriquement, l'adjectif participatif appartient au vocabulaire de la finance, et signifie : 'qui correspond à une participation financière' : prêts participatifs.

Pas que : encore une trouvaille des publicitaires. Vu sur une publicité : Des fruits et pas que ! (pas uniquement). Mais jusqu'où iront les gens de la publicité pour dénaturer le français ? A moins qu'il ne s'agisse d'une pub déguisée pro-chrétienne.

Passé simple : trouvé sur une page internet : C'est ainsi que naissa "Vendredi si ça me dit". Naissa ? Naquit ? J'en avais pas connaissance.

Dans le même ordre d'idée, trouvé sur un autre site : [...] car Cortex le trahisit en faisant passer son travail pour le sien. Ou bien encore cet exemple sidérant, où le passé simple est mis sous deux formes différentes pour deux verbes réguliers du premier groupe : « L'homme, par nécessité de compter et de dénombrer diverses choses (bêtes, hommes ou objets), exploitât peu à peu tout ce qui lui tomba sous la main pour y arriver ».

C'était notre rubrique Le passé simple est un temps passé tout simplement dépassé.

Passif, voix passive : s'emploient de plus en plus à la place de la voix active, à l'imitation des Anglo-Américains : Ce programme n'a pas été quitté correctement. La page que vous demandez est en train d'être générée (sic. Quel style de dégénéré). Ces listings [= listes] se sont révélés falsifiés. Vous allez pouvoir être joint. Un autre opérateur peut s'être vu attribuer (sic) ces numéros par l'ARCEP. D'autres adresses sont susceptibles d'être concernées [cela peut concerner d'autres adresses]. Et l'on ne compte plus les constructions du type : je me suis vu suspecter d'être « politiquement correct ». Ou bien : Les élèves de CM1 et CM2, dont on voit qu'ils ne seront pas capables de suivre en sixième, se verront proposer un stage de remise à niveau ( ... dont on voit ... se verront ... ce style vient d'une sommité de l'Éducation dite nationale).

S'emploient aussi avec des verbes intransitifs, alors même que la voix passive requiert un verbe transitif : La plupart des demandes qui me sont adressées sont déjà longuement répondues (sic) dans le site... Deux ou trois personnes ont été indiquées par certains témoins comme étant sur le lieu de l'explosion, ou bien : Il n'a pas été réfléchi (passif illogique ; en français « normal » : on n'a pas réfléchi) à la réalité démographique et à l'augmentation considérable de l'espérance de vie. Ce programme a été dernièrement accédé le... Les fichiers cachés ne pourront être accédés que si... : charabia d'informaticien, signifiant : Dernier accès au programme le, Vous ne pourrez avoir accès aux fichiers cachés que si... Assez de passivité face aux envahisseurs anglo-saxons et aux informaticiens !

Sur le plan linguistique et symbolique, il faut remarquer que la voix passive induit une désimplication du sujet, acteur ou agent, en faveur de l'objet. L'accent est donc mis sur l'objet, sur lequel porte l'action, et non plus sur le sujet qui accomplit l'action. Ce programme n'a pas été quitté correctement n'est pas du tout la même chose que “Vous n'avez pas quitté ce programme correctement”. Les partisans de la néo-langue veulent de plus en plus désimpliquer les sujets que nous sommes. Donc, plus de responsabilité. De plus, l'information est diluée, et parfois à peine compréhensible. Très pratique pour ceux qui veulent camoufler la réalité.

Patch : que ce soit pour tenter d'arrêter de fumer ou pour réparer les continuels dysfonctionnements d'un programme de la secte Micromou, vous avez besoin d'un patch : un timbre ou une pastille à coller sur la peau pour arrêter de fumer, ou un correctif pour les programmes défaillants. L'on ne voit pas pourquoi un terme anglais ferait mieux l'affaire.

NB. Patch veut dire pièce (pour repriser), rustine (pour réparer). Il s'agit donc d'un « bricolage » – attitude typique de la secte Micromou (patch informatique) ou des officiels gouvernementaux (patch anti-tabac).

Patchwork (barbarisme) : habit d'arlequin, mélange (de couleurs), bigarrure. Se dit de toute composition où entrent divers éléments de formes et de couleurs différentes : habit, couverture, tapis, etc. En anglais, ça doit avoir meilleur effet.

Paternité : la paternité, c'est le fait d'être père. C'est aussi, en français, le fait d'être l'auteur de quelquechose : revendiquer la paternité d'une expression, d'un brevet. Ou même d'une œuvre littéraire : Un dandy revendique la paternité de l'inédit de Rimbaud. En ce sens, une femme peut parfaitement revendiquer la paternité de quelque chose. A moins que les ligues féministes et les Chattes de garde ne haussent un sourcil soigneusement épilé. Une paternité ? Pour une femme ? Lu dans la presse : la compagne d'une lesbienne, qui s'était fait inséminer artificiellement et qui venait d'accoucher, a réclamé ... un congé de paternité qui, curieusement, lui a été refusé.

Une recherche sur Google donne surabondamment des liens vers des sites traitant de congés de paternité ou de recherche de paternité. Il n'y a que ces aspects-là qui intéressent les internautes, semble-t-il.

Pâtisserie : la pâtisserie française est sans doute celle qui est le plus accusée de racisme au monde à cause de nombreux termes qui ne sont pas 'corrects' linguistiquement. Par exemple, la délicieuse « tête de nègre », qui est une meringue au chocolat avec de la ganache, a été rebaptisée « meringue choco » ou autre ineptie de ce genre, pour ne pas froisser certaines parties de la population. Autres exemples :

• l'antillais est une crème au beurre génoise imbibée de rhum avec des raisins dans une coque de chocolat
• le négus est un gâteau feuilleté en couches superposées fourrées de crème au beurre au chocolat, entièrement masqué de chocolat, avec sur le dessus des noisettes hachées prises dans le chocolat.
• le mexicain est une pâte à biscuit cacaotée fourrée de crème au beurre au chocolat, abricotée et recouverte de fondant au chocolat, avec un décor à la glace royale blanche.
• le brésilien ? Cest une couronne de pâte à biscuit aux amandes et à la vanille, entièrement glacé de chocolat, avec décor d'amandes effilées.
• et le marocain est une superposition de disques de pâtes sèches à la pâte d'amandes et abricot, séparées par une crème au beurre chocolatée et aux noisettes, le tout abricoté et glacé de fondant au chocolat.

Ces renseignements sont issus de la page :

http://www.forum-auto.com/les-clubs/section7/sujet241270-210.htm

Alors là, les pâtissiers, ou le fond de commerce du FN ? On aura tout vu en matière de d'accusations ridicules. Quant aux champignons « tête de nègre », qui sont des bolets, comment peut-on les renommer ? Les Allemands les appellent Steinpilz ou 'champignons de pierre', car leur chair est très ferme. Doit-on faire de même ?

Patrie : concept désormais dépassé, grâce aux partisans du mondialisme. La patrie, la terre de nos pères, de nos grands-pères, de nos aïeux, ne vaut plus rien pour les politiques et surtout pour les grands intérêts financiers. « Les patries sont toujours défendues par les gueux, et livrées par les riches » (Péguy). Ce qui favorise l'envahissement des patries européennes par des populations venues d'ailleurs pour les piller.

Les patriotes passent pour des ringards, des fossiles, voire des partisans du FN. Les partisans de la mondialisation diabolisent (honnissent) tout ce qui représente de la valeur.

Payabilité : qu'on peut payer, qu'il est possible de payer.

Voir Acceptabilité, Défectuosité, Durabilité, Employabilité, Faisabilité, Infectuosité, Pénibilité, Utilisabilité, Vérifiabilité (etc.)

Pays, villes : on affecte de plus en plus d'écrire et de prononcer les noms de villes et de pays étrangers comme dans leur langue d'origine : Angora est devenue Ankara (elle a un beau chat ankara), Tiflis est devenue Tbilissi (Тбилиси), le Dantzig prussien est devenu en polonais Gdansk (parle-t-on maintenant du Couloir de Dantzig ou de Gdansk ?), le Bengale est devenu le Bengladesh (Ah, les fiers lanciers du Bengladesh !), Ceylan est devenu Sri Lanka (aimez-vous le thé du Sri Lanka ?). La Birmanie ? le Myanmar (terme adopté par l'ONU). On parle maintenant de chat myanmarais.

 chat myanmarais
Un chat myanmarais, – qui n'a pas l'air de se marrer.

La Biélorussie ? – c'est maintenant Bélarus ou Belarus (ces mots sont surtout utilisés par nos amis Anglo-Américains). Lu sur internet : Le Bélarus (au fait, pourquoi le ?) élit son Parlement, scrutin clé pour un avenir européen. Il serait plus facile de garder le nom français : la Biélorussie, ou alors, à la rigueur, la Russie Blanche.

Quant à Pékin – – , c'est maintenant Beïjing (Vous avez vu ce beïjing dans la rue ? ou Prenez-vous du potage beïjingois au restaurant chinois ?) Depuis les Jeux Zolympiques de 2008, on voit maintenant ce mot partout. En plus, très peu de personnes connaissent la transcription pinyin et le système polytonal chinois : beïjing ne se prononce évidemment pas beïjing, comme affectent de le prononcer les journaleux, mais à peu près peï (3ème ton) tjing (1er ton) [Pékin signifie ville ou capitale du nord en chinois]. Enfin, la capitale de la Chine n'a pas changé de nom en chinois, il est donc inutile d'en changer le nom en français, comme font les journalistes dans leur zèle iconoclaste. Dans ce cas-là, on devrait dire Nanjing (Nankin), Hsiang Kang ou Xiang gang pour Hong Kong etc.

Plus modestement Téhéran est devenue Teheran, sans accents, Istamboul est écrit Istanbul, Calcutta a pris le nom de Kolkatta (plus de jeu de mots possible). Quant à Sumatra, le nom est désormais prononcé Soumatra par les journalistes. Et l'Irak est devenu l'Iraq : énorme progrès ! Ce qui n'empêche pas un journaliste d'écrire : Elle oblige d'abord à revenir sur la question irakienne. Et quelques lignes plus bas : Car ce n'est pas de leur fait que la paix règne à présent en Iraq.

Pourquoi la Chine –  Tchong Kouo = La Chine – n'est-elle pas devenue Tchong Kouo (ou pire Zhong Guo en transcription pinyin) : le Pays du Milieu ? Heureusement que Paris restera toujours Paris, et la France la France. Quoique …

Une autre manie, due à l'ignorance des journalistes, et d'accoler le terme anglais City à un nom de ville : à Koweit City = à Koweit, la ville ; à Mexico City = à Mexico, la ville ; et ce, pour la différencier du pays. Mais on dit en français au Koweit (le pays), au Mexique (le pays) ... Pourquoi pas Luxembourg City ou Andore City ? Et puis, qui n'a pas été choqué par cette manie horripilante des journalistes de dire : en Haïti, au lieu de à Haïti (on emploie la préposition “ à ” devant de grandes îles dont les noms sont féminins).

Enfin, dans cette rubrique, il n'est pas inutile d'épingler les manies langagières d'un grand nombre de journalistes : la cité phocéenne en parlant de Marseille, la ville lumière (ou la plus belle ville du monde) pour Paris, la cité girondine (Bordeaux), l'Île de beauté (la Corse), l'Hexagone pour la France, les Tricolores en parlant des Français (alors que beaucoup de drapeaux du monde sont tricolores) etc. etc. etc.

Paysage : site, vue, spectacle de la nature à caractère romantique et qui font rêver : un joli paysage, « Votre âme est un paysage ... ». Ce mot, d'abord appliqué à la peinture, est passé dans le vocabulaire novlangais. De nos jours, plus prosaïquement, une paysage est un état, une situation, un aspect ; tout le monde connaît le Paysage audiovisuel français (acronyme : PAF, avec ses nombreux jeux de mots), on parle aussi du paysage de l'emploi etc. Et ça, ce ne sont pas des situations qui font rêver !

Paysan : n'existe plus. On dit maintenant agriculteur ou exploitant agricole. Plus de paysan = plus de pays ! Dans la foulée, un vigneron est devenu un viticulteur.

PC (personal computer : ordinateur personnel) : le terme PC se voit partout, bien que l'abréviation française ordi (pour ordinateur) gagne du terrain. L'on ne peut que reprendre ce qui a été maintes fois dit : les PC (ordis) sont des instruments de néo-crétinisation efficaces et pervers. Le consommateur dépend d'une technique (matérielle / logicielle) qui va toujours de l'avant et qui est vite démodée ou obsolète, obligeant la personne à mettre constamment à jour son matériel ou à acheter un autre, plus 'performant' (efficace). Cette course effrénée à la performance tient chaque consommateur prisonnier des marchands de matériels et de logiciels.

PC est aussi l'abréviation courante de politiquement correct, de pauvre conCasse-toi, PC ! »), voire de Parti communiste.

Pécresse (Valérie, 1967 - ?) : grande déclinologue française. A notamment affirmé : « Le français est une langue en déclin ». Pour cette remarquable découverte, elle a été nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (2007).

Pédale douce (mettre la ~) : y aller en douceur, y aller mollo (fam.), ralentir. Expression utilisée soit dans le vocabulaire des sports, dans dans la vie courante. N'a donc rien à voir avec un homo particulièrement efféminé, – comme dans le film du même nom. HotZone n'est pas arrêté, mais Yahoo aurait décidé de mettre la pédale douce et de renoncer plus ou moins à ce type d'expérience.

Pedigree (prononcer pédigré): mot anglais signifiant « extrait généalogique d'un animal de pure race » ( ). Mais c'est maintenant employé dans le sens de carte d'identité, ou de 'casier judiciaire'. Quel est le passé, le pedigree de cet individu ? demande un journaliste. Ou Vérifie son pedigree, demande à propos d'un suspect un policier à son collègue. Les journalistes et les flics prennent vraiment les citoyens pour des chiens.
( )  Pedigree vient en fait du français « pied de grue », et désigne une trace faite de trois traits, – comme pour marquer la descendance à partir de deux parents.
Pédophile : un pédophile aime les enfants, – sans forcément attirance sexuelle. Anciennement pédéraste, pédérastie = attirance vers les garçons ou les enfants. La pédérastie (ou pédophilie) fait partie de ces crimes à la mode, qui valent à ceux qui en sont simplement soupçonnés ou dénoncés les foudres d'une justice aveugle (procès d'Outreau, affaire Polanski, pédophilie au sein de l'Église Catholique) et la vindicte d'une opinion publique fortement mobilisée. Un homme ne peut même plus déclarer qu'une fille de treize ou quatorze ans peut être sexuellement attirante, sous peine de procès pour pédophilie (Lewis Carroll passerait de bien mauvais moments !) Pour ce qui est de l'horreur qu'ils inspirent aux masses manipulées par la télévision, les crimes contre l'enfant sont en effet placés maintenant sur le même plan que les crimes nazis. La pédophilie, c'est le Mal absolu. Alors que des enfants de plus en plus jeunes commettent des délits en toute impunité ou presque. Voir Enfant, Prêtre.

Lu sur un journal gothique du soir : « Il lui est reproché d'avoir consulté sur des ordinateurs de TF1 et à son domicile des sites pornographiques à caractère pédophile mettant en scène des mineurs ». Si vous connaissez des actes de pédophilie concernant des personnes majeures, merci de le faire savoir à loteur. Forte récompense.

NB Les autorités considèrent que la pédophilie concerne des actes sexuels avec des mineurs de moins de treize ans. Entre treize ans et la majorité (variable selon les pays) il y a un flou. De toute façon une fille est considérée comme nubile dès qu'elle a ses règles, c'est-à-dire vers treize ans (en général entre onze et quatorze ans).

Question idiote : l'éducation intellectuelle est prodiguée aux adolescents par des adultes ; pourquoi pas l'éducation sexuelle ? Le simple fait de poser cette question est un scandale pour beaucoup.

Pénétrer : ce verbe est de plus en plus employé de façon transitive par beaucoup de novlangais : Une perturbation va pénétrer la France, amenant de la pluie... (une présentatrice de bulletin météo à la french TV). Le piratage peut permettre de cloner des cartes Mifare Classic, afin de pénétrer des bâtiments ou d'emprunter l'identité de quelqu'un d'autre (revue informatique).

En français, le verbe pénétrer utilisé de façon transitive se rencontre dans des expressions comme pénétrer une femme par exemple.

Pénibilité : terme signifiant : caractère pénible de quelque chose. La pénibilité de ce travail est excessive. Le suffixe ~ilité (parfois réduit de façon aberrante en ~ité) fait partie des suffixes à la mode.

Voir Acceptabilité, Défectuosité, Durabilité, Employabilité, Faisabilité,Infectuosité, Payabilité, Pénibilité, Utilisabilité, Vérifiabilité (etc.)

Pensée unique : sur le mode de la « monnaie unique », cette « pensée » économique libérale (= capitaliste) fait partie de la mondialisation. On appelle pensée unique un conformisme intellectuel, largement diffusé par les médias, et selon laquelle une entité supérieure (un État ou l'Europe) serait mieux placée que les individus pour décider de ce qui est correct ou pas, et défend de faire différemment. Autrement dit : Dirigisme & Inquisition. Pensée unique ou pensée inique ? Telle est la question que l'on peut se poser devant cette machine à décerveler le citoyen. En fait, la pensée unique ne semble être qu'une sorte de doxa, ou ensemble d'opinions floues et mal définies, mais qui n'en sont pas moins contraignantes. Voir Politiquement correct.

Discours d'un comique officiel : « Je veux en finir avec le politiquement correct et avec la pensée unique, qui est le point de rencontre de tous les renoncements, de tous les sectarismes, de toutes les arrogances.

Je veux en finir avec la pensée unique qui nous a mis dans la situation où nous sommes, qui s'est trompée sur tout, qui a échoué sur tout, qui a creusé les déficits, qui a augmenté le chômage, qui a fait exploser la pauvreté, l'exclusion, la précarité, qui a raté l'intégration, qui a laissé se développer les discriminations, qui a installé le communautarisme, qui a abaissé l'autorité de l'Etat, qui a affaibli l'identité nationale, qui a fabriqué l'échec de l'école, qui a dévalorisé les diplômes et le travail, qui a favorisé l'assistanat.

 Attention ! Poison
Tout devient possible

Je veux en finir avec la pensée unique qui dit que la politique ne peut rien faire pour changer quoi que ce soit et qu'elle ne peut rien dire sur rien. Parce qu'à force de ne rien faire, à force de ne rien dire, à force de ne rien penser, on finit par laisser le champ libre à tous les extrémismes
».

Source : Discours Villebon-sur-Yvette (20.03.07)

Récidive, un peu plus tard : “ La politique doit imposer de l'audace et encore de l'audace aux administrations, aux experts, aux notables, aux frileux. (…). Je vois bien que la pensée unique est de retour. Comme toujours, après avoir subi une défaite, elle revient à la charge. On la voit s'insinuer partout et s'opposer à tout. Je le dis tranquillement mais fermement, son règne est terminé ”. Il est étonnant qu'un partisan de la Pensée unique se fasse l'adversaire de la Pensée unique, mais ce n'est pas là le moindre paradoxe concernant ce personnage historique.

People (prononcer pipeul ou pipole) : mot à proscrire et qui signifie à la fois : vedettes, célébrités, personnalités, mondanités, potins mondains, voire grand public ... Presse people : curieusement, cette presse ne relate que la vie exaltante et glorieuse des vedettes de l'écran ou de la société, dont on n'a que foutre, et non du peuple, des petites gens. Le PS appelle les people à la rescousse. On peut lire sur un site internet très connu la phrase suivante : « People - Potins de stars : découvrez l'actualité de vos célébrités préférées ». La presse pipole, une presse pour pipelettes ? Relevé dans Yaoù? à propos du fils d'un joueur de tennis : Mon papa à moi est un people (traduction en vieux français : mon père est célèbre, mon père est une célébrité). Entendu de la bouche d'un présentateur de journal télévisé : peopeulisation, peopeuliser (sic). Comment écrire cela ? Pipeuliser ? Peopeuliser ? Pipoliser ? Françaises, Français, eh bien, sachez-le maintenant : le français n'est plus écrit ; il est devenu faux-nez-tique. Aux dernières nouvelles, les graphies pipole, pipolisation tendrait à émerger.

On trouve également le mot aux pluriel, – alors qu'il est invariable en anglais : « Fabius dénonce 'Un championnat d'Europe des paillettes et peoples' au sein du PS » (avec une apostrophe ' de bon aloi).

A ne pas confondre avec le mot français 'peuple', pris adjectivement, et qui signifie exactement le contraire : terme peuple, il est très peuple...

Percuter : comprendre, saisir, piger, imprimer ... mais plutôt de façon brusque, inattendue, à la manière d'un percuteur d'arme à feu. Alors là, j'ai pas percuté !

Perdurer : s'emploie de plus en plus chez les adeptes du parler hexagonal à la place du simple 'durer'. L'exhumation de ce document survient alors que perdure depuis la réunification un sentiment de nostalgie.. Peut-être que, comme le verbe est plus long, cela donne l'idée de durer plus longtemps, ou bien alors il y a analogie avec le verbe persister (?) ... le chlordécone, dont l'action dans le sol peut perdurer une centaine d'années, a été remplacé par des « pièges à phéromones ». Si l'action du chlordécone perdure une centaine d'années, ça déconne vraiment, ça perdéconne.

A donné le substantif perdurance, comme dans cet exemple : « Il y a des perdurances qui donnent de l'unité au phénomène judéo-chrétien... » Par contre, si l'on a l'adjectif verbal durable, on n'observe pas (pas encore, du moins) l'adjectif perdurable.

Le verbe perdurer serait, dit-on, d'origine belge.

Pérenne, pérenniser : le verbe pérenniser est employé dans le sens de rendre stable, durable, permanent, perpétuel, maintenir, rendre pérenne (éternel). On se souvient peut-être des mots de Montaigne sur la branloire pérenne (balançoire perpétuelle, éternelle). « Le monde n'est qu'une branloire pérenne ». Mais l'emploi des termes pérenne ou pérenniser assure un minimum de sérieux à tout cuistre doué de parole. Le ministre français a indiqué qu'il demanderait à la Chine, principal allié de la junte militaire birmane, d'agir avec la France pour « pérenniser » la mission de l'envoyé spécial de l'ONU en Birmanie. 'Pour faire durer', 'pour rendre permanente ou durable' aurait été trop un banal. La municipalité de La Verpillière, en Isère, a décidé de ne pas pérenniser (maintenir) le créneau horaire réservé aux femmes à la piscine communale.

Avec l'adjectif pérenne : Lionel Jospin s'est engagé, lors de la Convention nationale du parti socialiste sur l'entreprise, à « assurer des ressources pérennes (stables, durables) au service public et à éviter des détournements excessifs de flux d'argent vers les chaînes privées. » Voir Perdurer.

NB : pérenne signifie en français soit qui dure toute l'année, soit qui dure longtemps.

Perforer : traverser en faisant un ou plusieurs petits trous. Mais un malheureux journaliste écrivit sans sourciller : « L'explosion due à la perforation d'une conduite de gaz mardi à Bondy a fait un mort et 47 blessés ». Cette perforation était due à une pelleteuse, laquelle peut difficilement perforer une conduite de gaz. Elle peut, à la rigueur, la défoncer, l'éventrer, la percer, la rompre, la casser...

Performant : 'efficace' ou 'très efficace', ou même 'perfectionné' ou 'très perfectionné'. Importation frauduleuse de l'anglo-américain : mot emprunté au monde hippique et au domaine du sport en général, transposé dans des domaines techniques ou humains. Le nouveau collaborateur est très performant. Il existe des firewalls (pare-feux) simples, performants et même gratuits. On a affaire à des systèmes de plus en plus performants.

A noter l'expression « sous-performant » dans le langage boursier, avec un sens incompréhensible : Depuis le début de l'année, l'action d'Apple a perdu 17% (sur la base de la clôture de vendredi), sous-performant (???) le Standard & Poors 500, qui perdait sur la même période 14%. Sous-performant = aux résultats moindres ? aux résultats pires ?

Performatif : dimension performative – dont l'action est réalisée, accomplie en même temps que son énonciation : si quelqu'un dit « je parle », c'est performatif ; si maintenant j'écris « j'écris », c'est performatif. La notion de performativité a été développée par le philosophe John Langshaw Austin dans son ouvrage Quand dire c'est faire (1962). C'est vrai que ce concept manquait terriblement à notre vocabulaire d'analyse de la réalité, quand tout le monde parle pour ne rien dire.

Périphérique : tout appareil branché sur un ordinateur. Veuillez enlever les périphériques branchés sur les ports usb de votre ordinateur… Et là, la circulation n'est pas limitée à 80 km/h, comme sur nos voies périphériques, mais peut aller jusqu'à quelques MO/s (MO/s = méga-octets ou million d'octets à la seconde).

La périphérie désigne aussi l'entourage, les proches. Entendu de la bouche d'un chirurgien : La vue du patient dans un tel état peut choquer la périphérie ( !? ) Voir (Dommage) collatéral.

Périple : ce terme qui signifie normalement faire le tour en bateau, est maintenant employé dans le sens de voyage, grand voyage, voire simplement trajet, circuit. Un périple en famille : A la découverte des visages et des paysages d'Asie Centrale.

PS qui n'a rien à voir : aux dernières nouvelles, l'Asie centrale n'est pas une mer navigable.

Perso : dans le sens de personnel. Se la jouer perso (de façon personnelle, égoïste).

L'on peut parler d'effet accordéon : en face d'abréviations et de simplifications (perso au lieu de personnel, consulte au lieu de consultation, résa au lieu de réservation, annu au lieu d'annuaire, actu au lieu d'actualité etc.), l'on assiste à l'allongement des mots (perdurer au lieu de durer, durabilité au lieu de durée, défectuosité au lieu de défaut etc.), ou on recourt même à des expressions entières : procéder à une acquisition au lieu d'acquérir, ou procéder à un achat au lieu d'acheter etc.

Pervasif : c'est, en parlant d'un réseau, un métaréseau unique, omniprésent à l'intérieur des bâtiments comme à l'extérieur. Lu sur internet : Le Réseau Pervasif est technologiquement «agnostique» (qui permet d'intégrer plusieurs systèmes). Il est un peu pervers, tout ce vocabulaire, mi-religieux, mi-technique. Voir Agnostique.

Pesticide : anglicisme. Ça ne veut pas dire : qui élimine la peste (il y a longtemps qu'elle est éradiquée en Europe), mais cela signifie insecticide, herbicide ou fongicide (pest = insecte, parasite en anglois). Ces pesticides (insectides, anti-parasites) empoisonnent les sols et la santé des humains ... Déclaration d'un ministre : « L'occasion se présentait de replanter avec peu ou pas de pesticide, d'aller vers la banane zéro pesticide » (= sans insecticide). Pour le français, c'est vraiment zéro pour la question, Monsieur le ministre. On emploie pesticide dans l'agriculture uniquement, semble-t-il. Mais pour le bois, par exemple, on utilise 'fongicide' ou 'insecticide'. « A part quelques essences rares et pas suffisamment disponibles pour la construction, la quasi-totalité des bois demande un traitement au minimum fongicide et insecticide pour une utilisation dans le bâtiment ». Tout cela est importé frauduleusement de l'anglo-américain.

L'on aurait tendance maintenant, paraît-il, à employer le terme phytosanitaire à la place d'insecticide ou de pesticide. Énorme progrès, surtout quand on ne comprend pas le sens exact de ce néo-mot.

Pet, péter : c'est nouveau, ça vient de sortir. Une bonne femme entre dans un ascenseur bourré de mecs, émet une série de pets, en fait ce n'est que son téléphone portatif qui sonne. Gros rires. Ce genre de scatologie semble amuser le public. La pub, c'est la fiente de l'esprit. Quand est-ce que la pub montrera quelqu'un en train de faire son tas en public pour vanter les mérites d'un laxatif ? Voir Déglutition.

NB : pet en anglais, c'est un animal familier (chien, chat, canari, lapin, hamster, crocodile, python voyageur...)

PET : lu sur un site écolo à propos du tri sélectif : « Nos emballages consomment eux aussi cette énergie et ces matières premières. L'aluminium est obtenu à partir de bauxite, l'acier à partir de coke et de minerai de fer, le verre avec du sable, le papier-carton avec du bois, le PET est fabriqué avec du pétrole... » Le PET est fabriqué avec du pétrole ! Il y a pourtant des façons plus simples de le faire. En fait le PET est du Poly Éthylène Téréphatalate. C'est une matière plastique transparente utilisée pour la fabrication de bouteilles pour l'eau, les boissons gazeuses, le vin, l'huile… Cette matière peut être teintée en bleu, vert, marron... Lu sur une pub à propos d'un chargeur de piles :
Caractéristiques environnementales
Métaux lourds Sans cadmium, Sans mercure, Sans plomb
Matériau de l'emballage PET
Type d'emballage Blister
Pourvu que le matériau de l'emballage ne pète pas !

Péter (se la ~) : expression populaire et/ou vulgaire signifiant à peu près 's'éclater', 'prendre un grand plaisir à qch'. Entendu d'un présentateur de la french TV, qui se pose en toute vulgarité cette question : « Peut-on être un imam qui enseigne le Coran et l'islam, et qui se la pète en surfant sur les vagues de l'océan ? » (en parlant d'un imam australien). Ces présentateurs sont d'un distingué !

Petit ami, petite amie : paléo-crétinisme. Dans une époque qui dévalorise tout, on entend maintenant ces expressions : Elle a une petit ami ? Il a une petite amie ? On aurait demandé, avant : A-t-elle un amoureux ? A-t-il une amoureuse (un béguin etc.) ? Non seulement tout est traité de « petit », mais encore on confond allègrement amitié et amour.

Quelques anciens se souviendront peut-être du fameux sketch de Jacques Legras, entrant chez une droguiste et lui demandant si elle n'avait pas un « petit tamis ». La plupart des droguistes avait compris « petit ami », avec les réactions outrées que loteur vous laisse supposer.

Petit-nègre (parler ~) : expression bien française dorénavant interdite, tout comme ce qui met en jeu des nègres ou noirs. On va sans doute bientôt aussi interdire l'expression 'parler comme une vache espagnole' (= comme un Basque espagnol), connaissant les tendances au terrorisme des Basques espagnols. Voir la rubrique Mots interdits.

Petite phrase : phrase parfois à sous-entendus, destinée à des sous-entendants, lâchée par un homme ou une femme politiques, par un homme ou une femme publics, et que guettent avidemment les journalistes pour alimenter leurs chroniques. Par extension : politique, art de faire de la politique. La petite phrase a un contenu explicite quand elle s'adresse aux masses laborieuses, exemple : « Pour faire face à la hausse du prix du pétrole, je conseille aux Français de faire du vélo », Christine LAGARDE, ministresse de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi. Petite phrase, mais grande pensée.

Petite taille (de) : euphémisme hexagonal et bien-pensant désignant un nain. Un homme, une femme de petite taille. Cette façon de plus en plus édulcorée de penser, – sans vouloir offenser ceux atteints par cette infirmité –, affadit le langage et la pensée. Voir Nain.

Cela fait penser aux réclamations ridicules de nombreux citoyens, qui ont exigé que le département de la 'Seine inférieure' (dans le cours inférieur de la Seine) soit renommé 'Seine maritime'. Autres exemples : Pyrénées Atlantiques au lieu de Basses Pyrénées ; Tremblay en France au lieu de Tremblay lès Gonesse, à cause d'un jeu de mots anti-féministe. On se demande pourquoi Bourg-la-Reine n'a pas été rebaptisé ; peut-être l'esprit de sans-culottes est satisfait de pouvoir « bourrer la reine ». Voir Mal-entendant, Mal-voyant, Mal-comprenant, Non-voyant.

Peu ~ peut : grâce à la méthode globale, beaucoup de personnes emploient 'peu' pour 'peut' (et inversement). Avec BootSkin, finit (sic) les risques de plantage du système et autres multiboot peut pratique (sic). Comme on l'a déjà fait remarquer, le français a tendance à devenir fauxnétique.

Phase : ce doit faire chic ou scientifique que de dire phase pour décrire une situation : « Il semblerait que Roger Media du Gard, le prestataire chargé par l'Hadopi de recueillir les infractions sur les réseaux peer-to-peer, soit déjà en phase de tests ». Ou bien ces paroles de la ministresse Grosseline Machelot : « C'est le premier département de France en phase épidémique (touché par l'épidémie ? où se développe l'épidémie ?) Ma visite s'imposait naturellement ». Ce style est naturellement emphatique.

~phobe, ~phobie : suffixe à la mode. Accolé à un nom, signifie maintenant le rejet (et non plus la peur, sens initial grec) de quelque chose. Suffixe très prisé par toutes sortes d'officiels, de journalistes et par tous les tenants de la pensée inique. Exemples : homophobie, islamophobie où le suffixe phobie remplace de fait le préfixe anti C'est ainsi qu'en face d'anti-sémitisme on a islamophobie, comme dans cette déclaration d'un ancien président : « Il n'y a pas de place dans la République pour des antisémites ou des islamophobes. […] L'antisémitisme et l'islamophobie seront condamnés avec la même sévérité ».

Nota : l'anti-sémitisme est le rejet des sémites, et les Arabes (pour beaucoup musulmans pratiquants) sont aussi des sémites.

Il est à signaler un sens de "phobie", pris pour passion ou intérêt. Il a la phobie de la photo (il est passionné de photo).

Phocéenne (la cité ~) : pour les journalistes, surtout de sport, ça fait mieux que Marseille tout court. Fait partie des clichés comme l'Île de Beauté (la Corse), l'Hexagone (la France) etc.

Physicien : chez certains ignares imbus d'anglicismes, ce terme est synonyme de médecin : Jésus-Christ, le plus grand des physiciens (sic), insista sur l'importance du pardon. On savait bien que Jésus-Christ était supérieur à Einstein. Importation frauduleuse de l'anglais physician = médecin.

Il est cependant à noter qu'en vieux français, physicien signifiait médecin, mais cette signification s'est perdue.

Pictogramme : voir Image.

Pieds plats (avoir les ~) : ce défaut physique est devenu un terme de mépris (≈ homme du peuple, maladroit, sot, benêt). Comme, dans l'ère du la convenance sociale, il est mal vu de se moquer d'autrui relativement à un défaut physique, ou une infirmité, nous proposons au lieu de « avoir les pieds plats », l'expression avoir le cerveau plat (encéphalogramme plat). Ça ne choquera personne, espérons-nous.

Pilule (du lendemain) : synonyme de 'pilule abortive', 'avortement chimique'. L'essentiel, c'est que le mot avortement, pas convenable sur plan social, n'apparaisse pas. Il est possible d'intervenir très rapidement pour éviter une éventuelle grossesse par la prise le plus rapidement possible de la pilule du lendemain. La pilule du lendemain ou une vie sans lendemain ...

PIN (prononcer pine) : Personal Identity Number. Cela n'a rien avoir avec un pénis ni avec un arbre. Il s'agit d'un Numéro d'Identification Personnel (NIP éviterait un jeu de mots douteux). Les codes PIN et PUK (personal unblocking key : clé personnelle de déverrouillage) sont conçus pour protéger la carte SIM (suscriber identity module : module d'identité de l'abonné). L'auteur ne sait pas si c'est utile, mais au moins il a l'impression d'apprendre l'anglais !

Pirate : est qualifié de « pirate » par Windaube toute personne qui se fait prêter un cd ou une disquette d'un programme quelconque. Vous avez juste le droit de payer vos « licences » (autorisations d'utilisation). Inutile de parler de prêter un cd, de le copier etc ... Vous avez même à peine le droit de l'utiliser. C'est l'informatique terroriste selon la secte Micromou. Un pirate selon Windaube est un client potentiel à qui on a substitué la liberté de consommer un produit par l'obligation de consommer un autre produit, de sucroît dans un cadre très strict, et qui récupère ce qui lui semble dû de façon illégitime.

Perversité du système : un simple pirate informatique va être de plus en plus lourdement condamné. Un pirate génial sera récupéré par une banque ou un organisme quelconque pour, prétendument, renforcer les sytèmes de sécurité. Pour, probablement, établir des systèmes de surveillance et d'espionnage perfectionnés.

Pitch : résumé, présentation. Ce pitch (sagement placé par BHL dans les premières pages de son livre) a été abondamment décliné (?) dans les bonnes feuilles des hebdos et des quotidiens.

En informatique, c'est la distance la plus courte entre deux pixels à l'écran ; les écrans en haute résolution ont un pitch compris entre 0,25 et 0,31 mm. Traduction proposée : point.

Pixel : contraction de l'anglo-américain picture-element (élément pictural). C'est la plus petite unité graphique en informatique qui désigne un point coloré. Une image de 600 x 450 pixels, un écran de 1204 x 768 pixels ... A donné le verbe pixeliser. On parle d'image pixelisée : image rendue mauvaise ou floue à cause de points colorés mal distribués ou en quantité insuffisante pour une bonne définition.

Pizza : plat omniprésent, mou et sans goût, consistant en une galette à base de pâte à pain sur laquelle on déverse divers produits peu ragoûtants : jambon passé, champignons rassis, sauce tomate gâtée... Ce plat de pauvre, considéré à tort comme une plat complet, a gagné toute la planète, au même titre que le caca cool et le port des jeans. Uniformisation des goûts, uniformisation des esprits, c'est la victoire de la mondialisation. Chaque pays fabrique maintenant sa propre pizza : pizzas grecques ou bien pizzas turques par exemple. Les Juifs, quant à eux, remplacent le jambon par du saumon. A noter qu'en France nous avons presque la même chose et en meilleur : fougasse, pissaladière, quiche ... Voir Caca cool.

Placarder : verbe transitif signifiant coller un placard, une affiche. Mais l'on trouve maintenant ce verbe à contresens : « de véritables photos et vidéos pornographiques en libre accès placardent certaines régions (= sont placardées dans certaines régions) ».

Plage : endroit de la terre où la plupart des Français sont censés prendre le soleil et faire semblant de nager pour leurs sacro-saintes vacances. A cet effet, de longs mois de préparation sont nécessaires afin d'acquérir une « plastique » (= apparence physique et esthétique) parfaite pour draguer. La plage fait partie intégrante des congés modernes. Voir Soleil, Vacances. Cf la chanson de Serge Gainsbourg, au titre angloïde : Sea, sex and sun (en français = mercussol = la mer, le cul et le soleil).

La Mairie de Paris lance chaque année, à grands frais et à grand renfort de publicité, l'opération « Paris plage », pour faire profiter les Parisiens et les touristes à Paris des bienfaits du soleil et du sable chaud. Il faut remarquer l'inversion Paris plage pour 'plage de Paris', – à moins que ce ne soit en imitation de la ville « Le Touquet-Paris-Plage », la plage chic de la bonne société. Initiative au succès tellement immense que de nombreuses villes, tant françaises qu'étrangères, se sont emparé de l'idée et l'imitent sans vergogne. Certaines villes de Normandie ont fait la même chose, mais en anglo-américanisant les noms : Omaha Beach, Utah Beach ...

Plaisir : les expressions « c'est un plaisir », « ce fut un plaisir », qu'on entend dans les films ou les séries télévisuelles anglo-améraicains en réponse à une formule de politesse, sont des calques directs de l'anglais. On peut dire, en français : de rien, ce n'était rien, je vous en prie, il n'y a pas de quoi, tout le plaisir a été pour moi etc.

Plan : synonyme de projet ou de suggestion (pour une sortie, un divertissement), idée, tuyau, astuce, combine... Les bons plans sur Paris ne désignent donc plus de bons plans d'urbanisme tirés sur la ville de Paris, mais des projets de sorties à Paris, de bonnes idées de sortie. Mot hérité, une fois de plus, de l'anglo-américain (en anglais, plan = projet).

Plateforme : souvent écrit plate-forme, comme dans : La plate-forme électorale des listes Europe Ecologie prônera notamment la "décroissance des flux de matière et d'énergie sans recours au nucléaire ou aux agrocarburants". Le fait de décomposer le mot en deux parties conduit à des orthographes comme : ... la suppression de 157 postes d'encadrement et la fermeture de trois plates-formes en Île-de-France ...

Sens informatique : système

Pléiade : les Pléiades sont un groupe de sept étoiles (en fait six) visibles à l'œil nu dans la constellation du Taureau (c'est dans la réalité un amas ouvert constitué de 1 400 étoiles environ). C'est aussi, sous la Renaissance, un groupe de sept poètes autour de Ronsard. Pléiade est quelquefois écrit pléïade avec un tréma sur le i.

Le mot pléiade est devenu un nom commun qui, on ne sait pourquoi, signifie : un grand nombre, une grande quantité (peut-être en relation avec l'amas ouvert indiqué plus haut ?) Une pléiade de stars a rendu hommage au chanteur disparu. Ou bien : Pourquoi y a-t-il une pléiade de stars dans les publicités de La Banque Lyonnaise ? Notons que ‘star’ signife étoile en anglais, et que pléiade de stars est un mariage assez heureux, bien qu'un peu pléonastique.

Plein (de) : de plus en plus senti comme pluriel et donc mis au pluriel : 2 cadeaux gratuits et pleins de réducs, j'adore ! (pub pour un voyagiste). Et puis des cadeaux gratuits, ce n'est pas mal non plus. Ceux qui rédigent les accroches publicitaires nous étonneront toujours (une faute et un pléonasme en neuf mots).

Pluriel : 'pluriel' est pris dans certaines acceptions pour un adjectif plein. C'est ainsi que quelques esprits fins parleront de gauche plurielle, dans le sens de multiple, diverse. Gauche diverse ferait sans doute allusion à diversité et renverrait à un contexte immigré.

Pluriels : les pluriels normaux français sont de moins en moins respectés : Les oeils sont en verre. Les utilisateurs finals. Si achat de deux cristals (= si vous achetez deux cristaux). Je les trouve génials etc… La maîtrise de la langue est de plus en plus difficile (méthode globale oblige). Ou alors simple alignement sur le mode anglo-américain ou sur la novlangue, qui simplifient les règles de morphologie et de syntaxe ?

A noter la paresse et l'esprit de simplification des informaticiens, qui mettent tout au pluriel, en général, pour une liste, une énumération ... 1 Commentaires: peut-on lire dans un blog. Il suffit de mettre le ' s ' entre parenthèses, et ça peut à la rigueur passer : 1 commentaire(s). Les deux-points accolés au substantif et la majuscule à 'commentaires' sont bien sûr du programmeur.

Point : le point remplace de plus en plus la virgule pour les décimales : 10.25 au lieu de 10,25. Ceci a été surtout propagé par les petites calculatrices ou 'calculettes', qui utilisent ce procédé anglo-américain. De même, la virgule remplace le point et on trouve désormais 1,125.50 au lieu de 1.125,50. Il n'est pas étonnant que plus personne ne respecte la ponctuation.

Dernière innovation : l'apostrophe au lieu de la virgule ou du point : Le montant du prix est de CHF 15'000 (15.000 francs suisses). Admirez au passage l'anglicisme, consistant à mettre l'unité de mesure monétaire avant le nombre : CHF 15'000 au lieu de 15.000 CHF ; et aussi l'expression " le montant du prix ". Autres exemples : L'agence compte désormais 82'278 abonnés. Ou bien : [Densité =] 3'820 habitants au km2 à Gaza, 17'700 à Macao, 6'300 à Hong-Kong, 6'400 à Singapour.

Point : synonyme d'un pour cent. Dans les sondages, il a baissé de 3 points. Manie agaçante mise à l'honneur par les journaleux, imitant les économistes qui commentent le cours de la Bourse. Mais de doctes économistes expliquent que ce n'est pas du tout, mais pas du tout la même chose. L'auteur, qui n'est pas du tout, mais pas du tout économiste, s'en fiche totalement, mais vraiment totalement.

Point barre : expression à la mode, signifiant tout simplement : point, point final, point à la ligne, un point c'est tout. C'est une agression illégale et illégitime, réprimandée par la Loi. Point barre !

L'expression viendrait de la dactylographie, ou plus exatement des claviers informatiques, où l'on tape le point, puis l'on appuie sur la barre d'espacement pour commencer une nouvelle phrase (?).

Point d'orgue : en musique, signe qui indique qu'il faut allonger une note. Pris dans un sens novlangais, cela signifie quelque chose comme apogée, apothéose, moment fort, sommet, point culminant ... comme dans l'exemple suivant dans Le Figaro : « "Italia et Germania" d'Overbeck : point d'orgue de l'exposition et invitation à méditer. Italia et Germania (en haut à droite) est une œuvre célèbre de Johann Friedrich Overbeck (1789-1869). Il s'agit d'un dessin, à la craie noire sur papier, considéré comme un emblème de ce qu'on a appelé l'art nazaréen. » Un point d'orgue pour un dessin ! C'est pourtant écrit dans Le Figaro - Culture.

Pointer : paléo-crétinisme. Signifie : souligner, montrer, désigner, faire remarquer, signaler, noter, mettre le doigt ou l'accent sur, voire dénoncer, accuser ... (principe de novlangue : un mot, plusieurs idées). Cet anglicisme est vraiment agaçant. « J'ai été le premier à pointer ce concept ... » ou bien : « J'aime assez l'expression minorités visibles car elle pointe sur les différences comme étant celles de l'apparence uniquement ». Avec l'assent méridional à la Raimu, ça donne : Dis, je pointe ou je tire ?

Pointu : cet adjectif pointu qui signifie normalement “qui se termine en pointe, aigu” est utilisé pour désigner quelque chose de précis, difficile, complexe, ou de très technique. Une question pointue. Semble être synonyme de : “de pointe”. Techniques pointues.

Pointure : signifie normalement taille pour une partie de vêtement (chaussures, gants ...). Ce mot a pris le sens de « grande taille », d'où : personne d'importance ou qui a une autorité dans un domaine... (Untel, et untelle, et untel) ... huit pointures du journalisme précise un article sur internet. Ou bien : Pour entrée en matière, [...] il proposa à la pointure – ex-ministre du chômage – de préciser ses intentions au sujet de la mairie saint-quentinoise, suite aux problèmes de santé de M. André. Pointure ? A pointer du doigt.

Polaire (froid ~): une température de -2 ou de -5° est qualifiée, par les brillants présentateurs du bulletin météo de la french TV, de froid polaire. Tandis qu'une température entre 25 et 30° sera, elle, qualifiée de caniculaire. Entre le froid polaire et la canicule restent des températures jugées sans doute « normales », c'est-à-dire entre 10 et 20°. Ces présentateurs sont sans doute partisans de l'adage in medio stat virtus.

Dans le même esprit, 3 cm de neige provoquent la panique sur les routes, les autoroutes et les pistes d'atterrissage des aéroports. Par contre, dans les stations de ski, 3 cm de neige, c'est également la panique : les skieurs ne viendront pas. Personne n'est jamais content de son sort.

Pole (position) : position située tout à l'avant de la grille de départ lors des courses ; première position, donc. Ce terme, venu du sport automobile, s'emploie pour toutes sortes de situations. Ce candidat est en pole position pour les élections. La droite en pole position pour les législatives. Les politiques adorent apparemment se comparer à des coureurs automobiles ou à des sportifs. En effet, on entend de toutes parts des discours politiques imprégnés de vocabulaire sportif : être au coude à coude (dans les sondages), distancer son adversaire, dernière ligne droite avant l'élection... Parfois écrit pôle position : ... je souhaite parler du manque de clairvoyance des journalistes qui ont toujours cru que Bertrand Delanoë était en pôle position. La néo-langue se met à la portée des citoyens lambda en usant et abusant du vocabulaire sportif, censé mobiliser l'intérêt desdits citoyens lambda. Citoyens lambda, ou citoyens bêta ?

N'a rien à voir avec la pole dance (danse à la barre), où une jeune femme en tenue très légère se trémousse de façon lascive autour d'une barre, représentant symboliquement un pénis en érection.

Pôle (emploi) : anciennement ANPE, c'est-à-dire, en français : bureau de chômage. Le mot chômage a été remplacé par 'emploi' : tour de passe-passe linguistique propre à la novlangue.

Rappel : un pôle, à part son sens astronomique (chacun des deux points qui déterminent un axe de rotation d'un corps céleste), signifie aussi : point central qui exerce une attraction ou un rayonnement. Un pôle-emploi doit certainement être très attirant, comme le bistrot du coin, sans doute.

Polémique : synonyme de désaccord, dispute, controverse. Ce mot vient du grec πολεμικός, polêmikôs « qui concerne la guerre », et est donc beaucoup plus agressif que son emploi actuel. Tout de nos jours est sujet à polémique : d'un simple problème de voisinage à une dispute d'intellos ou des politiciens à la télévision. Polémique autour des rumeurs sur le couple présidentiel (donc, de simples ragots) ; Polémique autour du logement parisien du nouveau secrétaire d'Etat à la Fonction publique etc. Souvent employé à la place de discussion vive ou de débat ; ça n'a plus rien à voir avec la guerre.

Politique : mascarade sans intérêt, où tout se réduit au futile et à l'insignifiant. De Claude Allègre, ancien ministre, cette phrase : « Le débat politique revient à peu près à ceci : Mon poêle à mazout est tombé en panne, que comptez vous faire quand vous serez élu ? ». Politique ou poly-toc ? Cf le mot de Paul Valéry : « la politique est l'art d'empêcher les gens de se mêler de ce qui les concerne ».

Politiquement correct (en abrégé : PC). Cette expression désigne tout ce qui est convenable ou acceptable sur le plan social = “rectitude (ou correction) politique” ou “bienséance politique” comme disent nos amis Canadiens. Comme beaucoup de mauvaises choses, cet idiotisme particulièment idiot est né aux Étazunis dans les années 1980, lancé par des universitaires de gauche et des mouvements féministes, – alors que la « langue de bois » provenait de l'Union soviétique. Reflet d'une forme de décadence de l'Occident, le PC désigne les précautions oratoires et la distorsion du langage, employés par des officiels, pour présenter une vérité anesthésiée et acceptable, en fait un conformisme intellectuel et social portant atteinte aux libertés humaines, aux libertés de l'esprit. Une pensée, une écriture, une attitude politiquement correctes. Il faut observer au passage l'inversion anglo-saxonne, calque de l'expression étazunienne politically correct, reprise telle quelle par les journalistes et les médias. En français « normal » : convenances, mais aussi : tabous, censure, conventions de langage imposées par l'idéologie dominante.

On se demande d'autre part ce que vient faire le mot politiquement là-dedans, étant donné qu'il s'agit en fait d'un détournement du langage. Et on se demande aussi ce que vient faire le mot correct, alors qu'en fait il vaut mieux dire 'convenable' – ou plutôt 'admis', 'toléré'. Les expressions « convenable socialement » ou « convenable sur le plan social », voire « qui répond à l'idéologie officielle » seraient peut-être mieux adaptées. Mais il est vrai que le politiquement correct dépend étroitement du langage qui le manipule. Le politiquement correct, c'est le langage convenable, ce sont le langage et la pensée qui ne dérangent pas.

Pire que la langue de bois (1), qui ne sert qu'à énoncer des mots et concepts vides de sens, la correction politique sert en effet à maquiller une réalité, qu'elle soit gênante ou pas. Si l'on peut à la rigueur comprendre que les mots 'prison' ou 'bombardement' soient gênants, et soient remplacés par lieu de privation de liberté, espace carcéral (prison) ou frappe chirurgicale (bombardement), par contre on ne comprend pas pourquoi utiliser des circonlocutions ahurissantes et grotesques comme : animateur d'espaces verts au lieu de 'jardinier', technicien(ne) de surface au lieu de 'homme ou femme de ménage' (2), préparateur en produits carnés au lieu de 'boucher', croissance négative – dont on parle tant (octobre 2008) – au lieu de 'récession'. PC (politiquement correct) ou PR (précieux ridicules) ?

Exemples de termes politiquement corrects et linguistiquement ineptes, péchés sur internet :
• Américain d'origine africaine (African-American) au lieu de Noir ;
• Indigène du continent nord-américain (native American) pour Amérindien ;
• Américains d'origine latino-américaine (hispanics) au lieu de chicanos ou latinos ;
• technicien de surface (domestic engineer) au lieu de femme de ménage ;
• économiquement désavantagé (economically unprepared) au lieu de pauvre ;
• capable différemment (differently abled) au lieu de handicapé (infirme) ;
• mal-voyant (optically darker) au lieu d'aveugle ;
• qui n'a pas besoin de peigne (comb-free) pour chauve ;
• qui a des problèmes de taille (vertically challenged) pour nain ;
• qui a des problèmes de poids (gravitationnally challenged) pour obèse ;
Volonté déguisée de se moquer des citoyens ? Ou de les tromper ? On aura admiré, dans l'article de Rue89 (cliquer sur la photo), le cynisme des ministres de notre république. Tout se passe comme si le mot ne servait plus à nommer la réalité, mais à interdire à certaines idées d'émerger à la conscience. C'est le principe de la Novlangue selon Orwell. Ou alors, est-ce la peur des mots, et par là de la réalité qu'ils sont censés représenter ?

C'est en raison de ce concept furieusement hypocrite que tout ce pourrait blesser les susceptibilités nationales, ethniques ou religieuses, ou quelque minorité que ce soit est, dans les expression parlées ou écrites, soigneusement édulcoré ou gommé pour, prétendument, respecter quelqu'un de différent. Tout est « euphémisé », et on met, en quelque sorte, un préservatif à la langue. On assiste à l'euphémisation massive de toutes les réalités « sensibles » ou désagréables : il y a volonté déterminée de cacher, de nier, voire volonté d'empêcher de dire le mot juste, et de penser.

Ce n'est pas, d'une part, faire preuve de respect que de plonger quelqu'un dans des mots creux ou vides, mais c'est une forme de mépris ou d'insulte. Et c'est aussi, d'autre part, la revanche – ou plutôt la dictature – des minorités, envers lesquelles on n'utilise plus qu'un langage aseptisé et émasculé.

Peut-être aussi faut-il mettre en relation avec le politiquement correct – et pas seulement avec Mai 68 – le fait qu'il n'y a plus de classement dans les écoles, plus de distribution des prix (et donc plus d'émulation), de peur d'offenser les minus habens. L'émulation est maintenant seulement réservée au domaine du sport, – moins dangereux politiquement (à tel point que d'anciens sportifs peuvent devenir députés ou ministres) que le domaine de l'intelligence et de l'esprit.

On doit dire par exemple un homme de couleur au lieu d'un noir ou d'un nègre, plan social au lieu de licenciement de personnel, couches défavorisées au lieu de crève-la-faim, gay au lieu d'homo ou de pédé. Le politiquement correct frappe même le doublage des films étrangers, où toutes les injures, les propos concernant une communauté sexuelle, religieuse, ou relatif à l'alcool, la drogue, le tabac, à des marques de commerces, sont remplacés par des termes « édulcorés ». Non seulement le doublage, mais des œuvres originales sont censurées par Hollywood pour présenter aux spectateurs un contenu lisse, sans dérapages (selon le Droit français, toute modification ou altération d'une œuvre opérée par un tiers constitue une infraction au droit d'auteur). Pour ne pas vexer les gauchers, des rédacteurs politiquement corrects d'une traduction de la Bible sont allés jusqu'à remplacer « la main droite de Dieu » par « la main puissante de Dieu ». Dieu est-il politiquement correct ? Et il y a même maintenant une fête des gauchers.
C'est ainsi que maintenant l'on n'appelle plus un chat un chat, mais désormais un chat est un animal à quatre pattes et une queue, environné de poils, avec deux trous pour les yeux et appartenant à l'espèce animalement correcte des félins. Simple, non ?

Ou, comme disait encore mieux Pierre Desproges :

« Il n'y a plus de pauvres vieux, mais de sémillantes personnes âgées, il n'y a plus d'infirmes mais de pimpants handicapés, il n'y a plus de mongoliens mais de brillants trichromosomiques. Françaises, Français, Belges, Belges, réjouissons-nous, nous vivons dans un monde qui a résolu tous les grands problèmes humains en appelant un chat un chien. »

Le langage politiquement correct n'est que le nouveau masque du mensonge politique et de l'hypocrisie bien-pensante. C'est la mise à mort de l'esprit et de l'esprit critique. L'État, avec son appareil répressif et judiciaire (police de la pensée) impose déjà certains mots et interdit les autres. Le rôle de la télévision (et des « médias ») est à ce propos décisif et pernicieux, car ces instruments, au service des pouvoirs, forcent en quelque sorte les citoyens à assimiler inconsciemment, et donc malgré eux, le langage des idéologies dominantes, la novlangue des manipulateurs (politiques, journalistes, publicitaires). La France, pays des Lumières, sombre dans l'obscurantisme.

 Danger !
L'on pourrait mettre en relation avec le « politiquement correct » la notion de surmoi de Freud, cette espèce de gendarme intérieur, cette espèce de censure intérieure, hérités de toutes sortes d'interdits parentaux et sociaux. Le surmoi freudien, c'est l'intériorisation des interdits et des exigences parentales et sociales. Le politiquement correct pourrait être assimilé, lui, à un surmoi politique, social et linguistique, avec toutes sortes d'inhibitions ou d'interdits.

 Votez non !

L'auteur proteste contre l'abus de ces termes imposés par la novlangue et propose à tous les Français dignes de ce nom, c'est-à-dire intelligents,

1. de ne plus regarder la french TV
2. d'avoir un coup d'œil critique sur tous les mensonges déballés par les médias (= organes d'information ou de presse)
3. d'excommunier les mots et expressions politiquement corrects, dont beaucoup sont répertoriés dans ce glossaire.

Il faut refuser d'employer ces mots, et s'efforcer de retrouver les mots justes, français. Par exemple :


Voir Bien-pensance, Caucasien, Différence, Néo-crétin, Novlangue, Ordre moral, Pensée unique.


Voir à propos du Politiquement correct l'intéressante thèse de Julie Masmejean, sur internet.

Le contraire du politiquement correct est politiquement incorrect, c'est-à-dire 'normal', dont le féminin est quelquefois orthographié incorrect, comme dans Y'aou? comme dans cet exemple : « Deux parlementaires français ont décidé de mener une campagne politiquement très incorrect ».

Pollution : le plus grand pollueur de la planète, ce sont les États-Unis (rattrapés depuis peu par la Chine, grande spécialiste de produits merde in China), qui préfèrent polluer encore et encore plutôt que de réduire leur pollution. A ce propos, nous ne pouvons résister au plaisir de reproduire ce texte pris sur le site www.ducon.com :
Ducon is a world leader, since 1938, in providing the most advanced technologies & equipment for controlling & measuring atmospheric emissions, greenhouse gases and related systems for a wide variety of industries ...

Traduction approximative :

Ducon est le premier du monde, depuis 1938, dans la fourniture de techniques et d'équipements les plus avancés pour maîtriser et mesurer les émissions atmosphériques, les gaz à effet de serre, et les systèmes pour une grande variété d'industries ...

Avec un nom comme celui-là, il n'est pas étonnant que les Américains soient surnommés Américons. Voir Ducon.

 Gaz à effet de serre 
 Vivent les Étazunis !

Ponctuation : de moins en moins respectée (voir Point). Les ponctuations doubles : ; ? ! – comme les guillemets anglais " " – sont directement accolés aux mots précédents, comme chez les Étazuniens, au lieu d'être séparés par une espace. Voir Espace.

Porc ou Cochon : une des sources de protéines la moins chère au monde. Par complaisance envers une religion minoritaire en France, la viande de porc (bête immonde) est presque, voire tout à fait interdite dans les cantines scolaires pour respecter un tabou alimentaire vieux de plusieurs siècles, que les pratiquants eux-mêmes n'arrivent pas à expliquer, hormis que « c'est la parole de Dieu » (en fait, un emprunt probable à l'Égypte ancienne (3)). Les religions sont un facteur de progrès indéniable. L'on se souvient sans doute du scandale de la fameuse « soupe au cochon » distribuée aux pauvres à Paris ou d'autres villes, et interdite par ordre de la Préfecture (!). L'on n'est plus dans le ‘politiquement correct’ mais dans l'‘alimentairement correct’, c'est-à-dire dans l'absurdité. Mais l'on sait que tout ce qui entre dans le corps humain, ou tout ce qui en sort, est soumis aux contraintes des tabous les plus forts.

Lors d'un stage auquel participa loteur, et réunissant des hommes et femmes de tous horizons, l'animatrice annonça triomphalement : « Pour les repas de midi, nous irons au restaurant, et nous avons obtenu du restaurateur qu'il n'y ait pas de porc ». C'est chiant agaçant que 10 ou 15% de participants imposent leurs tabous alimentaires. Et puis, il n'est pas inutile de rappeler la parole d'un sage : « Au pur, rien n'est impur ».

Peut-être en corrélation avec l'islamisme, faut-il voir des choses inquiétantes comme le fait qu'on a enjoint aux présentateurs de bulletin météo de ne plus dire : « Demain c'est la Saint-Jean », mais il leur faut dire : « Demain nous fêtons les Jean ». Autre exemple, dans la publicité : une célèbre marque de pâtes avait axé sa publicité sur le personnage d'un prêtre italien, Don Pastillo, incarné au cinéma par Fernandel. Eh bien, exit le prêtre Don Pastillo, remplacé par un cuisinier-chanteur ou un chœur hystérique. Mais Fernandel reste avec un de ses succès (Félicie aussi). Fernandel en prêtre catholique était-il trop ringard ? Ou aurait-il gêné une certaine partie de la population de culture islamique ? On a, tout au long de ces pages, maintes fois signalé la déchristianisation progressive de la société française, et la désacralisation de la vie. Voir Islam.

L'adjectif correspondant à porc est porcin. Si l'on voit maintenant écrit sur les emballages : viande bovine, l'on ne voit pas encore viande porcine. Mais l'on peut lire la phrase suivante, par exemple : Alexandre mène une vie tristounette jusqu'au jour où il hérite d'une ferme porcine (élevage de porcs ?) à propos du film Big Jim.

Portable (ordinateur ~) : anglicisme rampant ; en français on dit portatif. Certains n'hésitent pas à employer le terme laptop.

Portable (téléphone ~). Synonyme : téléphone cellulaire. Anglicisme rampant ; en français on dit portatif. Ce précieux auxiliaire de la néo-crétinisation des citoyens s'implante de plus en plus dans la vie moderne, au point d'avoir supplanté en nombre les téléphones classiques, 'fixes'. En raison des coûts exorbitants des abonnements ou des cartes, c'est en France une source d'enrichissement éhonté de quelques sociétés qui détiennent le monopole de la communication téléphonique (entendez par là : systèmes de surveillance des citoyens).

Car l'aspect dangereux des portatifs est manifeste : tout porteur d'un portable est sans cesse repéré par son opérateur – et donc surveillé, « tracé ». Adieu la liberté, vive l'escalavage électronique !

Les portatifs, dont l'utilité est évidente pour un professionnel quand il s'agit d'être joint n'importe où à n'importe quel moment, sont employés le plus souvent par la plupart des gens (pas forcément jeunes) pour ne rien dire, ou alors des banalités, dont ils font généreusement profiter leur entourage immédiat (dans la rue, le bistro, l'autobus etc.) et ce toujours à voix haute. Nous sommes au 'degré zéro' de la communication dans une planète devenue infiniment bavarde.

 Question de protocole
Dessin de Pétillon. Une délicate question de protocole

Dernière mode chez les « jeunes » : commettre un acte violent (un viol par exemple), le photographier ou le filmer avec un portable, et transmettre les images à tous les copains. Comme genre de photos-souvenirs, y'a mieux Voir Jeunes.

Petit paradoxe : alors que tout le monde ou presque a constamment l'oreille collée à son portable, peu de personnes connaissent leur N° de portable. Ce phénomène atteint aussi les numéros classiques de téléphone fixe, car de nombreux clients passent en dégroupage total (une ligne téléphonique servant de support à toute une gamme de services).

Aux dernières nouvelles, le fait d'utiliser un portable pendant plus d'une heure par jour ferait « cuire » le cerveau. Bôf ! La plupart des utilisateurs de Tépo (téléphones portables) ont déjà un électro-encéphalogramme plat.

Portable, portabilité : dans le langage fleuri des informaticiens, cela signifie récupérable, adaptable, transposable. Ce programme est portable sur n'importe quel OS (4). Votre ancien numéro de téléphone est portable (récupérable, transposable) sur le nouvel opérateur. Avec le verbe porter : adapter, récupérer, transposer.

Portail : page d'accueil d'un fournisseur d'accès internet (FAI). Le portail Orange. Le portail du Gouvernement : www.forums.gouv.fr . Pourquoi portail ? Le mot 'accueil' ou l'expression 'page d'accueil' sont-ils trop longs, trop français ? Importation frauduleuse de l'anglo-américain portal.

Porteur : qui « porte », qui mobilise l'intérêt, l'énergie. Créneau porteur. Autre exemple : Airbus, qui affiche comme son rival Boeing et les autres avionneurs mondiaux des carnets de commandes pleins, dans un climat très porteur. Gros porteur peut-être ? Et puis climat porteur, ce n'est pas mal comme cucuterie, non plus.

Positionner : mettre, placer, poser, avec le barbarisme pronominal : se positionner (se situer, de définir par rapport à, prendre le parti de, prendre position pour). Une fois de plus, le candidat s'est donc positionné du côté des victimes et des petites gens. Ce verbe est très apprécié des partisans lourdingues et prétentieux de la novlangue.

Positive (~attitude) : voir Attitude.

Le fournisseur d'accès internet Citron (ex-Canadou), émanation de France Téléfon, a bassiné une génération entière de Français avec sa "positive generation" – sans accent, s'il vous plaît, en inversant les termes comme chez les Anglois, et en fondant sans doute deux slogans : « Génération Mitterrand » et « Positive attitude ». C'est par ce type d'ineptie, confinant au barbarisme, que ce fournisseur d'abcès internet espérait toucher un public jeune et branché.

Positiver : Avec Carrefour, je positive, proclamait une pub. Sans doute une positive attitude. Et avec la pute au coin de la rue St Denis, on séro-positive ?

Possible : cet adjectif est dorénavant mis avant le substantif par les locuteurs convaincus de la novlangue : une possible perturbation, un possible candidat etc. En tout cas, la plupart des journalistes placent l'adjectif possible systématiquement avant le substantif. Sa mère s'oppose à cette possible libération, ... les étudiants en médecine, les chef de clinique s'inquiètent d'une possible limitation du nombre des médecins .... Énoncé typiquement novlangais recueilli sur Y'aoù? : Madoff: les banques chiffrent les possibles pertes en centaines de millions. Possibles pertes est pris ici dans un sens quasi-substantival : 'possibilités de pertes'. Cette manie stupide de parler est importée frauduleusement des Étazuniens, grands spécialistes des fraudes bancaires [écrit pendant l'affaire Madoff].

L'auteur a même trouvé dans un texte l'adverbe refait sur possible : possiblement (peut-être un calque de l'anglais possibly ?) : « [...] les problèmes de chaîne de commandement entraîneraient une réponse désordonnée et possiblement tragique à la violence » (charabia tiré d'un article de l'excellent Y'a où?, sans doute une traduction mot à mot).

Post : dans la langue des adeptes de l'informatique, d'internet et des médias : note, billet, message, article. Vous trouverez sur ce forum un post sur la question.

A donné le verbe poster : envoyer, émettre, publier : Untel a posté une news ; Anne-Elisabeth L. donne, elle, la parole aux téléspectateurs en lisant leurs messages postés via un téléphone portable (sic)… L'agence a posté son propre clip sur son site. Et ceux qui envoient un post sont des posteurs (posteurs ou imposteurs ?) Mot repris tel quel de l'anglo-américain par les partisans de la novlangue : Post a comment (envoyer un commentaire). ° ° • • º º

Vient du français poste (cf. malle-poste) ; seul avantage : il n'y a pas de grève dans ce genre de post. Quant au verbe anglais to post, il veut dire expédier, mais aussi afficher (d'où les mots poster, post-it).

Post- : marque une rupture avec un passé jugé révolu : post-colonial, post-industriel, voire post-moderne (!) Quant au futur post-informatique, l'auteur l'attend avec impatience.

Potable : paléo-crétinisme. Il y a longtemps que cet adjectif, dont le sens normal est : qui peut être bu sans danger (eau potable), signifie admissible, convenable. Pour mon boss je voudrais avoir des avis sur un micro usb potable (micro ici, est mis pour microphone).

Potentialité : apparemment, c'est un synonyme de possibilité ou de capacité. Cela démontre la potentialité d'un texte à être actualisé à chaque fois qu'il est lu. Potentialité au lieu de possibilité, et deux formes passives : bravo pour le style. Autre exemple : … l'arme des plus grands utilisant avec tous leurs moyens les potentialités techniques que les anciens monopoles voudraient vainement brider. L'on est étonné de voir potentialités techniques au lieu de potentialités technologiques. Mais bah ! même les néo-crétins peuvent avoir des moments d'absence.

Toujours dans le potentiel ou la potentialité, on peut aussi trouver sur internet de jolies phrases, comme celles-ci : [...] cette critique pourrait potentiellement remettre en cause l'ensemble du système. Et le journaliste poursuit tranquillement : La population pourrait peut-être ne serait ce (sic) qu'imaginer que ce système de production ne pouvait se poursuivre. Ce style pourrait peut-être être potentiellement inepte.

Pourrir : ce verbe, désormais transitif, signifie gâter, empoisonner, voire bousiller. Ce type-là, il me pourrit la vie ! ou bien ce titre d'un article sur internet Comment pourrir le PC du collègue stupide.

Pouvoir : il y a trois ordres (au sens pascalien) de jouissance dans la théorie du pouvoir :
  • le pouvoir physique : on peut casser la gueule de ses petits camarades. C'est jouissif.
  • le pouvoir social : l'argent et la position sociale donnent le pouvoir d'acheter tout, y compris les autres. C'est très jouissif.
  • le pouvoir religieux : c'est le pouvoir sur les esprits que donne l'autorité religieuse, qui s'auto-proclame infaillible, ou se donne le droit de lancer des fatwas. C'est le pied divin.
Pouvoir d'achat : avant on disait aisance, ou richesse.

Powered : ce terle abondamment véhiculé par les concepteurs de pages internet signiferait : créé, réalisé, développé, optimisé, souvent suivi de la préposition anglaise by. Powered by Invasion Power Coord. Version Française par IBP French (sic). Voilà qui est puissant.

Pratiquement : cela signifie exactement : 'dans la pratique', 'd'une manière pratique', 'en fait'. Mais cela a pris la signification de presque chez les adeptes du parler hexagonal. J'ai pratiquement terminé.

Précarité, en situation précaire : pauvreté. Alupec, association de lutte contre la précarité, l'exclusion et le chômage. Ici, bizarrement, le mot 'chômage' a été maintenu. Mot sublime d'une chef d'entreprise, directrice d'un institut de sondage (= manipulation), Laurence Parisot : « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? ». Autrement dit, être pauvre, malade et sans amour, c'est une loi naturelle. Tandis qu'être riche, bien portant et aimé, c'est anti-naturel ?

A signaler ce néologisme ségolénien : précariat (= pauvreté). Précarité ne suffisait apparemment pas pour cette grande créatrice de mots novlangais (bravitude, excellence environnementale etc).

A donné le verbe précariser : devenir pauvre, rendre pauvre. Au XXè siècle encore, même si les familles urbaines précarisées n'ont plus à sauvegarder leur patrimoine, il reste à protéger l'honneur. Oui, oui, « Tout est perdu, fors l'honneur ». Braves gens, vous pouvez tout perdre, du moment qu'il vous reste l'honneur.

Précipitations : rien à voir avec des réactions chimiques, – du moins dans la bouche des présentateurs du bulletin météo. Il s'agit tout simplement de 'pluies', mais l'allongement du mot donne peut-être un air plus scientifique à ce simple énoncé. Risques de fortes précipitations dans le sud-est au cours de la journée, ça fait sans doute mieux que Risque de fortes pluies dans le sud-est... Voir Giboulées.

Pour varier leur vocabulaire, ces mêmes présentateurs (~trices) disent parfois ondée, terme au demeurant assez poétique, au lieu de pluie.

Premier : cet adjectif bien-pensant et 'politiquement correct' s'emploie dorénavant à la place de 'primitif', jugé péjoratif : Les Arts premiers. Ce qui suggère qu'ils sont non seulement les premiers dans le temps, mais les premiers tout court – et là c'est grave. Voir Politiquement correct.

Premium (sans accent) : ce mot qui en anglais signifie prime a diverses acceptions bizarroïdes. Pur jus (Jus d'orange pure premium) ; premier ou de première qualité, haut de gamme (?). Nos tests premium (sans la marque du pluriel ici), Windaube Ouista Édition Familiale Premium (il existe en effet aussi une Édition Familiale Merdium, pratiquement équivalente) etc.

Prénoms : les prénoms sont de plus en plus anglicisés : Christopher au lieu de Christophe, Michael au lieu de Michel, Gregory (avec ou sans accent) au lieu de Grégoire, sans compter les prénoms comme Kevin, Quentin, Jason (prononcé djézonn au lieu de Jason, comme le héros grec), Eliott, Brandon, Bryan (prononcé avec affectation braïan), Jennifer, Patricia etc. Même les traditionnels Denis ou Thomas sont prononcés deniss ou thomass par les acteurs quand il s'agit d'un film anglo-américain (ont-ils des ordres pour cela ?) L'homme politique français Jack Langue se fait appeler Djack Langue. Telle autre personne (française) se fait appeler John Paul. L'auteur est à même de révéler que, alors qu'il travaillait dans une Mutuelle destinée aux enseignants – gens censés être cultivés –, une famille avait affublé un garçon du prénom de Tommy Lee.

Tous ces prénoms, stupides ou ridicules, sont pour la plupart tout droit hérités des films de série B américains, ou de chanteurs. Déclaration de l'heureux papa (français) d'un petit Duncan : « Nous l'avons [l'enfant] appelé Duncan à cause du héros de la série Highlander ». L'on assiste maintenant à l'éclosion de nombreuses et nombreux Vanessa Parapluie ou Kevin Dubois. Cf à ce propos le sketch fameux de F. Blanche et P. Dac sur le sâr « Rabindranath Duval ». C'est-à-dire que maintenant, au lieu de placer un enfant sous la protection d'un saint, on lui donne l'exemple d'une vedette du 'show-bizz'. Cette désacralisation nous semble grave (= perte de repères spirituels) – alors que les Mohamed ne se comptent plus.

Il est maintenant recommandé aux présentateurs de France 2 et 3 de prononcer le mot 'saint' quand, après avoir annoncé le temps qu'il fait ou qu'il fera, ils lisent, dans l'éphéméride qui s'inscrit sur l'écran, l'heure du lever et du coucher du soleil et la fête du jour. L'interdiction de prononcer ce mot sur les chaînes du service public serait récente. Sur la 2, par exemple, la présentatrice se contente de dire « bonne fête à tous les Roland » (et non pas : c'est la saint Roland) ou « on fête lesAlain » (Alain, sans liaison). Comme on l'a déjà fait remarquer : la novlangue désacralise tout.

Autre tic ridicule : essayer de prononcer les prénoms comme on le fait dans leur langue d'origine : 'Rravier' ou 'Rravière' pour le prénom espagnol Javier par exemple au lieu de dire Xavier. Dans un louable effort de tentative de maîtrise linguistique, un journaliste alla jusqu'à dire Maïkeul Gorbatchev (Michael à l'anglaise) au lieu de Mikhaïl (kh comme une jota douce) Gorbatchev. Un autre journaliste d'A2 prononça le prénom arabe Riyan : raïan, – comme le prénom anglo-américain Ryan. Le journaliste avait peut-être des notions d'anglais, mais sûrement pas d'arabe. Mais un troisième journaliste prononça le prénom Sean (de Sean Connery) sé-ann (28.6.2010, 07h00, A2). Là, ce journaliste a fait plus fort que loteur.

C'est tout à fait comme la manie agaçante des journalistes de télévision de prononcer Rramas, Rrezbollah au lieu de dire Hamas, Hezbollah comme s'ils voulaient nous faire croire qu'ils maîtrisaient l'arabe. Cf l'habitude insupportable et ridicule de certains journalistes de prononcer le nom de l'ancien président des États-Unis : Djôje Deubel-You Bouch ou Djorj Dabéliou Bouch (George Bush fils). Entendu sur une sympathique chaîne nationale de la french TV : L'aéroport John F. Kennedy (djonn f. kennedy, sic). Peut-être que Fitzgerald était trop difficile à prononcer ? Ou est-ce un simple calque de l'américain ? Un journaliste (sic) de la french TV commentait récemment l'activité économique et prononça le nom du ministre du Budget Éric Woerth : Éric Oueursss, comme le mot anglais worth (journal d'A2, 03.10.2008, 08h00 – [et dans de nombreux autres journaux télévisés d'ailleurs] ). A quand les infos en anglais ?

Prépositions : tendent de plus en plus à disparaître en français, non seulement dans les textes journalistiques ou publicitaires, mais encore dans les communiqués mêmes du gouvernement : Surveillance des élevages au regard du risque influenza sur le territoire nationalRisque influenza : risque de grippe [aviaire]. Trouvé sur Y'aoù : Gordon Brown en Inde pour parler terrorisme ... 'parler terrorisme', un peu comme parler chiffons ?

Les exemples foisonnent. Hors coût éventuel opérateur (Sans le coût [les frais] d'un opérateur éventuel). Les années bonheur. Efficacité minceur. Alimentation minceur. Programme minceur (la minceur semble obnubiler les pensées des contemporains, sans doute en relation avec la minceur de leur vocabulaire). Relation Client. Client attitude. Quand l'Église anglicane décide de parler sexe. Ou enfin : Décès Bigeard : Sarkozy salue un "très grand soldat" charismatique (Yaouze news). Décès Bigeard ! au lieu de 'Décès du général Bigeard. Cela en devient indécent.

Cette manière de juxtaposer deux substantifs, sans préposition pour les relier, est très choquante pour un Français normalement constitué, mais cela semble entrer dans les mœurs linguistiques. Inutile d'ajouter que c'est une imitation servile de l'anglo-saxon. Quant aux prépositions, comme déjà dit, soit elles tendent à disparaître, soit elles tendent à être remplacées par la préposition sur.

Prérequis : conditions préalables. Les prérequis pour installer Ouista (toujours des ordis puissants, beaucoup de mémoire … bref, des trucs chers). Cet anglicisme agaçant s'impose surtout en raison de la paresse intellectuelle de nombreux informaticiens, qui ne prennent pas la peine de jeter un coup d'œil dans un dictionnaire.

Presser (une touche) : les informaticiens, gens pressés de nature, ne disent plus : appuyer sur (intransitif), mais : presser (transitif). On peut d'ailleurs remarquer les deux versions : presser sur (intrans.) ou presser (trans.) tout court. Tout le monde a adopté ce terme, et France Téléfon demande impavidement de « presser la touche dièse » sur son appareil téléphonique. On n'est pas très loin des débuts de l'informatique et du fameux message du DOS de MicroMou, qui a fait rire tous les Français : « Pressez une touche quand prêt », traduction mot à mot de : « Press a key when ready ». A donné le substantif pression : Ceci permet d'afficher les pages en plein écran sur simple pression d'un bouton. Comme toujours, il s'agit d'une importation frauduleuse de l'anglo-saméricain. Il faudrait faire pression sur les informaticiens pour qu'ils adoptent un langage plus décent.

Pression (mettre la pression): est synonyme de presser, faire pression, exercer une pression, contraindre, pousser. Je lui mets la pression pour qu'il termine le boulot à temps (je le presse de terminer le travail à temps). Nous vivons sans doute dans une époque cocotte-minute, où la pression surgit sur nous de tous les côtés à la fois : pression fiscale, légale, bancaire, maffia politique et policière…

Prestation : ce n'est plus prêter serment, mais donner un spectacle. Après la glorieuse prestation de nos divins footballeurs … Cela prête à sourire.

Présumé : tout le monde est présumé être quelque chose de nos jours, surtout les truands qui sont de présumés innocents. Un présumé innocent n'est souvent qu'un futur probable coupable, – si l'on respecte la logique judiciaire d'une part et la manie contemporaine de parler d'autre part. Dans le même esprit, un inculpé est désormais mis en examen etc… Les journalistes modernes y vont fort : La présumée coupable a avoué le meurtre de (sic) Le présumé assassin a été arrêté pour le meurtre de … Inversion anglicisante + illogisme. Ou bien, lu sur Internet : Nouvelles interpellations d'islamistes présumés en France. Apparemment le fait d'être islamiste serait un délit en France. Voir Supposé.

Semble provenir de l'anglais « presumed » par l'intermédiaire de la gent journalistique.

Prêt, prêt de : au lieu de près : Avec prêt de 4 000 visiteurs, le site est une réussite. L'orthographe, elle, n'est pas une réussite. Et l'expression désormais classique : Elle n'est pas prête de l'oublier. Loin de moi de supporter de tels barbarismes, s'exclame loteur, près de tomber en syncope.

Prêtre : est devenu pour de nombreuses personnes (surtout journalistes) synonyme de pédéraste ou, comme on dit maintenant, pédophile. Peut-être à cause de la parole du Christ : « Laissez venir à moi les petits enfants. » Ceci est particulièrement vrai dans les pays anglo-saxons, ou le mot faith (foi) se prononce comme fesse.

L'indécent harcèlement médiatique actuel (printemps 2010) contre l'Église catholique sent la manipulation contre l'Église catholique toute entière et non contre quelques prêtres. Tandis qu'un certain sinistre du Minicul (Ministère de la Culture) continue à exercer sa charge, malgré le scandale du tourisme sexuel évoqué à son propos. Voir Pédophile.

Prévenir : chez les journalistes anglo-américanisés, le verbe prévenir signifie : ‘empêcher’ (de l'anglais : to prevent, empêcher). Un article titre sérieusement « Prévenir les risques alimentaires ». Comment les prévenir ? Par téléphone ? Les exemples, hélas, sont fort nombreux. Saturnisme : le dépister et le prévenir, ou bien : L'amiante, en prévenir les risques, ou encore Prévenir les risques sanitaires chez la personne âgée (Tiens ! on n'a pas écrit : chez un sénior) etc. etc. etc.

Le sens du verbe est tellement ambigu dans les exemples ci-dessus qu'on se demande si prévenir veut dire devancer, anticiper (sens premier), faire savoir à l'avance, avertir, alerter ou mettre en garde, ou bien alors (comme ici) : empêcher.

Prime : en prime = en plus (?). « En prime des trois porte-avions, croise en effet également dans les mêmes eaux un porte-hélicoptères ». Et, en prime, le journaliste ose écrire des articles ! (AV)

Prime [ prononcer praïme ] : l'auteur ne sait pas trop ce que ça veut dire. Il l'a entendu des lèvres d'un Homo televisionus : On la (l'animatrice) connaissait en prime (en prime ?), la voici dans cette nouvelle émission. Autre exemple : J'aimerais savoir comment faire ou qui contacter afin de pouvoir participer au prime de la star académie ? Apparemment, il s'agirait d'avant-première, de présélection... Les premiers primes sont toujours un peu ennuyeux (donc, au masculin ici).

Prime n'a donc rien à voir avoir une prime (de rendement ou autre), ni avec les sub-primes (sous-primes), qui ont fait couler tant d'encre (et de sang ?) Encore un anglicisme inutile. À éviter, donc.

Prime time (prononcer praïme taïme ou à peu près) : c'est à la télévision la première partie (de soirée), ou l'heure de grande écoute (sic), en général après la messe (sic) de 20 heures. C'est donc le début de soirée. C'est à ce moment-là que l'on diffuse des films ou des émissions censés intéresser le plus grand nombre. Cette expression anglaise s'imposait vraiment, vu la pauvreté du vocabulaire français. A ne pas confondre avec access prime time, ou émission ou programme diffusés en avant-soirée.

Primo-arrivant (élève): cette expression inepte et à la limite du charabia désigne un élève venant d'un pays étranger et qui ne connaît pas un minimum de français. Non francophone ou immigré non francophone ne suffisent pas ? Plan d'apprentissage du français pour les immigrés primo-arrivants. L'auteur pensait qu'un primo-arrivant, c'est celui qui arrive le premier. A ne pas confondre avec primo-délinquant, c'est-à-dire un homme politique qui occupe son poste pour la première fois.

Princesse de Clèves (La ~) : l'avoir lue est totalement inutile, et c'est même une insulte pour des tenants du bon sens. Tandis que connaître l'informatique est hautement appréciable.

L'informatique est cependant le triomphe de la pensée des Anglo-Américains qui, comme on le sait, sont infiniment tolérants et humanistes.

Principe de précaution : concept politiquement et médicalement correct qui veut qu'on abatte un troupeau entier, dès lors que plane un soupçon de maladie en ce qui concerne un seul animal. Peut-être que par ce même principe, il faudrait écarter ou abattre un gouvernement entier, dès lors qu'un ministre a trafiqué son CV (ou est soupçonné de l'avoir fait), ou bien même quand des soupçons de malversations touchent un ministre ou un sous-ministre.

Prioriser : faire, traiter ou placer en priorité, donner la priorité. Certaines gens adorent créer ou utiliser des mots lourdingues, alors même que des mots français existent déjà. Vous devez prioriser (donner la priorité à) la livraison à domicile.

Privilèges : dans la nuit du 4 au 5 août 1789 on a aboli tous les privilèges liés à la noblesse. Cependant, les néo-prolétaires (SNCF, RATP, EdF, députés, sénateurs et toutes sortes de fonctionnaires) ont réhabilité des privilèges en ce qui concerne les primes, les retraites et le droit de ne rien faire. C'est ce qu'on appelle l'égalité des droits des citoyens.

Autre privilège : « Avant de quitter son perchoir, Jean-Louis Debré a fait voter à l'unanimité, et dans le silence le plus complet, une loi pour que désormais un député non réélu touche pendant 60 mois au lieu de 6 mois son indemnité mensuelle nette, qui est à ce jour - selon info sur site Assemblée nationale - de 5.178 euros, soit 6.952 euros brut. Chaque député non réélu coûte donc aux Français 417.180 euros pour 5 ans ! Sans parler ce ce qu'il leur coûtera 'à vie' ! » (Cette information sur cette indemnité de chômage des députés a été révélée par « Le Canard Enchaîné » du 7 février 2007). Député ou députain ? On est bien content pour eux.

Proactif : volontaire, volontariste avec l'adverbe proactivement : Réagissez proactivement. Importation frauduleuse de l'anglo-américain. N'est pas le contraire de rétroactif.

Problématique : c'est un 'ensemble complexe de problèmes dont les éléments sont liés'. En philosophie, c'est l' 'art de bien poser un problème'. Mais c'est devenu tout simplement synonyme de problème ou difficulté, et ça fait mieux. Untel a une problématique infantile : il a des problèmes liés à son enfance. L'artiste se sert du rire pour tenter d'installer le débat au sein de problématiques sensibles. Encore une fois, plus un mot est long, plus cela lui donne de l'importance. Voir Souci.

A donné le verbe problématiser comme dans cet exemple : Pour questionner et problématiser, pour identifier et comprendre des mots-clefs, pour faire des recherches, reportez-vous au glossaire en ligne. Fichtre ! Si après ça, on ne se sent pas plus savant, c'est à désespérer d'internet.

Problème (poser ~) : “Cela me pose un problème” : cela me crée de l'embarras, cela m'embarrasse, cela me gêne. Maintes fois entendue l'interrogation sur un mode agressif : ça vous pose un problème ?

Processus : s'emploie de plus en plus dans le sens de procédure (ou ensemble de points ou d'étapes logiques qui se succèdent), procédé, déroulement ... Le processus de paix au Moyen-Orient connaît de fortes fluctuations. Le contraire serait étonnant.

Processus identitaire : encore une foutaise à mettre sur le compte des tenants de la novlangue : La perte d'emploi a généré (sic) une rupture du processus identitaire, en déstructurant l'identité professionnelle. En clair, il marche à côté de ses pompes car il a perdu son emploi. Quels (sic) sont les causes et conséquences d'un processus identitaire mal vécu ?

Le processus identitaire est quelquechose de très compliqué, mis au point par les psychologues et les sociologues modernes, un peu aidés par des psychanalystes, et qui signifie, en gros, la perception que l'on a de soi + la conscience que l'on a de soi + la représentation de soi + l'image que l'on a de soi + la présentation de soi. S'il faut songer à tout ça quand on descend dans la rue, c'est sûr que de nombreuses personnes peuvent souffrir d'une rupture du processus identitaire, – comme on peut souffrir d'une rupture d'anévrisme.

Prochain : employé dans le sens de 'suivant' par certains ignares : Clic sur Prochain pour continuer. Traduction stupide de l'anglais Next.

Prochain, prochaine : l'anglicisation systématique du langage amène la plupart des gens à dire : Les prochaines 25 minutes ... au lieu bien sûr de : Les 25 prochaines minutes. Voir Dernier, dernière.

Producer (prononcer prodiousseur). Entendu de la bouche d'une journaliste : C'est notre producer qui a traduit en russe. 'Producteur' fait trop français, donc trop banal, sans doute. Il est vrai qu'en russe, c'est un peu plus délicat à dire (производитель : proizvoditel, prononcé à peu près praizvaditiel).

Produit : désormais, tout est un « produit », aussi bien la pièce détachée pour une voiture, des légumes ou un plat cuisiné dans un supermarché, un disque, un livre, bref un objet, un article... Lu sur un site internet : « Description du produit : C'est en 1931 que Bernanos fait paraître sa Grande peur des bien-pensants, son premier pamphlet » etc. Le produit, ici, c'est un livre, – simple objet de consommation. Cela fait penser à la parole de Céline : « L'homme n'est que le produit de ce qu'il mange » (= de la merde).

Profil : bas ou haut, selon que l'on est vaincu ou vainqueur, que l'on veut être discret ou non, sobre ou non, passer inaperçu ou non. La France joue profil bas [ à propos de l'Arche de Zoé ]. Les Bleus finalement profil haut face au (sic) Pays-Bas [ l'Humanité ]. Évidemment, les adeptes de la novlangue préfèrent utiliser l'expression anglaise low profile par exemple au lieu de profil bas, qui fait sans doute plus chic : Chez nous, Danone joue également "low profile" pour lancer la marque 'Les deux vaches'. On sent se profiler l'anglo-saxonisation à outrance.

Un sens actuel de profil, c'est tout simplement une fiche (signalétique) : Je suis allé sur son profil, on s'est envoyé des messages, on a échangé nos N°, et au son de sa voix, waououh, le coup de foudre (réclame pour un site de rencontres au nom anglo-américain). L'acteur qui prononce cette phrase met tellement peu d'enthousiasme dans la si intelligente interjection "waououh" qu'on n'a pas envie d'adhérer à un tel site.

Profitabilité : profit, possibilité de profit, rentabilité. Dès lors, les coûts et le risque augmentent avec un effet ciseaux sur la profitabilité attendue. (AV)
Citation d'Hervé : « A chacun selon ses besoins : Le travail aux travailleurs, le profit aux profiteurs ».
Programmatique : l'auteur ne le connaissait pas, celui-là. Signifie sans doute dans la langue des novlangais : lié à un programme, qui concerne un programme, relatif un programme ... Pour l'instant, "elle est juste passée de Sœur Emmanuelle à Rosa Luxembourg, sans contenu programmatique", ironise un jeune élu de la gauche... ('sans programme' aurait été trop dur à dire). Ils attendent de voir la plate-forme programmatique du parti de M. Bayrou. Décidément, moins les clowns de la politique et du journalisme ont de culture, plus longs sont leurs mots.

Prolongations (jouer les) : expression héritée du vocabulaire du sport, et qui signifie faire durer, continuer. Les grèves anti-CPE sont terminées, mais certains étudiants veulent jouer les prolongations.

Promesses : fondement même du mensonge politique. Tous les politiques y ont recours et l'étonnant, c'est que ça marche encore. Il se trouve toujours des millions de crétins (néo-crétins, paléo-crétins, méso-crétins ... ) pour aller voter. Et faire la grève des élections, ça ne vous dit rien ? Les promesses n'engagent que ceux qui y croient.

Promo, promotion : vente réclame, avec des tarifs intéressants. La promo du mois. Une promotion signifie normalement une élévation en grade, ou bien une classe, un groupe d'étudiants. Comment les commerciaux et les publicitaires ont pu dénicher un tel sens ? Avec en prime l'adjectif promotionnel : vente promotionnelle. Les Bulgares ont repris ce mot, et une « promotsiya (промоция) » est une vente à prix réduit.

Pronostic vital (ou processus vital) : « le processus vital est engagé », phrase dite par des journalistes ou des médecins : on craint pour la vie (d'une personne), ou bien la vie (d'une personne) est menacée, les jours (d'une personne) sont en danger, elle risque de mourir, elle est entre la vie et la mort. Pour moi, ils ont constaté que le processus vital était engagé mais que mon état de santé me permettait de rester en prison ... Une telle attaque est toujours très grave, le processus vital est engagé. Ou alors avec pronostic vital : Le pronostic vital des victimes est engagé. L'explosion de Bondy a fait un mort, pronostic vital « très réservé » pour 4 blessés. Et quelques lignes plus loin dans le même article Diagnostic vital : Diagnostic vital pour 4 victimes. Diagnostic vital ? Pronostic vital ? Processus vital ? Le mot « mort » a été remplacé par son contraire : « vital » (principe de la novlangue). Questions vitales : a-t-on peur de regarder la mort en face ? A-t-on peur de la nommer ? Adieu l'épopée de Gilgamesh, vieille comme le monde.

Propaganda Staffel : un des synonymes de la télévision. L'ambition d'un directeur de l'« information » d'une grande chaîne de télévision était de vendre du temps de cerveau disponible pour boire du Caca-cool (5). Et ce, avec des procédés publicitaires qui ne sont que l'exercice de la propagande. Les médias, en effet, vendent moins des informations à un public que du public à des annonceurs et aux multinationales (voir ICI). C'est ça, l'information moderne, c'est la machine à décérébrer du Père Ubu. Voir Pub, Sachez.

Propagande est emprunté au catholicisme, et vient de la fameuse Congrégation pour la propagation de la foi (Sacra Congregatio de Propaganda Fide). Le sens premier (évangélisation) a été balayé par celui, plus moderne, de manipulation, conditionnement, intox.

Propre : sous l'influence de l'écologie et de ses activistes, le mythe de la propreté est maintenant étalé partout, surtout pour défendre l'environnement (= nature) et lutter contre la pollution : énergies propres, voitures propres ... et même bombes propres (6) – sublime oxymoron. Avant, nous vivions salement. Grâce aux écolos et aux militaires, et comme par magie, nous voici maintenant propres, physiquement et moralement.

Peut-on considérer l'épuration ethnique comme une solution de propreté, accomplie par nos hygiénistes politiques ?

Propriétaire : propriétaire qui signifie normalement en français 'titulaire d'un droit de propriété' est souvent employé maintenant à tort au sens anglais de 'breveté', 'exclusif', 'propre à une marque'. Logiciel ou système propriétaires. Un logiciel ou un système ne peuvent pas être propriétaires en français ; ils sont la propriété de telle ou telle marque. Encore une preuve de la stupidité des traducteurs de l'informatique : ils procèdent toujours par contresens. Comment voulez-vous avec cela que l'informatique soit rationnelle ?

Prostituée : voir travailleuse du sexe. Selon Anatole France, cité par André Bourgeois : « Personne qui donne deux jambons à une andouille » (L'Île des Pingouins).

La prostitution, anciennement, c'était le fait de s'adonner au culte des idoles puis on la définit comme l' « usage dégradant que l'on fait de ses qualités, de son savoir ou de son art, par intérêt, ambition, nécessité ou obligation ». Ce n'est que bien plus tard que le mot prit son sens moderne, celui que nous connaissons.

Protéger, protection : encore des mots détournés de leur sens. Protéger, c'est normalement prendre sous son toit (tectum), c'est abriter, et puis par extension défendre, aider, favoriser (protéger quelqu'un d'un péril, “ protection rapprochée ”, protéger de la pluie, protéger ses intérêts...)

Par un détournement de sens propre à la néo-langue, la protection indique une politique de défense sourcilleuse des intérêts de grandes sociétés, avec un système progressif et cynique de dissuasion et de répression : par exemple, la vidéo-surveillance s'est muée, par un coup de baguette magique de Brise-Portefeuille, en vidéo-protection ; ou encore : Haute Autorité pour la protection des droits sur Internet ou Hadopi ; l'on n'a que le droit de payer ; les téléchargements sont interdits et la diffusion d'œuvres artistiques ou culturelles est réservée à une élite qui paie. C'est la victoire du mercantilisme sur la culture.

Provider (prononcer provaïdeur ou à peu près) : employé à la place « d'access provider » : fournisseur d'accès (internet). Contactez votre provider pour tout problème de débit. Débile, isn'it ?

Proximité : de nos jours, où les valeurs chrétiennes se perdent, tout est devenu de proximité : police, commerces, emplois ... Nous sommes tous proches, tous frères. C'est le grand métissage politico-social. Proximité vient du latin proximus : le plus proche. On n'est donc pas 'proche' mais 'le plus proche'. Proximité ou promiscuité ? La proximité selon la bien-pensance déferlante, c'est la loi de « Tous en tas ».

Psychanalyse : mythe entretenu par les marchands de canapés (définition de D. Vinay).

Publication : semble vouloir dire 'texte' dans l'esprit des auteurs informatisés : Dans votre publication, cliquez dans une zone de texte ou une cellule de tableau, là où vous voulez ajouter un caractère spécial (site de la secte Micromou).

Pub (Publicité) : la publicité, c'est normalement ce qui est d'ordre public, ce qui appartient au public : Publicité des débats parlementaires. Mais le mot a été détourné de son sens initial, et désigne maintenant surtout un système de manipulation et de propagande pour attirer l'attention du public sur quelqu'un ou quelquechose... C'est un art de communication, c'est-à-dire de propagande, pour conditionner le public à acheter tel ou tel type de produit, à voter pour telle ou telle personne, à avoir tel ou tel comportement.

« L'idée centrale [...] est simple : lorsqu'on s'adresse aux masses, point n'est besoin d'argumenter, il suffit de séduire et de frapper. Les discours passionnés, le refus de toute discussion, la répétition de quelques thèmes assénés à satiété constituent l'essentiel de son arsenal propagandiste, comme le recours aux effets théâtraux, aux affiches criantes, à un expressionnisme outrancier, aux gestes symboliques dont le premier est l'emploi de la force. »
Henri Burgelin, « Les succès de la propagande nazie »

Anciennement on disait 'réclame' (faire la réclame). C'est un des supports obligés du néo-capitalisme. Les publicitaires cultivent l'art de faire la pute pour flatter et manipuler un public passif et malléable. La pub prône un égalitarisme de masse, en incitant tout le monde à acheter et consommer les mêmes produits. L'utilisation du corps humain, surtout féminin (mais de plus en plus masculin), est primordial. Voir Érotisme.

Dans les spots (séquences) publicitaires, l'homme est souvent mis en situation d'infériorité face à la femme, les enfants – de plus en plus jeunes – prennent le pas sur les adultes ou les parents (même dans des publicités pour des voitures), et les animaux arrivent à prendre le pas sur les humains (7). Les enfants se permettent de juger leurs parents, de les conseiller, voire de les prendre pour des demeurés. On a affaire à de petits singes consommateurs, déjà victimes du consumérisme, et prêts à tout pour faire vendre de répugnantes barres chocolatées ou des céréales (flocons d'avoine ou de maïs). La pub désacralise tout, et l'on montre de petites gens, très ordinaires, supplanter pour un produit de consommation courante des vedettes de l'écran (George Clooney avec un expresso, what else ?) ou du sport (Lizarazu avec du yaourt, Didier Drogba avec une barre chocolatée etc.)

 La mère Denis
L'univers de la publicité, c'est le monde à l'envers, c'est une déviance pernicieuse et redoutable, car passant par l'intermédiaire de l'image et de la musique (ou du moins des éléments sonores), qui imprègnent l'inconscient. La publicité a une action subliminale – pas sublime du tout ! La publicité utilise les mêmes principes que la propagande : réunion du pouvoir de la langue (sous forme de slogans ; plus c'est simple ou simpliste, mieux ça marche), du pouvoir de l'image et du pouvoir du son (jingles ou scies musicales). Une des pires réclames (pubs) est sans doute celle pour une marque de voiture, où l'on oppose deux à deux des produits censés être bons contre des mauvais : Good ! - Bad ! répète en anglo-saxon et sur un ton particulièrement crispant un acteur à la voix horrible. Si les géniaux créateurs de ce clip publicitaire pensent que cela fera acheter des voitures en agressant inutilement, ils se mettent le doigt dans l'oreille. Ces clips et ces scies agissent comme la fameuse cloche de Pavlov, obligeant le chien à saliver. La publicité prend les citoyens pour des chiens.

Il existe même des émissions de télévision consacrées à la publicité : ce qu'elles ont d'intéressant, de drôle etc. Non seulement on subit ces avalanches de médiocrité et d'inepties à longueur de journée, mais encore on glose dessus.

La pub utilise de plus en plus l'anglo-américain pour s'exprimer : l'on fait de la publicité pour les voitures de marque française sur des musiques ou des ryhtmes anglo-américaines et les commentaires écrits sont en anglais. Certaines réclames sont faites par des acteurs anglais, avec leur inimitable accent anglais, ou sont entièrement en anglais même pour des marques françaises. Les noms des produits, livrés au public, sont de plus en plus anglicisés. Cela répond à deux buts : 1. un besoin d'exotisme d'une part et 2. le besoin de toucher le plus grand nombre, sans doute pour se plier aux exigences des multi-nationales. Les publicitaires, sous les ordres de ces multi-nationales, se prostituent pour une poignée d'euros, violent la langue, et c'est aussi le français qu'ils assassinent. La publicité, ou l'art et la manière de désapprendre le français. Et ce, en toute impunité.

À signaler l'alliance, pénible pour les yeux, de la pub avec le sport dans tous les stades, sur tous les maillots des sportifs, de quoi vous dégoûter à jamais du sport – et de la pub !

Pour l'auteur – comme pour beaucoup de personnes, sans doute – le seul intérêt de la publicité à la télévision, c'est la possibilité d'aller aux toilettes pendant les coupures publicitaires. Pour lui, donc, et sans doute pour beaucoup d'autres personnes, pub est associé à chiottes.

Des exemples de stupidité de la publicité ? Des réclames pour des nettoyants ménagers montrent des cuisines ou des salles de bain, des chiottes d'une saleté effroyable, et le produit miracle nettoie tout parfaitement, tout brille de façon éclatante. Il n'y a qu'un détail : quelle est la maîtresse de maison qui tolérerait un intérieur aussi repoussant ? Tous les « Monsieur Propre » de la publicité devraient avoir une once de réalisme : personne ne vit dans des cuisines ou des salles de bain aussi crasseuses, des WC aussi dégueulasses. Coluche en son temps s'était déjà moqué de ces imbécillités (sketches sur les poudres à laver) ; cela n'a apparemment servi à rien. On pourrait aussi discuter sur la probabilité qu'un piano tombe sur la tête d'un acteur (G. Clooney et sa pub pour une marque de café lyophilisé), – mais il y a eut-être là une référence aux dessins animés de Tex Avery, où toutes sortes de choses, y compris des paquebots, peuvent tomber sur la tête des héros.

Publicitaires : engeance épouvantable de ploucs, d'imbéciles sans scrupules qui dénaturent le français avec la dictature d'une langue stupide. Ils imposent l'anglo-américain, et manipulent les désirs en prônant des produits de médiocre qualité, et en prenant les citoyens pour des mineurs avec des textes ou des situations à la limite de la débilité. De multiples exemples sont donnés dans ce site. La présence de clips (séquences) sonores ou vidéos sur toutes les ondes, sur toutes les chaînes constitue le plus efficace des lavages de cerveau, au service des multinationales, conditionnant les citoyens pour tel ou tel type d'achat. Le public est d'ailleurs clairement désigné comme une cible – qu'il faut dégommer.

Puce : c'est un composant électronique, ainsi nommé en raison de sa très grande miniaturisation. Les Anglo-Américains disent chips. Mais ça ne se mange pas.

Vous n'échappez pas aux puces, qui se sont infiltrées partout : cartes accréditives, carte vitale, cartes de fidélité, passes ... Ce qui occasionne de nombreux ratés. Au royaume des bugs (insectes), les puces sont reines.

Punch : un terme beaucoup utilisé en communications. Il se dit d'une personne, d'un texte, d'un slogan ou d'une formule qui a du mordant, du tonus, qui retient l'attention. Son emploi est totalement inutile, puisque mordant ou tonus disent tout autant.

Pute, putain : ces termes, péjoratifs et machistes, pour désigner une femme qui vit de ses charmes, sont devenus des insultes des plus courantes, d'abord envers une femme qu'on ne respecte pas beaucoup (je sors avec ma pute ce soir), ensuite envers tout type d'individu à la conduite vénale ou lèche-bottes. Ce type, c'est une vraie pute ! peut-on s'exclamer devant la conduite obséquieuse d'un employé envers son patron. Faire la pute : les as de la pub font la pute pour faire vendre un produit. Pute viendrait puer (étymologie possible ; cf le mot putois : l'animal qui pue).

En outre, il n'est pas inintéressant de signaler qu'on conseille toujours aux personnes qui recherchent un emploi de bien savoir « se vendre ». Si ce n'est pas là du putanisme, je veux bien m'appeler Tartampion (note de loteur).


Cliquer pour aller sur la page de Marianne
Le mot putain est devenu une simple interjection d'étonnement, de désappointement etc. Ah, putain, je ne m'y attendais pas ! Pas de sexisme là-dedans. Voir par exemple la couverture de l'hebdomadaire Marianne du 03 mai 2008, reproduite ci-contre. Marianne, c'est certain, ne songe pas un instant à traiter le Président de putain, bien que ce mot figure en très gros juste en-dessous de sa tête (). Abrégés : p'tain ! ou bien tain ! Version édulcorée : Purée !, en allongeant le -ééé. Il faut remarquer le niveau exceptionnel de la langue, de haute tenue, tant chez les politiques (Felfela Amora, agrégée de belles manières ; Sarkoléon 1er...) que chez les journalistes, prêts à tout pour vendre du titre. Rappelons que Felfela Amora a créé un mouvement Ni putes ni soumises, avec le mot pute, que l'on peut lire et dire sans danger d'encourrir les foudres de qui que ce soit. Voir Cash, Glandouille.


()  Récemment (août 2010) Marianne a fait fort en publiant une photo de lui en le traitant de 'voyou'.

Voir Con, Enculer.








(1) La langue de bois n'est qu'un des aspects des différentes langues parlées. L'on notera aussi la langue de caoutchouc (pour certains dirigeants gluants de la Gauche), la langue de béton (pour les journalistes de TF1), la langue de coton (langue des politiques et des 'médias', consistant à employer des mots spéciaux et spécieux, pour mieux dissimuler la réalité et entortiller les citoyens), le parler vrai pour tous les vrais menteurs professionnels... Bizarrement, le langage des hommes et femmes politiques, en contrepartie, semble se dégrader en glissant de plus en plus vers la grossièreté et la vulgarité ; c'est la langue de merde (certains hommes ou femmes politiques). Peut-être s'imaginent-ils, nos chers élus, qu'en parlant ainsi, ils se mettent à notre niveau ? C'est bien nous mépriser en tout cas. Reste enfin la langue sauce piquante, des correcteurs du Monde.        Retour

(2) Technicien de surface ? C'est-à-dire qu'il ne travaille pas en hauteur ? Les Anglo-Américains font pire encore, et disent : domestic engineer. Et puis voici quelques équivalents européens de 'politiquement correct' :

en allemand : Politisch korrekt
en anglais : politically correct
en espagnol : políticamente correcto
en polonais : polityczna poprawnosc
en suédois : politisk korrekthet
en tchèque : politická korektnost        Retour

(3) Le porc était élevé et consommé en Égypte ancienne, mais sa faible représentation iconographique et l'absence de momies de porc proviendrait du fait qu'il était interdit aux prêtres d'en consommer. En effet, le porc représentait Seth, qui dévora Osiris sous la forme d'un porc ou d'un sanglier noir. Les thèses « hygiénistes » (la chaleur ne permettrait pas la conservation de la viande de porc dans les pays chauds) sont de pures fariboles, car toutes les viandes sont soumises à la dégradation. Et les porcs ne sont pas plus sales ni répugnants que les autres animaux. Quant aux maladies dont le porc serait le véhicule, il en est de même des autres viandes. L'interdit pour la viande de porc semble donc d'essence religieuse. Peut-être aussi, à un niveau très profond, le porc (celui élevé en Europe par exemple, glabre et à la peau rose, ou blanche, ou pie) renvoie à une image anthropomorphique. Manger du porc serait donc équivalent à l'anthropophagie, – horreur absolue en matière de tabous alimentaires. Il est possible que le porc fût à la fois sacré et tabou (impur), ce qui est dans la nature, duelle, des symboles. Pour les Évangiles (Mtt XV, 10-20) "Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur". Alors, assez d'âneries (ou plutôt ici, de cochonneries) ! Il est recommandé à Dieu – ou plutôt à ses prêtres – de se documenter. Plutôt que le porc, Dieu devrait condamner les OGM, le veau aux hormones et la « malbouffe » en général.       Retour

(4) OS = Operating System : système de gestion ou d'exploitation. Avec le système Wind-OS, le plus connu, on tombe vraiment sur un os. On trouve même la graphie Operating système (sic).       Retour

(5) Citation exacte : « Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible [ le cerveau du téléspectateur ] : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Caca-Cool, c'est du temps de ce cerveau humain disponible. »       Retour

(6) En opposition à la bombe propre, existe la bombe sale. Une bombe sale est une bombe faite d'explosifs enveloppés d'une matière radioactive quelconque. Une bombe sale, c'est pour une sale guerre ?       Retour

(7) C'est d'ailleurs un scandale de constater que sur une planète où presque le tiers des habitants ne mangent pas à leur faim, l'on fasse autant de publicité pour les aliments destinés à des animaux domestiques. Mode sans doute héritée des peuplades anglo-saxonnes. En effet, selon l'American Pet Products Manufactures Association, les Étazuniens dépensent 41 milliards de dollars par an (chiffre de 2007) pour leurs animaux domestiques. Une somme qui serait supérieure au PIB de 64 pays.       Retour






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